Portraits contemporains, édition de 1869, t. 1, p
VICTOU HIUO ET LA «EST A IHATIDN ?27
que. II no vcul rioii entendre, ni personne, non pas même le plus irrécusable des témoins, Thabitué du salon de Mme Récamier, qui a écrit, du vivant même de Chateaubriand, ces lignes autorisées : « .Fai entendu de mes propres oreilles M. de Chateaul)riand lui-même déclarer positivement que, de sa vie, il n'imagina cet heureux accouplement du substantif enfant et de l'adjectif sublime. C'était quelques jours avant la réception de M. Hugo à l'Académie', M. de Salvandy, chargé de répondre au récipiendaire et assez peu hugolâtre, comme chacun sait, se lamentait en présence de M. de Chateaubriand sur la difficulté de sa tâche. « Après tout, ajouta-t-il, en s'adressant au grand écrivain, je me tirerai toujours bien d'affaire en brodant votre fameux mot. — Allons, vous aussi! s'écria vivement M. de Chateaubriand ; mais sachez donc une fois pour toutes que je n'ai jamais dit cette... (j'atténue l'expression, plaisanterie. — Comment, répliqua M. de Salvandy, Venfant sublime n'est pas de vous.^ — Eh! non, vraiment! — Pas possible! Ah! ma foi, tant pis, le mot est consacré, il fait bien et je m'en servirai tout de même. » Et, en effet, le spirituel académicien n'a pas manqué d'orner son discours du mot consacré: seulement, par un scrupule de conscience dont l'histoire doit lui tenir compte, il a laissé en blanc le nom de l'auteur^ » — L'auteur.^ Pourquoi le chercher si loin.»^ Ne serait-ce pas tout simplement Mctor Hugo lui-même, qui. après avoir inventé le mot, s'est servi, pour le répandre, du futur auteur du Livre d\unoar, de l'ami qui,