LÀ FAMILLE DE SAMUEL BERNARD
pour fils M. de Champlàtreux, et pour fille la duchesse de Cossé (1), femme de l'aîné des fils du maréchal de Brissac, dont le second fils s'unit à Mlle de Nivernais (2), sœur de Mme de Gisors (3). Toutes les deux sont mortes sans enfants.
Le maréchal de Brissac (4) avait eu lui-même un frère aîné, marié à Mlle Pécoil (5), mère de la maréchale de No aille s, et un cadet (6), qui, de son alliance avec
président du Parlement de Paris, mort en 4793. Son fils Édouard- François-Mathieu Mole de Champlàtreux, président au Parlement de Paris, épousa une fille du garde des sceaux Lamoignon, et mourut sur l'échafaud en 4794.
(4) Marie-Félicité-Gabrielle Mole, née le 48 mars 4740, fille de Mathieu-François Mole et de Bonne-Félicité Bernard, épousa, le 30 août 4756, Louis- Joseph-Timoléon de Gossé, duc de Cossé-Brissac, et mourut le 49 octobre 4790.
(2) Adélaïde-Diane-Hortense Délie, née le 27 décembre 4 742, seconde fille de Louis-Jules Barbon Mazarini-Mancini, duc de Nivernais, et de Hélène-Angélique-Françoise Phélipeaux .
(3) Hélène-Julie-Rosalie, née le 43 septembre 4740 et mariée, le 23 mai 4753, au comte de Gisors, fils unique du maréchal duc de Belle-Isle.
(4) Jean-Paul-Timoléon de Cossé, duc de Brissac en Anjou, et pair de France, né le 42 octobre 4698, épousa en 4732 Marie- Josèphe Durey, fille de Joseph de Sauroy , seigneur de Dam ville, et eut trois fils : Louis- Joseph-Timoléon de Gossé, né le 28 avril 4733 et mort le 29 août 4759; Louis-Hercule-Timoléon, né le 45 février 4734; Pierre-Emmanuel-Joseph-Timoléon, né le 45 septembre 4744.
(5) Catherine Pécoil, fille de Claude, seigneur de la Ville-Dieu, épousa, le 22 octobre 4720, Gharles-Timoléon-Louis de Cossé, frère aîné du duc de Brissac et, avant lui, duc de Brissac et pair de France; il mourut sans enfants mâles, le 48 avril 4732. Sa fille unique, Catherine-Françoise-Charlotte de Cossé, née le 43 janvier 4724, fut mariée, le 25 février 4737, à Louis de Noailles, duc d'Ayen, puis duc de Noailles.
(6) René-Hugues-Timoléon , comte de Cossé, né le 8 septembre 4702, épousa en 4726 Marie- Anne Hocquart, fille de Jean-Hyacinthe, seigneur de Montfermeil, née le 26 octobre 4726; il fut l'un des menins du dauphin et mourut le 24 août 4754. 11 avait eu cinq enfants : trois fils et deux filles; l'aîné des fils, Hyacinthe-Hugues- Timoléon, comte de Cossé, était né le 8 octobre 1746, et la marquise de Pons, Emmanuelle-Marie-Anne, le 30 septembre 4745.
Mlle Hocquart, laissa plusieurs enfants, entre autres le comte de Gossé et la marquise de Pons. Le comte, cousin germain de la maréchale de Noailles, épousa Mlle de Vignacourt en premières noces; et en secondes, Mlle de Rothelin, sœur de Mme la princesse de Rochefort. La marquise de Pons eut une fille qu'elle maria à M Dubois de la Mothe.
On voit, par là, combien M. le premier président Mole trouva d'avantages à épouser la fille du second lit de Samuel Bernard. En effet, celui-ci, pour payer les soins qu'il s'était donnés afin d'arranger les affaires des deux aînés Bernard, lui fit un magnifique lot dans sa succession. Les partages, que j'ai eu sous les yeux, et qui composaient un énorme volume en parchemin relié en maroquin, avaient mis dans les attributions de Mme Mole des recouvrements considérables, provenant de rentrées de vaisseaux encore en route, et de sommes prêtées à des gens de la cour : un seul vaisseau ignoré fournit au président le moyen de rebâtir Champlâtreux (1). C'est de M. Bernard l'Omelette, c'est du président lui-môme que j'ai su tous ces détails.
L'imbécile aîné, que ses bêtises réduisirent à faire une espèce de banqueroute, eut, pour punir sa vanité, M. le comte de Coubert, son fils unique, qui en fit une lui-même très étoffée; si bien que l'énorme fortune du juif Samuel Bernard fut flétrie par deux faillites, avant la mort de son fils.
Il y a plus encore : ce Coubert, qui n'était point un sot, mais un lâche, tua un charretier. Son père, pour obtenir la grâce de ce meurtre, que le Parlement ne paraissait pas disposé à accorder, eut recours au garde des sceaux
(4) J'ai fait à Champlâtreux un assez long séjour, et pendant ce temps-là M. Mole n'eut point de secrets pour moi. Il me regardait avec raison comme l'ami intime des Ghastellux. (Note de Moreau.)