DÉPÔT DES CHARTES
des chartes (1), et de la correspondance exigée par les recherches que l'on voulait encourager. Le Roi augmenta, à cette occasion, mon traitement de 3,000 livres par an.
Ce dépôt des chartes, fondé au commencement de 1763, était déjà un objet utile, quand M. Bertin quitta le contrôle général au mois de décembre suivant. Il lui parut tellement analogue à son goût pour l'histoire et pour l'antiquité, qu'il tint à l'attacher à son département, lorsqu'il devint secrétaire d'État ; on le sépara donc, à cette époque, du cabinet de droit public, dépendant alors du contrôle général.
Je gagnai à cela deux avantages : le premier, de pouvoir former, peu à peu et aux frais du Roi, un magasin immense de monuments qui m'ont été très précieux pour la composition de mes ouvrages historiques; le second, plus cher encore à mon cœur, a été de conserver un travail suivi avec un ministre que j'aimais, et auquel j'allais avoir de nouvelles et de très essentielles obligations.
(1) 30 juillet 1775. — M. Bertin me remet le bon du Roi qui ratifie le choix que son aïeul a fait de moi pour garde du Dépôt des chartes. (Journal de Moreau.)
Nous avons le titre sur parchemin, portant extrait des registres du Conseil d'État, par lequel le Roi nomme Moreau Garde des Archives et Bibliothèque des Finances de Sa Majesté; il porte la date du 8 décembre 1763 et est signé : Phélipeaux.