‹ Mes souvenirsChapitre 67 sur 113 · I. Le Rhin, l. J. p. uo · texte numérisé non relu

I. Le Rhin, l. J. p. uo

>r A PRKMIKnE RENCONTHE AVEC VICTOR HIOO 2fi9

Elle était doublement précieuse pour Victor Hugo, cette lettre de \S\(\. Elle prouvait, d'une part, que ses opinions iépul)licaines n'avaient point attendu, pour se produire, la révolution de Février; elle montrait, d'autre part, que, s'il était vicomte, du chef de son père; s'il se rattacliail, par son grand-père paternel — le mcnaisier de Nancy! — à Tune des plus nobles familles de Lorraine ', il se rattachait en outre, par sa mère, à une famille de vieille noblesse. Nous sommes an peu parents, lui écrit M. du C... d'£'...,un marquis de la vieille roche: et lui aussitôt, armé de sa raquette poétique, prenant la balle au bond, il la renvoie avec une adresse merveilleuse; il répond :

Marquis, je m'en souviens, vous veniez étiez ma mère, Vous me faisiez parfois réciter ma grammaire; Vous m'apportiez toujours quelque bonbon exquis, Et nous étions cousins quand on était marquis-.

Il n'est que de commencer. Sa mère, il le sait à merveille, est de famille bourgeoise, fdle d'un capitaine de navire marchand, Jean-François Trébuchet. N'importe: il faudra bien, coûte que coûte, que. de ce côté aussi, la transmutation s'opère, que le plomb se change en or. la roture en noblesse. Du petit capitaine de navire, on fera d'abord a un riche armateur 3 » ; du père de Jean-François, on fera « un des chefs de la grande bourgeoisie de la province de Bretagne + ». Du grand bourgeois au gentilhomme, il n'y a que la main. C'est

1. Sur les prétentions aristocratiques de Victor Hugo, voir le chapitre I de mon volume sur Victor Hugo avant ÎS30.

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