‹ Mes souvenirsChapitre 128 sur 262 · CONSTANTINE · texte numérisé non relu

CONSTANTINE

Le général Desvaux. — Camarades de garnison. — Mon régiment. — Prix de vertu. — Numéro porte-bonheur. — L'Empereur à Alger. — Fête arabe. — Au travail ! — Le Prince Napoléon. — L'école de Saumur. — En voyage. — Biskra. — Anecdote scabreuse. — Autres excursions. — Un assassinat.

A la fin de janvier 1860, le grand transport à vapeur la Cêphise, qui était destiné à faire bientôt naufrage, nous emportait, ma femme et moi, vers les côtes africaines. Nous laissâmes Marseille sous la neige et nous trouvâmes à Philippeville un beau soleil printanier, qui réconcilia ma femme avec l'Afrique inconnue.

De Philippeville à Constantine, c'était la diligence, enlevée par cinq chevaux arabes et conduite par un cocher indigène. Elle courait pendant toute la nuit, tantôt sur la route sonore et tantôt aussi à travers champs. Il était de règle de verser au moins une fois, et souvent plusieurs. A chaque chute, les voyageurs sortaient à quatre pattes, donnaient un coup de main pour relever la machine et rentraient dans la diligence, qui allait verser un peu plus loin. On ne s'ennuyait pas une minute, jusqu'au moment où, du fond de la belle vallée du Hamma, on apercevait, posée comme un décor de théâtre, Constantine, perchée sur un rocher et entourée

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