SOI
aussi à MM. Alard, Franchomme, Dancla, Armingaud, GoufTé, Chevillard, Lamoureux, etc.
On n’apprendra pas mieux l’harmonie à Vienne, à Dresde, à Berlin, à Cologne ou à Prague, qu’on n’étudiera la mélodie à Milan, à Florence, à Naples, à Gênes, voire à Rome ! Laissons dire aux poètes que l’air, en Italie, est mélodieux, que la brise y chante, ({ue l’on y respire la musique avec le parfum des orangers. Ils ont le droit de l’affirmer et jouissent de la liberté de le rimer, même richement s’ils y tiennent. Nous ferions bien comme eux -, et, à défaut de rhythme, nous ne nous faisons pas scrupule de le dire en prose, tant et si fervent est le culte (jue nous avons pour l’Italie ; même, que nous répéterions avec Pétrarque :
Salve, cara Deo tellus sanctissima, salve !
Nous enverrions à la terre des arts les peintres, les sculpteurs, les architectes, les graveurs: mais nous n’y enverrions pas les jeunes compositeurs prendre des leçons d’inspiration musicale au bord du Tibre,
, Il n’en est pas de la musique comme de la peinture, de la sculpture et de l’architecture, dans lesquelles
PRIX DE ROME
les règles sont plus arrêtées, et l’inspiration ne peut accompagner généralement que la première conception. En fait de musique, c’est le contraire ; les novateurs se succèdent, et celui-là fait accepter sa révolution, et devient à son tour un grand maître, chez qui l’inspiration a été plus constante. 11 a eu la hardiesse d’enfreindre les vieilles traditions, de poser pour ainsi dire d’autres bases, — que les imitateurs prendront plus tard pour des règles. Le contre-point appris, si l’inspiration, si le génie manquent, l’Italie doublée de l’Allemagne, même si l’on y reste vingt ans, fera du candidat un excellent professeur, mais n’en fera jamms un compositeur.
L’expérience est en faveur de notre dire. On connaît la brutalité des faits.
Parmi les notabilités musicales de notre pays, combien en comptez-vous qui ont été grands prix de Rome ? Le nombre en est on ne peut plus restreint. Et il y a fort à parier que ceux-là fussent devenus célèbres, même sans avoir hanté le café M xnerva et le théâtre Valle.
Auber n’a pas eu l’honneur d’être prix de Rome. En revanche, il a écrit la Muette de Portici, qu’on
PRIX DE ROME
dirait enfantée sur la plage enchanteresse de Mergelline. Il n’a pas eu besoin d’aller étudier surplace les chants populaires des pêcheurs napolitains, ni les tarentelles dansées au clair de lune sur les bords du golfe, pour donner aux mélodies de la Muette l’esprit, le caractère, le coloris de la musique napolitaine. On ne dira pas que cette œuvre-là manque de couleur locale.
M. Berlioz, au contraire, qui a été grand prix de Rome, est un harmoniste des plus distingués, un critique des plus compétents, un érudit, un véritable savant en fait de musique, mais il est le premier à avouer que la facilité des mélodies italiennes n’est pas la qualité qui le distingue des autres maîtres. Le beau ciel d’Italie n’a pas déteint sur lui. >
Nous ne voulons pas faire ici une longue énumération. Il nous suffît de citer ces deux noms en manière d’exemples.
Mais puisque nous nous occupons de cette institution, il ne sera pas sans intérêt de voir ce que devient en général un prix de Rome, et comment il le devient.
C’est une triste et curieuse physiologie que celle
PRIX DE ROME
des jeunes compositeurs écrasés sous cet insigne honneur. On pourrait au moins en faire un intéressant chapitre avec ce titre : le» Misères d'un prix de Rome.
Voyons sommairement les grandeurs et servitudes de ces illustres infortunés.
