LE COUP D ETAT
Le général d'Hautpoul. — Le général Mac Mahon. — Suisse africaine. — Mon petit brigadier. — Un déluge. — Répression impitoyable. — Pourparlers. — Confidence. — Bosquet. — Les récalcitrants. — L'armée et le coup d'État. — Une conversation historique. — Aveu impérial. — Pélissier et Mac Mahon. — Rendez-vous au Sahara.
Au printemps de 1 85 1 , le général d'Hautpoul avait été appelé au gouvernement général de F Algérie, en remplacement du général Charron. Ce dernier, vieil Africain, avait longtemps commandé le génie en Algérie. C'était un chef aimable et bienveillant, mais qui était mieux à sa place à la direction de l'arme spéciale dans laquelle il avait toujours servi, qu'au gouvernement d'une colonie et au commandement d'une armée. Il avait auprès de lui, comme officier d'ordonnance, un jeune lieutenant de zouaves intelligent, laborieux, dont je fis la connaissance et que tout le monde aimait, sans prévoir cependant la prodigieuse fortune politique et militaire que lui réservaient plus tard les malheurs de la patrie. Ce lieutenant de zouaves s'appelait Chanzy.
Le général d'Hautpoul portait un grand nom militaire auquel il devait surtout, je crois, la haute situation qu'il obtint. Il était le neveu du fameux général