UN AN DE MINISTÈRE. — LES RÉFORMES
Les dix-huit commandants de corps. — La fleur de l'armée. — L'état-major général. — Le général Ducrot. — Nos forteresses.
— Deux systèmes. — M. Thiers. — Un bâton de maréchal. — Refus catégorique. — L'honneur et l'argent. — L'armée territoriale. — La loi des cadres. — Le Conseil supérieur de la Guerre.
— Assimilation au Conseil d'État.
Après avoir créé dix-huit corps d'armée, il s'agissait de leur donner des commandants en chef et de créer, par conséquent, une sorte de grade supérieur à celui de général de division. Des questions de personnes surgissaient, et elles n'étaient point faciles à trancher, puisque l'opinion publique devait ratifier nos choix, et puisque des services antérieurs devaient les dicter. Et l'opinion publique n'est pas toujours très bon juge en matière de services militaires. En outre, imbu des vieilles traditions, je tenais essentiellement à respecter une loi indispensable au maintien de la discipline, et qui proclame, en temps de paix, les droits de l'ancienneté, qu'on ne doit faire fléchir que devant les nécessités de la guerre. Je voulais donc concilier les vieux services et les illustrations nouvelles, sans que jamais un général de division fût placé sous l'autorité d'un général moins ancien que lui. Je préparai avec le plus grand soin le tableau des commandants de corps d'armée, qui fut discuté avec conscience, et sans aucun