LA SOURCE, PRÉSIDENT DES JACOBINS DE PARIS
général La Fayette put s'apercevoir combien il était déjà déchu du crédit qu'il avait eu autrefois; mais le lendemain 29 il fut bien vérifié que, dès lors, les membres les plus accrédités du Corps législatif étaient membres très actifs de cette infâme société.
La Source (1), Tun des députés, était président des Jacobins de Paris ; par un certificat signé de lui, il avait accordé à Tun des plus vils et des plus misérables individus de ce club le droit de porter les armes, et avait invité les municipalités où il se rendrait à lui prêter assistance. Or, quel était ce protégé du député La Source? Le district de Charleville venait d'envoyer à l'Assemblée les pièces d'une procédure prouvant qu'il avait été deux fois fouetté et marque : une fois comme voleur, l'autre comme condamné aux galères. Échappé de la chaîne, il était venu à Paris, et, admis aux Jacobins, s'y était fait une réputation, et avait été chargé de nouvelles commissions pour le département de Mézières, où il fut arrêté après avoir commis de nouveaux crimes. Ceci est sans doute étonnant ; ce qui Test encore plus, c'est que, dans l'assemblée du 29 juin, le célèbre Cambon (2), qui disposait de nos finances, se mit fort en colère de ce que, par de pareilles dénonciations, on jetait de la défaveur
respecter les autorités, et de donner aux armées l'assurance que la Constitution ne recevrait aucune atteinte au dedans, tandis qu'elles prodiguaient leur sang pour la défendre au dehors.
(i) Marie-David-Albin La Source, né à Angles, prés de Montpellier, en 1762, ministre protestant, député du Tarn à l'Assemblée législative, partisan fougueux de la révolution, siégea & la Convention parmi les girondins, vota la mort du Roi tout en se déclarant contre la faction orléaniste et contre Robespierre, fut décrété d'accusation et condamné à mort le 30 octobre 1793.
(1) Joseph Cambon, né à Montpellier en 1754, député à l'Assemblée législative, puis à la Convention, se rangea dans le parti de la Montagne, vota la mort de Louis XYI, présida plusieurs fois la Convention, devint membre du Comité de salut public et de celui des