II
dire à ceux que je rencontrai, la manière dont je croyais que devait être invité un fils de France. Gromot, dès la veille, m'ayant fait demander ce que j'en pensais, j'avais déjà entrepris quelques recherches ià-dessus. Comme je témoignais ma surprise à M. Bertin sur la façon dont Monsieur avait été invité, il me répondit : « Votis m verrez bien d'autres. »
Le lendemain, on me remit un billet de Cromot, par lequel il me réclamait de nouvelles recherches; je m'en* fermai dans la bibliothèque, où je consultai les registres du Parlement. Je trouvai la manière dont Monsieur Gaston (1) avait été invité et reçu au Parlement de 1648; je portai cela le soir même à Gromot, qui l'envoya surle-champ à Monsieur : je conseillais que Monsieur s'arrêtât à la Sainte-Ghapelle et attendît les honneurs qu'on devait lui rendre.
Le vendredi 9, les princes arrivèrent au Parlement et entrèrent à la Sainte-Ghapelle, où ils entendirent la messe. Tout était fini à neuf heures trois quarts ; le Parlement ne devant s'assembler qu'à dix heures un quart. Monsieur et M. le comte d'Artois se chauffèrent chez le sonneur pendant plus d'un quart d'heure. Le Parlement députa cinq conseillers à M. le comte d'Artois, qui alla à la Grand'Ghambre avec ce cortège. Deuxième députation à
(1) Jean -Baptiste -Gaston, duc d'Orléans, troisième fils de Henri IV et frère de Louis XIII, né à Fontainebleau en 1608, passa sa Tie en intrigues et en réyoltes; marié contre son gré, en 1636, à Mlle de Montpensier, qui mourut un an après, il épousa en secondes noces en 1631, malgré le Roi, Marguerite de Lorraine, sœur du duc de Lorraine, chez lequel il s'était réfugié ; envahit la France, se fit battre & Gastelnaudarj en 1632 , signa le traité de Béziers, rentra en France en 1635 et prit part à de nouveaux complots. Il abandonna successivement tous ceux qui se dévouèrent à sa fortune, vit périr Montmorency en 1632, Cinq-Mars et de Thou en 1642. A l'avènement de Louis XIV, il fut nommé lieutenant général du rojaume, et mourut, relégué à Blois, en 1660.