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LES TALLEYRAND

la douleur dont il fut pénétré lorsqu'il perdit ce prince, ni les services que j'eus le bonheur de lui rendre à cette triste époque, afin de le garantir des intrigues de M. de la Vauguyon et des vastes projets de M. de Choiseul.

Je dirai, en terminant, que, si quelques-unes de mes chansons ont été réunies en un volume, sous le titre de Pot pourri de Ville d'Avray, c'est sur les instances de M. de Périgord et d'après le [choix qu'il en fit dans mon portefeuille vert.

Voyons, maintenant, de combien d'autres enfants cette aimable famille de Talleyrand se trouvait alors composée, tous puînés de beaucoup de M. le comte de Périgord, et tous fils de la marquise de Talleyrand-Chamillard.

L'aîné était ce Charles-Daniel, comte de Talleyrand (1), que j'avais marié, en 1751, à Mlle d'Antigny, fille de Marie-Judith de Vienne, marquise d'Antigny; celle-ci était la fille du comte et de la comtesse de Comarain, et la nièce du comte de Chastellux, dont cette comtesse de Comarain était sœur; elle avait un fils qui était encore au collège; il épousa plus tard la seconde fille de la comtesse de Rochechouart, sœur de la malheureuse duchesse du Châtelet (2). La comtesse de Talleyrand me témoigna toujours une sincère amitié, et se montra reconnaissante du mariage que je lui avais fait contracter.

Rien n'était plus gai que la maison de Mme d'Antigny, la mère, qui m'aimait comme son enfant. Elle demeurait rue Garancière, proche Saint-Sulpice, avec sa fille et son gendre, et tenait le ménage.

(4) Charles-Daniel de Talleyrand-Périgord, né en 4734, mort le 4 novembre 4788; il épousa, le 42 janvier 4754, Alexandrine-Marie- Victoire-Éléonore de Damas d'Antigny, née à Comarain le 8 août 4728, et morte à Paris le 24 juin 4808.

(%) Diane-Adélaïde, fille aînée de François-Charles de Rochechouart, mariée au comte puis duc du Chàtelet.

C'est à sa demande que je composai, pour le comte et la comtesse de Comarain, les épitaphes suivantes :

In spem melioris vite, Hic quiescit D. D. Carolus de Vienne, Cornes à Comarain,

Vir nobilitaiis antiquœ, ÛEtavis editus pietate insignibus et armis,

Quorum Bellicas virtutes posteritate consecravit historiœ Eximiam pietatem tum erectœ pluribus in locis

Cœnobiœ Tum immensi sacris familiis assignati reditus Testantur.

Ispe primum arma professus Majorum exemplo cum laude meruit.

Deinde sibi et suis redôïtus, Arma induit melioris militiae Fidem quœ vincit mundum.

Conjugi studio et dilectione, Amicis fide et constantiâ, Pauperibus liberalitate et misericordià, Omnibus Mira limitate morum, Humanitate, facilitate, benignitate Carissimus.

Obiit mense febr. ann. Dni MDCCXXXI, œt. LXXXIII.

Sub eodem tumulo, Sepeliri voluit uxor amantissima,

D. D. Anna de Chastellux, Viro quem virtutis aequavit,

Génère non impar, Mulier mentis erectœ, prudentis consilii, Pietate, modestià, mansuetudine,

Deo et viro placens,

Pauperum mater, Plena dierum et operum,

Defuncta est.

Die XXVI decemb. ann. MDCCXLIV. œt. LXXIII.

Corpora eorum in pace]sepulta sunt et nomen eorum vivet (Eccle.).

Piis parentum manibus posuit unica et amantissima filia

D. Maria- Judith de Vienne, uxor nobilissimi viri marchionis

Damas d'Antigny.

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