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RÉGIMENTS DE MARCHE

stables et replacés sous les ordres de leurs chefs naturels, tandis que leurs états-majors provisoires, ou bien comblaient les vides, ou bien retournaient en France, pour y chercher d'autres conscrits.

L'Empereur était trop avisé pour ne pas savoir qu'il n'y avait pas beaucoup de services à attendre de corps sans passé, sans nom, sans histoire, sans esprit militaire, par conséquent, et dont les exploits seraient restés sans éclat, puisque le souvenir en devait disparaître avec eux.

Je ne m'explique pas, non plus, pourquoi l'on a imposé à la cavalerie, pour l'expédition du Mexique, une organisation presque humiliante qu'on se serait bien gardé d'imposer à l'infanterie. Aucune nécessité n'excusait un système qui devait avoir, sous le rapport de l'administration et du commandement, les plus graves inconvénients. Il était absurde d'accoler à une fraction de régiment, commandé par son chef hiérarchique, une fraction d'un régiment différent, car ce chef devait avoir plus de confiance et de sympathie pour les soldats qu;ii avait formés que pour des soldats étrangers, qui n'é taient pas habitués à son commandement ni façonnés à sa discipline. Et, quand même il n'aurait eu aucune préférence pour ses propres soldats, les autres l'auraient encore soupçonné de partialité. Ces défectuosités étaient surtout sensibles dans ce 2e régiment de marche que j'allais commander, puisque, à côté de mes deux escadrons du 3e de chasseurs d'Afrique, allaient figurer deux escadrons du 12e de chasseurs de France qui por taient un uniforme différent. Heureusement, cette fraction de mon régiment devait rester sous les ordres de mon camarade, le lieutenant-colonel Margueritte, qui allait révéler, au Mexique, ses aptitudes militaires et exceptionnelles.

Le Ier régiment de marche avait pour chef le colonel de Brémond d'Ars, qui emmenait deux escadrons du n. 20

2e de chasseurs d'Afrique et deux escadrons du icr. Ces deux régiments avaient déjà un escadron chacun au Mexique. Ils étaient partis, l'un avec le général de Lorencez, l'autre avec le colonel Brincourt.

Quant au 2e régiment, le mien, je reçus, dans le courant de juillet, l'ordre de le former en mobilisant deux de mes escadrons, qui se réuniraient là-bas à deux escadrons du 126 de chasseurs, venus directement de France.

Les escadrons que je devais emmener étaient : le quatrième, stationné à Constantine, et le cinquième, détaché à Biskra. Pour le quatrième, cela marcha tout seul. J'avais tout sous la main : magasins, hommes et chevaux. Les magasins furent mis à contribution. Les hommes débiles furent remplacés par des sujets vigoureux de bonne volonté, et certes il n'en manquait pas. C'était à qui rendrait ses galons parmi les cavaliers d'élite, pour partir. Quant aux chevaux, tout ce qui était vieux et fatigué, je le remplaçai par des bêtes jeunes et vigoureuses. Mais pour l'escadron détaché à Biskra, ce fut une autre affaire. J'avais demandé qu'on me renvoyât de suite, à Constantine, l'escadron détaché depuis plus de six mois de la portion principale du régiment. Et certes, si le général Desvaux eût été à son quartier général, ma demande eût été accueillie. Mais par malheur, il était en congé et suppléé dans son commandement par un ancien aide de camp du prince Napoléon, un officier sorti de l'état-major et qui s'appelait Nesmes-Desmarets, homme d'esprit, caractère pointu, ne connaissant pas les besoins de la troupe. Nous nous étions pris mutuellement à rebrousse-poil, si j'ose m'exprimer ainsi. Il était très raide avec moi, et je ne cherchais pas à l'assouplir. J'en fus puni, car il ordonna le départ direct de l'escadron pour Blidah, qui était notre point de concentration, sous prétexte qu'une troupe doit être toujours en état d'entrer en campagne.

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