MARCHE SUR PUEBLA
A l'état-major. — Un condottiere. — Marche en avant. — Les Cumbrès. — Opération de change. — Sur les plateaux. — Inaction. — Enfin ! — Répartition de la cavalerie. — Convoi attaqué. — Distractions dramatiques. — Nos auxiliaires. — Conseil de guerre. — Marche en bataille.
En arrivant à Orizaba, j'avais des visites officielles à faire, et la première de toutes était celle que je devais au général en chef.
— C'est très bien à vous, me dit le général Forey, dès que je l'abordai, de vous rendre à votre poste en l'état de santé où vous vous trouvez. Faites-moi le plaisir de venir dîner ce soir avec moi, pour que nous puissions faire plus ample connaissance.
— Mon général, c'est impossible; j'ai devancé mes bagages et je ne possède pas d'autre uniforme que celui que j'ai sur le corps.
— Voilà une excuse que je n'accepte pas. A ce soir! L'impression qu'il me donna, pendant ce dîner, fut
celle que j'avais déjà éprouvée, en 1847, lorsque, lieutenant de spahis, j'avais été pendant quinze jours le commensal du général Baraguey d'Hilliers, en tournée d'inspection. A la place du chef raide et enfermé dans sa dignité, que je m'attendais à rencontrer, je trouvai un homme bienveillant, un causeur intéressant, un maître de maison qui voulait qu'à sa table tout le monde