I . V Estafette a paru de i833 à i85S
le Correspondant. En lui cjivoyanl mon article, je lui racontai ma petite histoire de YEstafelte et de son feuilleton dépareillé, et je lui dis quelques mots de deux de mes camarades d'alors, Edmond Ernoul et Arthur Ranc. Sa réponse, si elle faisait une large part aux remerciements et aux compliments obligés, n'avait pourtant rien de banal, ainsi qu'on va pouvoir en juger. A\ec Paul Féval, la banalité n'était jamais à craindre.
Voici la le tire :
a Paris, 18 juin 1877, (( 8o, Avenue des Ternes.
(( Cher monsieur,
« J'ai bien le droit de vous traiter avec cette fami-
(( liarité, puisque nous sommes de si vieux amis. Ernoul
(( et Ranc! Un chapitre des Mystères de Londres dans un
(( numéro de V Estafette , journal des journaux, rédacteur
(( en chef Gabriel ' (ange ou démon), auteur de ] ictorine,
a on : La Nuit porte conseil, et serrurier de la clef du Ca-
(( veau! Quel peintre vous êtes! Voilà toute une époque
(( ressuscitée pour moi! Et des joies d'un sou et d'énor-
(( mes mélancolies! Et vous êtes l'ami de Pontmartin
(( par-dessus le marché ! Je fus également un homme
(( de ces temps mémorables. Je demeurais boulevard du
« Temple, et je me souviens d'avoir fait le voyage de là
I. .liilos-J(isci)li-Ciabriol de Larieu ( 171)2- 1869) publiciste. auteur diamaliquc el cliansonnier. Il était snrloul connu sous le nom de Gabriel, nom sous lc([ui'l il signait ses i^ièces de lliéàlre, dont plusieurs obtinrent un réel succès : Joséphine, ou : Le Retour de Wœiram. Les Barrières de Paris, Le Gamin de Londres, etc. ; Victorine, ou : La Nuit porte conseil, di'ame-vaudeville en cinq actes, composé en collaboiation avec Dumersan et Dupcuty, fut joué au théâtre de la Porte-Saint-Martin, le 21 avril i83i
« à la Qnolidicnne (!) pour dire à M. de Locmaria ' le « transport que m'avait causé un de ses articles : h'na terpe en voyage. J'étais lirûlant de toute sorte d'admi- « ration, mais sauvante, el M. de Pontmartin ne sut pas « quel partisan il .ivaif en moi, car, six ou sept ans « après, dans ÏAssemblée nalionale de Lavalefte, et penu dant la pnhlication même de mou roman Les lielles « de nnil \ il écrivit cette phrase (peut-être mieux (( faite) :
(( Si M. Féval voulait travailler beaucoup son style, H ce serait un écrivain ordinaire. » Cela ne me fit pas (( regretter mon cri d'admiration à la vieille Quotidienne. (( Pontmartin est une plume, il a droit de sévérité. Seu- (( lement je me désolais, parce que tous les esprits émi- « nents, sauf Sandeau et quelques autres, ont eu sur H moi un avis tout pareil. Sainte-Beuve a toujours re- (( fusé de me lire, comme n'étant pas « jiroper y). A ces (( causes, vous pouvez juger si votre lettre beaucoup ((. trop bonne, mais si spirituelle et si éminemment « (( littéraire », m'a ravil J'ai écrit tout de suite « pour qu'on adressât les livres indiqués par vous, « 202, rue de Rivoli '. Je vous remercie de tout mon « cœur. »
a Quant à ma chère conversion, que vous traitez a presque légèrement, bien cher monsieur, par excès (( de bienveillance et parce que vous jugez trop favora- « blement mon passé, elle n'a pas été du tout, en elfel,