AFFAIRE DU DUCHE DE LORGE
La vicomtesse de Choiseul avait tort en s'imaginant que sa cause était perdue parce que le Roi voulait la juger; il n'avait point dit : L'érection du duché de Large est juste et régulière, mais simplement : C'est à mai seul quHl appartient de prononcer sur l'érection du duché de Large; et, si un premier arrêt avait déclaré que je ne m'étais point trompé en demandant le Roi pour juge, un second, rendu le 29 septembre 1778, considérant que quiconque tient à remplir le vœu et l'esprit de la loi doit parler aussi clairement qu'elle, décida que la tournure singulière donnée par les gens d'affaires du duc de Lorge à la démission qu'il avait signée, n'annonçait point assez énergiquement la remise de la glèbe entre les mains du Roi, pour que le Roi ait cru en investir uniquement le nouveau duc. Il n'y avait donc plus, dès lors, de duché ni par conséquent de duc de Lorge ; car, suivant nos lois, il était impossible que le Roi fît un duc héréditaire, si la concession ne rendait son vassal propriétaire et du titre et de la glèbe à laquelle il était attaché. Ainsi furent trompées les espérances d'un malheureux père de famille, qui avait voulu conserver à sa postérité un nom illustre et une dignité précieuse : l'intérêt, qui veut jouir, étouffa la gloire qui cherchait à se reproduire. Je n'en fus pas surpris : rien de plus chimérique que la moitié des projets que font les hommes pour leur postérité 1