LES ASSIÉGEANTS
provisoirement commandant supérieur de Laghouat, de les faire enterrer précipitamment , afin d'éviter les influences pestilentielles qui rendraient la ville inhabitable. »
Voici enfin la liste des corps de troupes qui ont pris part au siège de Laghouat :
Détachements des Ier, 3e et 4e régiments d'artillerie.
Détachements du 3e du génie.
50e de ligne, un bataillon, lieutenant-colonel Gérard.
60e de ligne, deux bataillons, colonel marquis de Linières.
Ier régiment de zouaves, un bataillon, commandant Barrois.
2e régiment de zouaves, deux bataillons, lieutenantcolonel Clerc, commandants Morand et Malafosse.
Le i6r bataillon d'infanterie légère d'Afrique (zéphyrs) , commandant Liébert.
Le bataillon de tirailleurs indigènes d'Alger, commandant Roze.
Un détachement (une compagnie) des tirailleurs indigènes de Constantine.
Quatre escadrons du 2* de chasseurs d'Afrique, colonel Rame.
Deux escadrons du 1" de chasseurs d'Afrique, colonel Lichtlin.
Deux escadrons du Ier de spahis, commandant de Francq.
Deux escadrons du 2e de spahis, commandant de la Tour-Landon.
Le général Pélissier ne savait réellement que faire de sa conquête. On n'avait jamais songé à placer si avant dans le Sud une garnison française, et, pour entretenir si loin de la côte notre influence, on avait toujours compté sur des complicités indigènes qui venaient de manquer. Le général eut, un instant, l'idée de frapper
de terreur la contrée par un grand exemple, et de détruire Laghouat de fond en comble, en rasant les maisons et en arrachant les palmiers, en transportant, enfin, la population entière sur un autre point de l'Algérie, et pendant plusieurs jours, nous vîmes, chaque matin, partir des corvées qui allaient abattre des palmiers et faire tomber les clôtures des jardins. Cependant, à Alger, on recula devant ce vandalisme, et, quand l'ordre arriva d'y renoncer, les vainqueurs, trop peu nombreux d'ailleurs pour ce travail grandiose, n'avaient encore tracé dans l'oasis qu'une vaste tranchée qui devint un beau boulevard, coupant les jardins et conduisant aux portes de la ville. En attendant qu'il fût statué sur l'avenir de la malheureuse oasis, la garde de la ville avait été confiée aux deux bataillons de zouaves du lieutenant-colonel Clerc qui s'étaient établis dans les maisons abandonnées , sans un très grand souci de la conservation de ces édifices.
La population entière, considérée comme prisonnière de guerre, était parquée à côté de notre camp et gardée par deux compagnies d'infanterie. On lui apportait, chaque jour, quelques caisses de biscuit de troupe, et, matin et soir, on la menait boire à la rivière, comme du bétail.
Le général avait décidé que les corps des officiers tués à Laghouat seraient enterrés sur la brèche, en grande cérémonie. L'abbé Suchet, grand vicaire de l'évêque d'Alger, qui venait d'arriver au camp avec le général Rivet, chef d'état-major général de l'armée d'Afrique, devait officier sur un autel dressé en plein vent, et qui formait le côté d'un quadrilatère dont le 2e de zouaves dessinait les trois autres côtés. Les corps furent déposés sur deux prolonges d'artillerie, et le général en chef, suivi de tous les officiers, prit la tête du cortège.
Pour arriver sur la brèche, on avait établi une voie