Pour concourir au grand prix de Rome, il faut ne pas avoir dépassé trente ans, — et être garçon. La muse, paralt-il, s’effaroucherait des soins du ménage. Ou le pot-au-feu l’énerve, ou elle est terri- ' blement jalouse et veut être aimée sans partage. Or donc, le jeune célibataire commence par subir un examen préparatoire. Il entre en loge et reste cinq jours enfermé — sans piano. C’est le système cellulaire appliqué à la musique. Pendant ces cinq jours de réclusion, il doit composer une fugue vocale à quatre voix et un chœur avec orchestre. Pour le chœur, on lui donne, bien entendu, les paroles.
Le jury qui doit décider de l’aptitude des candidats est composé de six membres, dont deux par hasard (si nous ne nous trompons pas) anciens prix de Rome. Ces six membres sont aujourd’hui : MM. Auber, Carafa, Thomas, Berlioz, Clapisson et Reber.
PRIX DE ROME
iis choisissent parmi les concurrents les six candidats qui sont réputés les meilleurs et les enferment de nouveau. Cette fois, c’est pour vingt-cinq jours, — mais on leur accorde un piano... Le jeu de mots nous a fait hésiter. En somme la concession du piano y est. Pendant ces vingt-cinq jours, les six reclus composent dans cette espèce d’m pace^ une cantate à trois voix. 11 leur est permis de voir leurs parents ou leurs amis. Rien n’empêche ces excellents parents ou ces bienveillants amis de leur glisser dans la main un papier quelconque. Les prisonniers peuvent au besoin correspondre avec des collaborateurs au dehors, ne fût-ce que pom* les huit mesures initiales des morceaux de chant...
Hâtons-nous de dire que les jeunes candidats ont trop d’amour-propre et de dignité pour descendre à ces tours d’écolier. Seulement il serait à opter entre la bonne foi et la réclusion.
Les concurrents payent 6 fr. par jour pour leur nourriture ; total pour les vingt-cinq jours : 150 fr. On leur donne une indemnité de 50 fr., plus 12 fr. pour le piano, total : 62. Différence à la charge du concurrent ; 88 fr. Ceci est un détail. Les vingt -cinq jours écoulés, celui parmi les concurrents dont la
PRIX DE ROME
cantate réunit le plus de qualités sérieuses est proclamé grand prix de Rome.
L’heureux mortel, une fois possesseur de ce brevet de célébrité, nous n’osons pas dire de ce billet de Lachàtre, est libre d’aller visiter l’Italie. Il reçoit à cet objet.500 francs à titre d’indemnité de voyage; plus 2,200 francs par an ; mais il est logé aux frais de l’État. Après deux ans de séjour à Rome, il peut aller en Allemagne, et s’il envoie un certificat en règle prouvant qu’il est dans n’importe quelle ville de la Confédération, on lui paye 3,000 francs pour * cette troisième année.
De retour à Paris, il reçoit pendant deux ans, 3,000 francs par an, ce qui complète les cinq années qui sont la durée légale des prix de Rome.
En échange, il est tenu d’envoyer d’Italie et d’Allemagne des morceaux de sa composition, qui 'sont soumis à l’examen des membres de l’Institut, et dont il est fait rapport ; on en exécute un fragment dans une des grandes séances annuelles. Après quoi ces envois sont religieusement mis aux oubliettes académiques.
Les prix de Rome de peinture ou de sculpture ont, eux aussi, leurs envois ; toiles, bas-reliefs ou
PRIX DK ROME.
statues, sont exposés ; on les visite, on les examine, on les discute, on en parle dans les journaux ; et, au bout du compte, ces œuvres rapportent quelque chose. Un tableau, une statue, cela se vend et s’achète.
Mais qui s’occupe des envois des pauvres musiciens? Encore si on les faisait exécuter, si on les publiait ! Non. Us ne laissent pas plus de trace derrière eux que l’ombre sur le mur.
Arrivons an point principal : le prix de Rome a le droit de faire jouer un ouvrage à l’ Opéra-Comique.
