‹ Mes souvenirsChapitre 99 sur 113 · I.V CHITE DK L.'kMI'IRK · texte numérisé non relu

I.V CHITE DK L.'kMI'IRK

lui. J.a \érité est que la guerre, voulue par Tlmpératrice, par le malheureux duc de Gramont, ministre des Affaires étrangères, par M. Jérôme David et ceux des dé- })utés bonapartistes qui visaient avant tout à renverser le ministère Ollivier, a été leur œuvre, et qu'ils ont eu pour complice, à cette heure fatale, la population parisienne j)resque tout entière, enfiévrée, affolée par les journaux, qui furent peut-être ici les plus coupables de tous. A leurs excitations venaient se joindre chaque jour les manifestations de la rue, celles des salons, des cercles, des cafés, des théâtres. Sur les boulevards, on conspuait le ministère, soupçonné de désirer la paix, on chantait la Marseillaise, on criait d'une voix impérieuse et irritée : .1 Berlin ! A Berlin !

On a fait honneur à M. Gambetta et à ses collègues républicains du Corps législatif de n'avoir pas désiré la guerre, d'avoir môme tenté quelque effort pour la prévenir. Qu'on me permette à ce sujet un rapprochement historique. L'Histoire est une maîtresse d'enseignements que nous avons le tort de ne pas assez écouter.

Le 20 avril ^'J\)'2, la France déclara la guerre à l'empereur d'Allemagne. Cette guerre, Louis XM la tenait pour funeste et la repoussait de toutes ses forces. Dans le conseil des ministres, il se prononça contre elle avec la plus grande énergie, et il exigea que son opinion fût consignée dans un procès-verbal revêtu de la signature de tous les membres du ministère'. Mais que pesait à ce moment la volonté de Louis XVI.^ L'autorité était tout entière aux mains des Girondins, maîtres de l'Assemblée législative, et ce sont eux qui firent voter la

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