‹ Mes souvenirs (volume 3)Chapitre 107 sur 307 · II · texte numérisé non relu

II

De ce moment, M. de Maurepas fut le maître de la fortune de Pezay; en continuant de le caresser, il jura problablement sa perte. En effet, le Roi sut bientôt que son principal ministre était instruit de cette correspondance : elle devint moins vive et moins suivie; les réponses de Sa Majesté furent moins fréquentes et moins abandonnées; là confiance se refroidit; et, dans la suite, on vit M. de Pezay éloigné sous prétexte d'une commission honorable.

Dès lors, il ne fut pas difGcile de le pousser à certaines imprudences, qu'on était le maître ensuite d'apprécier et d'employer. Les choses réussirent au gré de M. de Maurepas : Pezay eut ordre de demeurer quelque temps sans reparaître. Sur ces entrefaites, il tomba malade et mourut, vraisemblablement aidé par le chagrin de voir tous ses châteaux en Espagne renversés. Le Roi, pourtant, fut sensible à son éloignement, et on m'a soutenu que, pendant sa maladie. Sa Majesté lui avait encore envoyé deux courriers. Peut-être aussi ces courriers étaient-ils porteurs de reproches qui achevèrent de tuer le malheureux.

Après sa mort, arrivée eu 1777. M. Necker se trouva créancier de plusieurs sommes qu'il lui avait prêtées personnellement. Saint-Hilaire, fermier général, a dit à un homme digne de foi qu'un de ses amis avait vu les preuves écrites des prétendus prêts de M. Necker, prêts qui, dans l'intention primitive des partis, devaient être des payements ou des libéralités gratuites (1).

(4) 22 avril 1781. — M. de Bréquigny, directeur de l'Imprimerie royale, m*a conté que Mme Cassini, sœur du marquis de Pezay, était brouillée avec M. Necker, avait eu de vives querelles avec lui, et l'aurait menacé de remettre à M. de Maurepas toute la correspondance de M. Necker et de M. de Pezay; qu'elle lui avait tenu parole, et que M. de Maurepas avait pu èt^e surpris et piqué de tout ce qu'il avait lu à sa louange. Il peut «i^. Faire que le Mémoiie de 1778,

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