‹ Mes souvenirs (volume 3)Chapitre 49 sur 307 · EXIL DU DUC D'ORLÉANS ET DU DUC DE CHARTRES · texte numérisé non relu

EXIL DU DUC D'ORLÉANS ET DU DUC DE CHARTRES

le mémoire et la réplique à M . de Maurepas, que M. le duc d'Orléans regarda dès lors comme le centre auquel toutes les propositions devaient s'adresser. On lui en fit de toutes les espèces : on lui envoya mémoires, projets, soumissions; tout ce que les Parlementaires proposent, ils le considérèrent comme fait, ou du moins ils le débitèrent... Mais le Roi ne s'était pas prononcé, et les récits contradictoires qui circulaient montraient l'irrésolution où Ton était.

A cette époque, M. Bertin,le ministre, me demanda par lettre les ouvrages que j'avais écrits sur l'état actuel de la magistrature, et sur les moyens de la réformer sans donner une nouvelle atteinte aux lois. Je les lui portai tous et même mon dernier mémoire destiné à instruire Monsieur : je lui fis grand plaisir. Je me prome-* nai une heure presque entière avec lui, et nous dissertâmes tout au long sur l'afi'aire du Parlement. Ce que je recueillis de notre entretien, c'est qu'alors il n'était point question de détruire ce qui avait été fait; qu'on songeait seulement à épurer et à réformer. Nous fûmes parfaitement d'accord sur l'imperfection de la besogne du chancelier, qui était une perte pour le siècle présent, sans être un gain pour le siècle à venir. Dans ces circonstances, j'avais fait à merveille de remettre mes mémoires, qui n'avaient été composés qu'en vue d'épurer le Parlement, et de consolider la besogne en y réunissant les pairs de France.

Le 20 juillet, M. le duc d'Orléans et M. le duc de Chartres reçurent ordre d'aller à Villers-Colterets jusqu'après les obsèques de Louis XY, et de ne plus paraître à la Cour même après cette cérémonie : la cause en était leur refus d'aller à Saint-Denis et de saluer le Parlement. Tout le monde fut bien aise de voir cesser la

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