Ce droit n’est-il pas encore une illusion, après toutes les autres dont le mirage a ébloui le malheureux, et n’amènera-t-il pas encore une déception après toutes les autres qui l’ont découragé ?
S’il présente un opéra comique au directeur, celui-ci ne dira pas que la musique est mauvaise, mais il soutiendra que le livret est absurde, et donnera au pauvre jeune homme le plus vilain ours ^e ses archives-limbes.
Si le musicien a la peau dure, s’il est un peu « rageur, » et qu’il finisse par faire valoir ses droits; en un mot, si, après cinq ou six ans d’attente et de démarches, il veut à toute force que son
PRIX DE ROME
ouvrage soit joué, le directeur adhère à sa demande, mais il s’arrange de manière à ne le donner que trois fois.
Et voilà comment l’infortuné prix de Rome est joué! Qu’il aille se présenter après cet échec ! C’en est fait de sa carrière théâtrale. Il se rabat alors sur les leçons ; le compositeur se fait ou redevient professeur: parfois il publie des romances, des morceaux de danse, des transcriptions, des réductions, etc. il finit par où il avait commencé. Seulement, pendant les trois ans qu’a duré son voyage, ce qu’il appelait sa clientèle s’est éparpillée ou s’est pourvue ailleurs.
Et pourtant on avait fondé de si belles espérances sur l’avenir de ce jeune homme ! Sa famille avait pleuré de joie le jour qu’on l’avait proclamé grand prix de Borne. La mère l’eût volontiers écrit sur son chapeau. Elle rêvait pour lui la gloire d’Auber et la fortune de Meyerbeer... Allons! reviens, pauvre garçon, reviens manger le pot-au-feu maternel. Après tout, la mère est la seule muse qui ne soit pas jalouse. Elle est toujours prête, celle-là, à ouvrir ses bras, à sécher les larmes et à consoler.
Pourquoi, demandons-nous, bercer de tant
PBIX I)£ ROME.
d’illusions la jeunesse, d’habitude si confiante et si facile à s’abuser? Pourquoi lui faites-vous supposer des droits quelle ne peut faire valoir sérieusement ? Hélas ! Alfred de Musset avait raison :
Pourquoi promenez-vous ces spectres de lumière Devant le rideau noir de nos nuits sans sommeil, Puisqu'il faut qu’ici bas tout songe ait son réveil.
Et puisque le désir se sent cloué sur terre.
Comme l'aigle blessé qui meurt dans la poussière. L'aile ouverte et les yeux fixés sur le soleil?
Ainsi, telle quelle est, l’institution du prix de Rome pour les compositeurs de musique est insuffisante, inefficace... il y en a qui ajoutent : et inutile.- Nous n’allons pas jusque^à. Qu’on envoie, si l’on y tient absolument, qu’on envoie le jeune lauréat en Italie, en Allemagne, en Espagne, partout où il peut entendre une musique différente, des chants caractéristiques ; mais qu’on examine plus sérieusement les pages musicales qu’il expédie ici pendant son séjour à l’étranger. Surtout qu’on lui rende moins difficiles les abords d’une scène lyrique quelle qu’elle soit.
Bref, qu’on n’oblige pas celui qu’on proclame solennellement « grand prix de Borne, » à courir le
PRIX DE ROME
cachet... quand il est assez heureux pour trouver des élèves, ou bien à se faire commissionnaire, coulissier ou photographe. — Cela s’est vu, cela se voit malheureusement tous les jours !
Si l’intention du fondateur était d’en faire des professeurs de musique plutôt que des compositeurs, pas n’était besoin de les envoyer en Italie, ces jeunes musiciens, ni de dépenser 12 ou 15,000 fr. pour chacun d’eux; c’est le total pour les cinq ans.
Un prix de mille écus et une médaille en or, à leur nom, eût mieux fait leur affaire!
Concluons. Pour que l’institution du prix de Rome soit profitable, et surtout pour qu’elle ait une raison d’être, il faudrait faire, autant que possible, pour les musiciens ce qu’on fait pour les autres artistes : peintres, sculpteurs, etc., c’est-à-dire commencer par livrer leurs œuvres à la publicité.
