‹ Mes souvenirsChapitre 30 sur 207 · LE MARQUIS DE CHASTELLUX · texte numérisé non relu

LE MARQUIS DE CHASTELLUX

question philosophique, nous eûmes ensemble, en 1786, par la voie du Journal de Paris, une correspondance anonyme dont le principal avantage fut de me rappeler l'heureux temps que j'avais passé dans la plus intime familiarité de tou$ les siens.

Ce pauvre chevalier est mort en 1788, au moment où il commençait à revenir de tous ses préjugés révolutionnaires et philosophiques. Il avait toujours été la dupe de son cœur, et avait aimé de bonne foi les philosophes avant de s'enthousiasmer de leurs systèmes. Il eut, tout à la fois, pour ami et pour médecin, M. Goste (1), qui fut le premier maire de Versailles, lors de la Révolution.

Les Talleyrand prétendaient que j'avais fait les Gacouacs pour son instruction ; il eut bien de la peine à me les pardonner. Il était très attaché au duc d'Orléans (2), et avait épousé Mlle Plunkett (3), Irlandaise, qui est restée la plus fidèle amie de la veuve de ce monstre. Mais le chevalier de Chastellux est mort avant d'avoir pu seulement prévoir les horribles complots du Palais-Royal et du scélérat Égalité.

(1) Jean-François Coste, médecin militaire, prit part à la guerre de l'Indépendance américaine; maire de Versailles de 4790 à 4792, médecin en chef des Invalides en 4796, et de la Grande Armée de 4803 à 4807.

(2) Louis-Philippe-Joseph, duc d'Orléans, dit Philippe-Égalité, né à Saint-Cloud en 1747, grand maître de la franc-maçonnerie, député aux États généraux et à la Convention, vota la mort de Louis XVI, et fut guillotiné en 4793.

(3) Marie-Caroline-Brigitte-Joséphine Plunkett, née à Louvain le 8 septembre 4759, morte à Paris le 48 décembre 4845.

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