‹ Mes souvenirs (volume 2)Chapitre 192 sur 211 · LES IMPOTS · texte numérisé non relu

LES IMPOTS

nïstre de la guerre, tout en lui en signalant certains points controversables. Le ministre lui-même trouva le temps de le lire. Je dirai plus tard quelle fut la fortune de ces pages, et comment j'eus l'honneur d'essayer l'application du système des smalas, que je venais de proposer.

Pour le moment, content d'avoir terminé ma besogne, je n'y pensai plus et je continuai à travailler comme un nègre, faisant manœuvrer mes hommes, puis, pour me délasser, répartissant et percevant les impôts que nous devaient les Arabes.

On sait qu'il y en a trois : la lezma (l'impôt sur les palmiers) ; avec celui-là pas de contestations, car il est bien difficile de dissimuler un palmier, et malheureusement, je n'avais pas de palmiers à taxer; l'achour (impôt sur les céréales) , qui se perçoit généralement après la moisson, en automne; et le zekkat (impôt sur le bétail), qui se percevait au printemps, après les naissances. Ces deux derniers sont moins faciles à recueillir; car comment évaluer, en céréales et en animaux de toutes sortes, la fortune individuelle des Arabes d'une tribu, dont le caïd lui-même est intéressé à nous tromper? On s'en tire comme on peut, en consultant les rôles des années précédentes, en provoquant, en rapprochant et en contrôlant les uns par les autres les renseignements qu'on peut se procurer. Mais ce n'est pas commode, et, pour ces fonctions, le sabre que porte le percepteur ne vaut réellement pas une bonne paire de lunettes.

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