‹ Mes souvenirs (volume 3)Chapitre 248 sur 307 · II · texte numérisé non relu

II

sur des hommes environnés de la confiance publique (1). Je n'en dirai pas davantage sur une société qui, combattue, mais jamais entièrement vaincue, et après sa destruction môme renaissant toujours de ses cendres, était, au temps dont je parle, l'arène où se débattait Robespierre, et où il aiguisait les poignards qui ont coûté à la France plus de trois millions d'hommes. On trouvera, dans tous les papiers publics de cette époque, l'histoire des troubles par lesquels la capitale fut agitée depuis la journée du 20 juin, jusqu'au jour affreux et éternellement mémorable du 10 août (2), où ce que l'on avait auparavant inutilement tenté fut exécuté par l'Assemblée législative, qui déclara ainsi n'être plus qu'une horde de brigands, ou par la Commune de Paris, composée de jacobins rêvant de ne faire de la France qu'un vaste cimetière, et voulant commencer par le Roi le massacre général de tous les propriétaires (3), que ce faible prince n'osait plus appeler

finances, fit créer le grand livre de la dette publique le 24 août 1793, contribua au 9 thermidor, fut cependant décrété d'arrestation et dut se cacher. Nommé député en iSi5, mais exilé en 1816 comme régicide, il mourut en 1820 dans un village des environs de Bruxelles.

(1) Journal de Paris du 30 juin 1792. {Note de Moreau.)

(2) Le 10 août 1792, les Tuileries furent assiégées de nouveau par la populace; Louis XVI, couvert d'insultes et d'outrages, crut devoir suivre le conseil que lui donnèrent les membres du département, de se retirer avec sa famille au sein de l'Assemblée législative; les Suisses et les serviteurs du Roi furent égorgés; le feu fut mis au château, l'Assemblée envahie par les forcenés victorieux, la déchéance du Roi prononcée et la Convention nationale convoquée.

(3) M. de Glermont-Tonnerre fut massacré dans les rues dans la fameuse journée du 10 août. Il avait composé un ouvrage intitulé : Analyse raisonnée de la Constitution française de 1789, 90 et 91. {Note de Moreau.) — Stanislas, comte de Glermont-Tonnerre, néàPont-&- Mousson en 1747, député de la noblesse aux États généraux, fit partie de la minorité qui voulait se réunir au tiers, vota rabolition des privilèges, réclama le droit de citoyen pour les protestants et les juifs, présida deux fois l'Assemblée nationale, fonda, avec Malouet, le C2u6 des Amis de la monarchie, et avec Fontanes le Journal des impartiaux.

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