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CHAPITRE VII

Remontrances de la cour des aides de Montpellier contre les entreprises du parlement de Toulouse. — Parlement contre Jésuites. — Le Père Griffet et le Père de Neuville. — M. l'archevêque de Paris. — Caractère de ce prélat. — Affaire des Hospitalières. — Lettre d'un chevalier de Malte. — Le duc de la Vauguyon. — Remontrances de la cour des aides de Provence au Roi contre les entreprises du parlement d'Aix. — Contes moraux. — M. Bertin me propose une charge de conseiller au Châtelet. — Je deviens conseiller à la Cour des comptes, aides et finances de Provence. — Cette Cour me nomme son député à Paris. — Le président de Mazenod. — Première audience de Mgr. le Dauphin. — Démission de M. de Lamoignon. — Son exil à Malesherbes. — M. de Maupeou vice-chancelier grâce à Mme de Pompadour. — M. Bertin, secré-

r taire d'État. — M. de Boynes. — Brouille avec la famille d'Aguesseau. — Parallèle du physique et du moral de la France et de r Angleterre. — Lettre sur la paix. — Dépôt des chartes.

En 1759, les Parlements soutenaient, avec plus de vigueur que jamais, leur système de l'unité d'un corps représentatif de la nation, sans lequel le Roi ne pouvait rien. Obligé, par ma place, d'étudier les lois et d'avertir les ministres des atteintes qu'elles pouvaient recevoir, je croyais l'autorité perdue, si on laissait passer en dogme d'État des principes qui ne tendaient à rien moins qu'à faire, de la monarchie française, une aristocratie parlementaire. Je ne dissimulerai point que je me livrai à cette partie de notre droit public, que j'écrivis, sur cet important objet, différents mémoires (1) ayant pour but de

(1) Le principal de ces mémoires est intitulé : Principes de conduite avec les Parlements.

donner aux ministres des principes d'une conduite régulière vis-à-vis des compagnies, qui ne sont jamais puissantes que par les fautes et l'impéritie du gouvernement. Je ramassai et je réunis toutes les lois existant sur cette matière ; je les indiquai, et j'ose dire que, si mes vues eussent été suivies, on n'aurait pas été réduit, dans la suite, à détruire la magistrature : nous aurions encore les mêmes Parlements qu'autrefois, mais sages et modéré».

Tout en servant le gouvernement par ces mémoires particuliers, destinés à instruire les ministres, je cherchais aussi à affaiblir l'enthousiasme public qui faisait la force de ces corps redoutables à la maladresse, lesquels cependant n'ont et ne peuvent avoir d'autorité que quand ils ont raison. J'en eus une occasion au commencement de 1760 : la cour des [aides de Montpellier, avait, avec le parlement de Toulouse, un grand différend portant sur la nature et sur l'effet des enregistrements. Le Parlement, dans ses écrits publics, avait inséré tous ses systèmes de législation parlementaire : la Cour des aides me pria de la défendre, et je fus avoué pour cela par le ministre. Je composai donc un petit volume, présenté au Roi, et imprimé sous le titre de Remontrances de la cour des aides de Montpellier contre les entreprises du parlement de Toulouse. Tout le public impartial lut cet ouvrage avec plaisir ; les écrivains du Parlement ne purent y répondre par aucune raison solide. Mais le mal était que le Conseil n'osait jamais prendre une décision contre aucun parlement. Déjà les ministres les plus accrédités pensaient avoir besoin de ces corps, et voulaient les ménager. Ce sont malheureusement ces ménagements qui ont, à la fin, également perdu et ces ministres, et les compagnies qu'ils désiraient s'attacher.

Dès 1760, M. Bertin s'était brouillé avec celles-ci en

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