On devrait, dans ce but, exiger de la Société du Conservatoire, à qui le gouvernement donne gratuitement la salle pour ses concerts, qu'elle consacrât tous les ans une de ses séances à l’exécution de deux œuvres, soit symphoniques, soit religieuses, soit scéniques, envoyées par les musiciens qui ont
PRIX DE ROME
obtenu le prix de Rome. Cette exécution aurait lieu à l’Opéra. Pourquoi non ? On expose bien dans une salle de premier ordre les envois des peintres et des sculpteurs! — La critique pourrait ainsi, dans les grands organes de la publicité, examiner l’œuvre des jeunes musiciens, en signaler les défauts et les qualités ; en un mot, s’occuper de ses essais, qui sont actuellement condamnés à l’ indifférence du à l’oubli.
Il faudrait, en outre, qu’ après- cette première épreuve, l’Institut donnât un livret en un acte ou en trois actes, selon le mérite du lauréat, à celui qui, d’après les séances de la Société des concerts, serait jugé le plus digne de cette récompense. Le choix du livret serait fût par un comité, pris au sein de l’Académie; et une fois la musique écrite, l’exécution en serait imposée au théâtre impérial de r Opéra-CiOmique. '
C’est ainsi, et seulement ainsi, que l’institution du prix de Rome, pour les jeunes compositeurs, serait une institution sérieuse.
HIPPOIYTE MONPOU.
HIPPüLYTE MÜNPÜU
Certes nous n’avons pas nommé tous les nouveaux compositeurs qui, pendant ces vingt dernières années se sont essayés à l’Opéra -Comique, au Théâtre-Lyrique, ou ailleurs. La petite salle des Bouffes-Parisiens, à elle seule, nous en offrirait une légion. Nous eussions dû nommer M. Boisselot, l’auteur de ]\'e touchez pas à la Reine. M. Semet, l’auteur de GU B las et des Nuits d’Espagne. MM. E. Boulanger, Th. Labaire, Vogel, Jules Cohen, Potier, Hecquet, Deffès, Duprato , Léon Gastinel, Prosper Pascal, Eugène Prévost, E. Jonas, Caspers, Limnander, F. Godefroid, Vaucorbeil, Poise, E. Gautier, Th. Ritter, Léo Delibes, etc. , tous, donnant ou ayant donné, qui plus, qui moins, de belles espérances ;
HIPPOIYTE MOlîPOU.
fleurs qui promettent des fruits. Mais, nous le répétons, ce n’est pas un livre sur la musique contemporaine que nous avons eu l’intention d’écrire, et qui serait ainsi fort incomplet. Ce sont des souvenirs échelonnés dans notre mémoire que nous nous sommes plu à fixer sur ces pages, souvenirs
gais ou tristes, le plus souvent tristes, car en faisant l’appel des hommes de talent et de cœur que nous avons eu l’occasion de connaître de près, nous nous apercevons, hélas ! qu’il en manque beaucoup et que les vides sont fréquents.
Qu’il nous soit permis, par exemple, de consacrer quelques lignes à ce pauvre Monpou, qui nous a été enlevé avant le temps, comme Halévy, comme Adam, comme Donizetti, comme tant d’autres que nous avons nommés dans ce livre, au risque d’en faire un lugubre nécrologue.
^ C’était un talent très-original que celui de Monpou! Mélodiste aux rhythmes populaires, n’ayant pas fait de fortes études, manquant de science et cachant ce défaut sous les fleurs délicates de ses ravissantes inspirations. 11 a écrit des romances qui ont fait le tour- de la France, du monde peutêtre, entre autres le Voiie blanc, l’Andalouse et
HIPPOLYTE MONPOD.
Gastibelza. Qui de vous n’a pas fredonné ce refrain si populaire :
Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou T
Qui de vous n’a pas entendu chanter la fière guitare d’Alfred de Musset :
Avez-vous vu dans Barcelone?
