Elle eut lieu le 3 juin i8'ji
2. Louis de Loiiién.' , Galerie des Conleinporains illustres. Édition de i84i.
en i83i, fréquentait si volontiers son logis, rédigeait ses prospectus' et, sous sa dictée, écrivait pieusement sa biographie?
Dans sa lettre du 19 avril, Sainte-Beuve m'annonçait qu'il réimprimait ses Portraits contemporains et que les deux premiers volumes allaient paraître. Ce qu'il ne me disait pas, c'est qu'il avait mis à profit mon Victor Hago et la Restauration pour corriger un certain nombre d'erreurs de date commises par lui dans ses précédentes éditions. Il avait fait naître Yillemain « vers la fin de 1791 ou au commencement de 1792 ». La vraie date était le 10 juin 1790. On voit, en effet, dans le Moniteur, qu'il fut élu membre de la Chambre des députés, par le département de l'Eure, le 3 juillet 1800, et qu'il fut admis le 4 août, après avoir fait les justifications exigées par la loi. Or, aux termes de l'article i de la loi du 20 mars 1818, « nul ne pouvait être membre de la Chambre des députés si, au jour de son élection, il n'était âgé de quarante ans accomplis. » Pour être éligible le 3 juillet i83o, il fallait donc que Yillemain fût né avant le 3 juillet 1790. L'erreur du critique sur ce point en avait entraîné une autre. Lorsque Yillemain fut reçu à l'Académie le 28 juin 182 1, il avait donc, non vingt-neuf ans, comme l'avait écrit Sainle-Beuve, mais trente-et-un ans.
Sainte-Beuve voulut bien reconnaître que j'avais raison ; mais il le fit en homme un peu piqué, et il
I. Voir le curieux volume du vicomte de Spoelberch de Louvenjoul Sainle-Beuve inconnu.
glissa au bas de la page 30 1 de son tome II la note suivante :
(( Dans un livre intitulé Victor Hiujo et ta Restauration, «. M. Edmond Biro, qui s'est amusé à recueillir, à coUec- « tionner nombre de petites inexactitudes des auteurs (( contemporains, m'apprend que M. A illemain est né le (( lo juin 1790. Je répéterai ici ce que j'ai déjà dit ail- (( leurs : ces Portraits n'étaient point précisément des « biographies; je tâchais d'être exact autant que pos- (( sible sur les points biographiques et bibliographiques (( que je rencontrais sur ma route ; mais il faut se sou- « venir qu'on n'avait point alors sous la main tous les (( instruments qu'on a eus depuis, le (Jaérard achevé, le ft lapereau, etc. Ayant à passer le premier sur beaucoup (( de sujets, je ne visais dans les parties accessoires et (( secondaires qu'à une exactitude approximative et proviw soire '. J'aurais cru manquer de goût que d'aller « m'adresser directement à M. Yillemaiii pour lui de- « mander, au moment oii je m'occupais de son Portrait, « son acte de naissance ; cet homme d'esprit, qui était ft une coquette, m'aurait jugé là-dessus et m'eût répondu c( par une plaisanterie. Ces Portraits, dans lesquels je « cherchais surtout la ressemblance et la fidélité par la « mesure des dons naturels et du mérite, par le juste a rapport des tons et des couleurs, étaient souvent une a surprise pour le modèle lui-même qui avait posé sans a s'en douter. »
Dans ses premières éditions, à propos de l'Histoire de Cromwell, Sainte-Beuve avait écrit : « M. ^ illemain avait publié Cromwetl en 1820. » — Non, le 3i mars 1819,
I. Sainte Reuvc oublie ici ce qvi'il avait dit dans le Journal des Savants de février 18O8 : " L'histoire littéraire veut des dates exactes. ><
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ainsi que, dans mon volume, j'avais pu l'établir sans trop (le peine, à l'aide du Journal de la Librairie de Tannée 1819, au n" 1 i/ia, et des journaux de cette même année — le Moniteur, le Journal des Débats, la Minerve, le Drapeau blanc, la Bibliothèijue royaliste, etc., — qui renfermaient des comptes rendus très développés de l'ouvrage. Sainte-Beuve, dans sa réimpression, mettra donc ici encore une note : « 11 y avait là de ma part une légère erreur, car le Cromwell était de 1819, et non de 1820 '. » Une erreur plus grave était celle qui portait sur la date de la publication des Méditations poétiques, la plus grande date de l'histoire littéraire du xix' siècle après celle de l'apparition du Génie du Christianisme. Dans sa notice de la Biographie des Contemporains et son article de la Revue des Deux-Mondes du 1" août i83i, ainsi que dans les deux éditions de ses Critiques et Portraits littéraires, Sainte-Beuve avait donné l'année 18 19 comme étant celle 011 parurent les Méditations. En 1868, dans son étude sur J.-J. Ampère, il parlait encore de « cette mémorable année 1819 oxx Lamartine se révélait par ses premières Méditations ^ » La vérité est qu'elles parurent au mois de mars 1820. 0 printemps de la poésie! J'en fournis la preuve dans Victor Hugo et la Restauration K Et Sainte-Beuve aussitôt de biffer 181U pour y substituer 1820.