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I. Nouveaux Lundis, t. XI, p. 4i'>-4i

soit un total (renviron cent cinquanto inexactitudes. Nul n'ignore, que si une phrase, si un mot ou deux suffisent à l'attaque, la défense est souvent obligée de multiplier ses preuves. Je n'en citerai qu'un exemple : M. de Sismondi, dans le dernier chapitre tle son Ilisloirc des Rcpubliques italiennes du moyen àye, avait reproché à l'Eglise catholique d'exercer sur les peuples une influence funeste. Manzoni, Tauleur des Fiancés, a réfuté cette accusation dans un écrit qui a paru en i8'S\ sous le titre d'06servations sur la morale calliolique. Ix réquisitoire de Si?mondi a douze pages ', la réponse de Manzoni en a trois cents. Sainte-Beuve assurément veut rire, quand il affirme que, pour rectifier les cent cinquante inexactitudes du grand poète, « deux ou trois pages eussent amplement suffi ! »

Est-il plus vrai de dire, comme il le fait, que « A iclor Hugo n'a pas voulu être systématiquement malveillant pour la Restauration? » jNier ici la « malveillance systématique » de l'auteur des Misérables , c'est nier l'évidence. Lamartine ne s'y est pas trompé, lorsqu'il a écrit, précisément au sujet du chapitre sur V Année 18 J 7 : « On éprouve un certain déplaisir à voir un lionceau, devenu plus tard un lion, jeter gratuitement le sarcasme et le rire malséants sur les malheurs et les vieillesses des princes qui protégèrent son enfance. A quoi bon ces ridicules posthumes jetés en pâture au peuple impérial de 18G2 par l'enfant sublime baptisé par les Bourbons d'un autre temps ? A quoi bon une page de Paul-Louis Courier reliée par mégarde dans un volume de Hugo ? S'il daignait m'écouter, je lui dirais : Déchirez ce chapitre ; il

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retombe un peu de cette poussière sur votre berceau ! Ne flattez pas ce peuple h vos dépens. Vous avez aimé les Bourbons, quand ils rentraient, très innocents de la campaf^ne de France, de la déroute de Russie, de l'invasion du monde coalisé en i8i/i, pour disputer la France au partage de la Pologne ; n'en rougissez pas plus que

moi ' ! »

L'auteur des Nouveaux Lundis a commis encore une « méprise », quand il a dit que j'avais « fait tout un volume pour réfuter les cinq ou six pages de \ictor Hugo ». L'objet de mon volume, je l'ai déjà dit, était surtout d'esquisser, d'après les journaux du temps, un tableau anecdotique des premières années de la Restauration. Le chapitre des Misérables m'avait simplement servi de cadre. Sainte-Beuve n'a vu que le cadre, qui était l'accessoire ; il n'a pas voulu voir le tableau, qui était le principal.

Au fond, ce qu'il ne me pardonne pas, c'est d'être royaliste, c'est de faire l'éloge d'écrivains royalistes tels que Edouard Mennechet, Alfred Nettement et Laurentie.

Je n'ai invoqué le témoignage d'Edouard Mennechet^

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