II
familiarité trop intime qui régnait entre M. le comte d'Artois et M. le duc de Chartres» et dont le Roi ne semblait pas trop content. Le prince avait dit, assurait-on, qu'il était au désespoir d'être fils de France, et que sans cela il adhérerait à la protestation des princes contre le Parlement, qu'il trouvait la plus belle chose du monde.
Aux obsèques de Louis XY, le 27 juillet, le prince de Gondé eut une explication avec le Roi, qui lui certifia que l'ancienne Compagnie ne reviendrait pas. Le prince le supplia de ne pas oublier que, si Sa Majesté changeait d'avis, la démarche qu'il venait de faire le brouillerait irrévocablement avec sa famille. Le Roi le rassura. Pourtant, au commencement d'août, il y eut beaucoup de mo\ivements, de voyages et de lettres^ de Villers-Cotterets âhla Cour et de la Cour à Villers-Cotterets. M. de Pons (1) vint à Compiègne et y fut bien reçu : le Roi lui parla et, qui plus est, lui donna le bougeoir. Peu après, M. le duc de Penthièvre, avant de partir pour Villers-Cotterets, s'enferma pendant trois quarts d'heure avec M. de Maurepas : le bruit se répandit que M. le duc d'Orléans arrivait à la Cour. Il ne parut point. M. le chancelier avait l'air inquiet, et l'on s'en apercevait. On prétendait qu'il avait demandé à voir la Reine, qui avait refusé de le recevoir. On racontait aussi que Madame, belle-sœur du Roi, avait dit dans une promenade : a La Reine a une bonne qualité : quand elle veut une chose, elle ne la quitte point et en vient toujours à ses fins. » Le jeudi il août, le chancelier devait travailler de bonne heure avec le Roi ; il dîna pour cela à une heure et monta au château. Sa Majesté ne le reçut qu'à sept heures et demie du soir;
(1) Camille-Louis, né prince de Lorraine^ d'abord appelé prince Camille, puis prince de Pons, fils de Charles, prince de Pons, et d'Elisabeth de Roquelaure, né le 19 décembre 1725.