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UNE GRANDE REVUE A LONGCHAMPS

C'est dans ce magnifique appareil que nous figurâmes à la revue du 5 mai 1857, passée par l'Empereur, en l'honneur du grand-duc Constantin de Russie, et où, pour la première fois, la Garde Impériale parut tout entière aux yeux des Parisiens. Voici quels furent l'ordre et la marche du défilé. Je le retrace ici, parce qu'il rappellera leur jeunesse à quelques-uns de mes lecteurs , et aussi parce que le souvenir de ce spectacle militaire splendide est resté vivant dans mon cerveau :

En tête s'avançait le commandant en chef, général de division, comte Regnault de Saint-Jean d'Angély, suivi de son chef d'état-major général, le colonel de Vandrimey-Davout.

Derrière eux, apparut la première division d'infanterie, commandée par le général Mellinet, qui avait pour chef d'état-major le lieutenant-colonel Reille ; la première brigade, sous les ordres du général de Wimpffen, comprenait un régiment de gendarmerie : colonel de Prémonville de Maisonthou ; le premier régiment de grenadiers : colonel Lenormand de Bretteville. La deuxième brigade, commandée par le général Cler, comprenait le deuxième régiment de grenadiers : colonel d'Alton; le troisième régiment de grenadiers : colonel Ducrot ; le régiment de zouaves : colonel de Bonnet-Maurelhan-Polhès.

La deuxième division d'infanterie comprenait les quatre régiments de voltigeurs. Elle avait pour chef le général Camou, dont le chef d'état-major était le colonel de Vaubert de Genlis ; pour brigadiers, les généraux Manèque et Decaen. Les quatre régiments étaient commandés par les colonels Mongin, Félix Douay, Dubos, Montaudon. Avec cette brigade marchait le bataillon de chasseurs à pied, commandé par le commandant Garnier.

Derrière l'infanterie, apparut la superbe brigade d'ar-

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tillerie dans ses uniformes bleu sombre et or; et enfin nous : la cavalerie. Nous étions commandés en chef par le général de division Morris, qui avait pour chef d'étatmajor le colonel Pajol.

Nous formions trois brigades : la grosse cavalerie, général baron Marion, deux régiments de cuirassiers, avec les colonels Ameil et de la Martinière; la cavalerie de ligne, général Dupuch de Féletz; les dragons : colonel Crespin; et les lanciers : colonel Lichtlin; et enfin la cavalerie légère : général Cassaignolles ; les chasseurs : colonel de Cauvigny, et les Guides : colonel de Mirandol.

Lorsque nous eûmes défilé, aux cris de « Vive l'Empereur! » lorsque eurent passé les grands bonnets à poils noirs, les aigrettes des jaunes voltigeurs, les turbans des zouaves ; lorsque se furent envolés dans la poussière les cuirasses, les casques, les flammes des lances et celles des talpacks, l'Empereur demanda au Grand-Duc ce qui l'avait le plus frappé. « Dans l'infanterie, répondit le Prince : les zouaves, et dans la cavalerie : les chasseurs de la Garde. »

Le Prince avait raison. Sans parler des vieux soldats chevronnés qui composaient le premier rang de nos six escadrons, le régiment, en défilant, avec les tresses blanches de ses soldats, les tresses d'argent de ses officiers, ses petits chevaux barbes, gris, l'oeil en feu, la crinière et la queue flottantes au vent, avait passé comme un tourbillon de neige. A dater de ce jour, là cause des Africains fut gagnée, et les chasseurs de la Garde durent probablement à cette remarque princière d'être maintenus dans l'état où ils avaient été Créés.

A propos de cette rivalité de quelques heures, si imprudemment soulevée entre chasseurs et Guides, j'ai entendu bien souvent le général Fleury exposer ses idées particulières sur les questions militaires. Fleury

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