‹ Mes souvenirs (volume 2)Chapitre 197 sur 302 · LES TRIBUNES DE L'ASSEMBLEE NATIONALE · texte numérisé non relu

LES TRIBUNES DE L'ASSEMBLEE NATIONALE

la Cour si envieuses, si empressées de paraître aux tribunes, pour favoriser, pour applaudir, quelques-unes peut-être pour critiquer, mais toutes, au moins, pour être quelque chose et de quelque chose. Je me tins alors clos et tranquille dans ma retraite de Ville-d'Avray, que j'allais bientôt être obligé de quitter; c'est là surtout que je commençai à sentir en moi-même et à apercevoir chez les autres cette double influence de la justice prête à s'armer contre des iniquités dont la mesure était sans doute remplie, et de la foi chargée de préserver de tout mal les âmes simples et droites qui n'attendaient plus rien que du ciel.

Personne n'a couru plus de dangers que moi, personne peut-être n'a commis plus d'imprudences, et personne n'a échappé, par des voies plus extraordinaires, à des pièges aussi multipliés, pendant qu'à la même époque, je voyais une foule de personnages, beaucoup plus sages et beaucoup plus habiles politiques que moi, se livrer avec enthousiasme à des spéculations mensongères qui les ont perdus.

Je combattais encore avec une grande franchise et un ferme courage pour nos rois et pour notre ancien gouvernement. Ma conscience était pure, et je lui obéissais; Dieu, que j'invoquais sans cesse, souffla sur tout ce qu'elle m'inspirait, mais il me sauva et me conduisit au port à travers les orages les plus formidables, et au milieu des écueils contre lesquels s'est brisé le vaisseau que je n'avais jamais craint de défendre, même au péril de ma vie!

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