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LARBA ET OULED-NAYL

jet de faire ramener les Larbâ par les Ouled-Nayl, qui avaient alors comme grand chef, avec le titre de bach-agha, Si-Chérif-bel-Arch, grand personnage, ancien khalifïa d'Abd-el-Khader, celui qui fit exécuter devant noua, le 11 mars 1846, les deux officiers français prisonniers de l'Émir : MM. Lévy et Lacoste, alors que, dans une poursuite forcenée, nous tenions, pour ainsi dire, notre grand ennemi au bout de nos sabres, et que ses meilleurs cavaliers se faisaient tuer les uns après les autres, pour assurer sa retraite.

Forcé de s'incliner devant la nécessité, il fit sa soumission pour sauver sa tribu d'une ruine complète. 11 nous fut, d'ailleurs, depuis toujours fidèle. Il s'est fait tuer au début de la grande insurrection de 1865, laissant sa place à son fils Si-Mohammed-bel-Cassem, jeune homme très sympathique et très intelligent. Si- Chérif-bel-Arch jouissait d'un très grand prestige parmi les siens. Il était de haute et robuste stature, et cachait beaucoup de finesse et d'intelligence sous des apparences de bonhomie et de simplicité. Il appartenait au parti démocratique et passait pour être marabout. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il marmottait continuellement des prières et égrenait son chapelet, du matin jusqu'au soir. Il avait eu son roman, lui aussi. Abd-el-Khader avait fait cadeau à Si-Chérif et à un de ses parents de deux jeunes filles espagnoles enlevées aux environs de Mélilla. Epousées par les deux chefs, ces jeunes filles devinrent de véritables femmes arabes très contentes de leur sort et refusèrent toujours la liberté.

Si-Chérif-bel-Arch partit donc à la poursuite des Larbâ, dans ce Sud qui n'avait pas de mystères pour lui, et, peu de temps après, on apprit qu'il avait été battu en deux rencontres. Je n'oserais pas affirmer que sa campagne fût autre chose qu'une démonstration d'obéissance, ni môme qu'il y eût eu jamais bataille. En

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tout cas, le sentiment public était pour les insurgés, et l'échec de Si-Chérif compliqua d'autant plus la situation qu'une partie de ses contingents, sous le commandement de son compétiteur, nommé Telli, que nous retrouverons plus tard, fit défection et se' Joignit aux Larbâ.

Tout cela ne me regardait pas directement. Les tribus battues dépendaient directement de Médéah, et les populations de mon cercle ne m'inspiraient aucune inquiétude, à condition cependant qu'on mît bientôt le pied sur le tison insurrectionnel. Voilà pourquoi je pressais de toutes mes forces l'arrivée de mon escadron. Avant même son départ de Blidah, une première difficulté fut tranchée par le Gouverneur général, qui en modifia le recrutement, en décidant que tous les cavaliers qui demanderaient à ne pas quitter Blidah seraient congédiés par anticipation. En effet, ces cavaliers, pour la plupart, gens des villes, auraient été dépaysés dans leur nouveau rôle, et ils allaient être remplacés très avantageusement par de beaux et bons Arabes des tribus voisines de Boghar, bien équipés, bien montés, et connaissant admirablement le pays dans lequel ils allaient évoluer. Il fut décidé, enfin, que les rations de fourrages seraient payées en argent à tout le monde, chacun devant assurer à ses risques et périls la nourriture de son cheval.

Tout étant prêt, l'escadron conduit par mon capitaine en second arriva vers la fin de février, et je le reçus avec une joie intense. Si jamais une troupe de cavalerie avait eu besoin de son cadre complet d'officiers, c'était bien celle-là, qui allait être reconstituée et adaptée à un rôle tout nouveau. Or, le colonel retint à Blidah, comme adjudant-major, mon lieutenant en premier, M. de Romans, à qui le voyage déplaisait. De sorte que, pour commander à quelques ouvriers du peloton hors rang, il restait à Blidah un colonel, un

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