LA VERA-CRUZ
Le vomito-negro. — Le général Forey. — Le général Bazaine. — Premières difficultés. — Une catastrophe. — Dans la brousse. — Terrassé par la fièvre. — La mouche de Cordova. — Les mustangs des prairies. — La Tejeria. — Mulets et voitures. — Orizaba. — Le général de Lorencez. — Les Douay. — L'intendant général Wolf. — Nos futurs généraux. — Quelques Allemands.
Vue de la mer, la Vera-Cruz nous était apparue comme une large tache noire frappée sur un fond jaune. Elle est, en effet, bâtie au milieu de dunes d'un sable aride, et on dirait presque un morceau du Sahara collé aux flancs de l'Amérique : car, dans les environs de la ville, il n'y a pas trace de végétation. Quand on en approche, on est frappé par le luxe de ses fortifications qu'ont bâties les Espagnols, et aussi par l'aspect de ses clochers, dont les bulbes lui donnent un faux aii oriental. Enfin, quand on y pénètre, elle prend meilleur aspect, quoique n'offrant aucun monument remarquable, à l'exception des églises, ornées avec un goûl criard et faux. Ses rues sont droites et spacieuses. Mais tout y a l'air d'être en ruine. Tout se dégrade si vite que les constructions à peine achevées prennent une apparence de délabrement et de vétusté lamentables, sous la rouille et la lèpre de l'humidité. Tout paraît