LA FOLIE D'UNE IMPÉRATRICE
prise, il ne reste plus rien, que la pauvre impératrice Charlotte. Nature ardente, exaltée et poétique, elle avait entraîné son mari vers cette couronne impériale qui brillait au delà des océans. Femme amoureuse et dévouée , elle avait voulu lutter pour lui. Elle était venue demander aux Tuileries le maintien du corps d'occupation, l'appui sans limite de la France en faveur de l'empire naissant. L'Empereur avait été bon, affectueux, triste, mais inflexible. En sortant de son cabinet, elle avait subi une première attaque de folie que sa courte durée permit de dissimuler. Désespérant de la France, cette femme qui voulait soulever un monde était allée demander le secours de la Chrétienté. Elle ne put pas convaincre davantage le pape Pie IX qu'elle n'avait pu convaincre Napoléon III. Alors, ce fut fini, sa raison s'envola. A ce second accès , il fallut bien avouer que l'impératrice Charlotte était tombée en démence. On la ramena chez ses parents , à Bruxelles, d'où elle n'est plus sortie.
Et, de cet empire éphémère, il ne reste plus aujourd'hui qu'une pauvre femme folle qui hurle, la nuit, dans les couloirs d'un château royal.