LA FLEUR DE L'ARMÉE
ans. Sorti de l'artillerie. Campagnes d'Afrique, de Crimée, d'Italie. Commandait l'artillerie à Sedan et présidait le comité de cette arme.
il6 corps, à Nantes : général Lallemand; cinquantesix ans. Sorti de l'Etat-major. Campagnes d'Afrique et de Crimée. Ancien aide de camp et ami du général Bosquet. Pendant la guerre, il fut gouverneur général de l'Algérie, où il réprima l'insurrection de 1871. C'était un sage et un philosophe, si détaché des côtés matériels de la vie, que ses ordonnances louaient ses chevaux à des Anglais et s'en allaient, revêtues de ses propres habits , faire des extras dans des maisons bourgeoises, sans qu'il s'en aperçût. Surnommé le « Père des hommes ».
12* corps, à Limoges : général de Lartigue ; cinquante-huit ans. Campagnes d'Afrique, blessé à Reichshoffen.
13* corps, à Clermont-Ferrand : général Picard; soixante ans. Sorti de l'infanterie. Campagnes d'Afrique, de Crimée et d'Italie. Commandait les grenadiers et les zouaves de la Garde; avait été un des plus jeunes divisionnaires de l'armée. Beaucoup d'entrain ; s'était fait prendre au siège de Rome, en entrant tout seul dans la ville assiégée.
14* corps, à Lyon : général Bourbaki, investi, en outre, du gouvernement militaire de Lyon; cinquantesept ans. Sorti de l'infanterie. Je n'ai pas besoin de résumer ici la carrière militaire de ce héros. Elle est éparse dans mes Souvenirs. Je m'honore d'avoir partagé plus tard sa disgrâce imméritée.
15e corps, à Marseille : général Espivent de la Villeboisnet ; soixante ans. Sorti de l'Etat-major. Ancien aide de camp du général Bedeau. Campagnes d'Afrique. Commandait à Lyon, en 1 87 1 , vainquit la Commune à Marseille, fut nommé sénateur en 1876.
16* corps, à Montpellier : général Aymard ; cin-
quante-trois ans. Sorti de l'infanterie. Campagnes d'Afrique, de Crimée et du Mexique. Divisionnaire à Metz. Un brave soldat et un homme malin. Il devait mourir gouverneur de Paris, où il avait remplacé le général de Ladmirault.
17e corps, à Toulouse : général de Salignac-Fénelon ; cinquante-huit ans. Sorti de la cavalerie, où il était entré, après avoir passé par l'artillerie. Campagnes d'Afrique, de Crimée, d'Italie; gendre du maréchal Randon.
18e corps, à Bordeaux : général d'Aurelle de Paladines; soixante-neuf ans. Sorti de l'infanterie. Campagnes d'Afrique, de Rome. Entré dans la réserve, avant la guerre, vainqueur de Coulmiers, député à l'Assemblée nationale. Mis en disponibilité par Gambetta. Il céda bientôt son commandement de Bordeaux à mon ami le général de Rochebouët, soixante ans, sorti de l'artillerie. Il commandait à Metz l'artillerie du 3e corps et fut, pendant quelques jours, président du Conseil, en 1877. Le plus aimable et le plus dévoué des hommes.
Enfin, le 19e corps, à Alger, était commandé par le général Chanzy, gouverneur civil, cinquante et un ans. Il avait passé par la marine et l'artillerie avant d'arriver dans l'infanterie. Campagnes d'Afrique, d'Italie. Commandant de la seconde armée de la Loire, député à l'Assemblée nationale, puis sénateur inamovible.
J'aurai terminé cette nomenclature, quand j'aurai rappelé que, depuis la chute de la Commune, le gouvernement militaire de Paris était exercé par le général de Ladmirault, soixante-cinq ans. Sorti de l'infanterie. Campagnes d'Afrique et d'Italie. Commandant de corps à Metz, un des vainqueurs de la Commune.
On remarquera que, parmi tous ces chefs , quatre seulement sortaient de l'État-major, deux de l'artillerie et un seul de la cavalerie, mon arme d'origine, qu'on ne pouvait pas m'accuser d'avoir favorisée.