Monpou, dont les romances, si courte que soit la vie d’une romance, ces roses musicales qui, comme les plus belles choses d’ici-bas, ont le pire destin en fait de longévité; — Monpou, dont les romances vivront encore longtemps, a laissé aussi des opéras,, dont quelques-uns renferment des morceaux de premier ordre. Les Deux Reines est le plus complet.
Adieu mon beau navire qui s’y trouve enchâssé comme un joyau de prix dans l’or le plus pur, eut, on s’en souvient le plus légitime succès. Il y a dans Lambert Simnel, dans la Chaste Suzanne, dans Piquillo, et môme dans la Perugina, qu’il fit exécuter, vers la fin de 1838, tant bien que mal, au théâtre de la Renaissance, des morceaux charmants et qui se chanteront longtemps.
Monpou est une physionomie, non pas au point
HIPPOLYTE MONPOÜ.
de vue physique, bien entendu, car le pauvre garçon était au moins aussi laid que son nom. Il a un cachet particulier, quelque chose à lui qui le fait distinguer de tout le monde, et qui est une des mille prérogatives du génie, — des mille, disons-nous, car malheureusement il en faut beaucoup pour constituer l’homme de génie. C’est en un mot une des rares individualités de notre époque. (Plus loin nous tâcherons d’expliquer cette épithète de rares dont nous avons fait précéder le mot individualité et nous essaierons de la justifier.) Ajoutons, avant de clore ces lignes sur Monpou, que notre pauvre ami chanta pour la dernière fois deux de ses mélodies. Exil et Retour et le Voile blanc, dans une soirée d’artistes , que nous avions donnée et à laquelle assistaient Donizetti, Castil Blaze, Zimmermann,' Niedermeyer, Habenech, Adam, Balzac, Halévy, Henri Heine, Gé- rard de Nerval... tous morts, hélas! aujourd’hui.
Quelques jours avant de mourir, il nous écrivait cette lettre si confiante, si naïve, si remplie d’espoir et d’avenir :
« Je travaille, mon ami, avec plus de courage depuis mon séjour en Bretagne. L’air vigoureux de ces contrées m’a donné un bon coup d’éperon. J’y ai puisé de nouvelles
HIPPOLYTE MONPOÜ.
iuspiratious ; j’ai brassé des petites pages mélodiques, dont vous me donnerez des nouvelles. J’irai vous les faire entendre, vous verrez que ma pauvre guenille vaut mieux que sa réputation. Je vous dirai aussi mes projets pour le théâtre ; je suis arrivé la tête pleine de châteaux en Bretagne. Quand on se porte bien et qu’on aspire le grand air de ce pays on se promet de vivre cent ans.
« A bientôt, et préparez-moi une bonne tasse de café en échange d’une petite page d’album que je vous apporterai. »
Hélas! il ne tint pas sa promesse, le pauvre Monpou ! il ne vint pas. La mort le frappa quand il s’y attendait le moins. 11 avait si bien commencé ! ()ui sait, encouragé, enhardi par le succès, il eût peut-être changé sinon réformé un peu noire genre d’opéra comique, qui depuis si longtemps se traîne dans l’ornière.
RÉFLEXIONS
RÉFLEXIONS
Oh oui ; on a pu le voir par cette espèce de lanterne magique que nous avons fait passer sous les yeux des lecteurs, tous les compositeurs que nous avons fait défiler devant eux, aux derniers chapitres, ont tous abordé l’opéra comique, ce genre essentiellement français ; ils l’ont tous fait avec talent, souvent avec succès. Est-ce à dire que le genre y ait gagné? Est-ce à dire que quelque grande individualité soit sortie de ce niveau général, un peu bas, il est vrai, mais commun à presque tous ceux qui se sont essayés au théâtre? Voici pourquoi nous disions tout à l’heure que les individualités étaient rares! Et en le disant nous restions encore au-dessous de la vérité. Qu’on nous cite, en effet, celle qui