CONCLUSION
Aujourd'hui, le premier devoir d'une Française est de naître en Angleterre, de parents écossais.
J'allais probablement revenir à Y Abîme, pour vous en esquisser les différentes péripéties, mais, devant le coup qui me frappe, je sens défaillir toute mon énergie : Néro est mort! La veille, il s'était
couché assez calme, après avoir congédié ses courtisans; car il faut vous dire qu'en France les courtisans ne sont pas fiers : quand ils ne peuvent pas approcher du maître, ils se lient avec le chien.
Rien ne faisait donc présager le terrible événement, quand, le matin, en lui apportant son café, les gens de la maison l'aperçurent couché sur son tapis, les jambes en l'air (je n'ose par dire les pattes) et roide comme la justice.
Je n'ai pas besoin de faire remarquer à notre patrie, déjà si éprouvée, la perte énorme qu'elle vient de faire, bien que , d'après la Constitution, Néro ne fût pas responsable.
Moi qui ne connais que de réputation 1 au* embaumé des cours, je n'ai jamais eu l'honneur d'obtenir la moindre audience de ce braque célèbre. J'ai appris à l'apprécier seulement par une lettre publiée il y a quelques années dans les journaux. Elle était écrite par le maréchal Vaillant lui-même , à un monsieur qui, comprenant que le chien avait pour unique spécialité de s'oublier sur le canapé l'hiver, et de devenir enragé l'été, avait simplement demandé dans une brochure qu'on les abattît tous, sans distinction d'âge ni de couleur.
Le maréchal Vaillant saisit alors la plume, grâce à laquelle il est entré à l'Institut, et adressa à cet adversaire déclaré, de la race canine une improvi-
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sation qui se terminait par cette phrase à la fois menaçante et plaintive :
— Alors, vous voulez tuer Néro ?
L'auteur de la brochure comprit qu'il jouait sa tête et se garda bien de répondre. Mais si la peur de l'échafaud ne l'avait pas paralysé, il eût certainement répliqué que Néro étant susceptible d'hyclrophobie comme ses confrères moins favorisés de la fortune, il n'y avait aucune raison plausible pour l'excepter du massacre;
Que le droit divin étant déjà difficilement accepté pour les hommes, il ne fallait pas songer à l'imposer pour les chiens.
Qu'au cas où sa proposition serait accueillie, un plébiscite pouvait seul sauver Néro, mais que réunir le^énat pour trancher cette question était chose extrêmement délicate.
Aujourd'hui que Néro n'est plus, et que la mort a jeté sur cette polémique son voile funèbre, j'aime à croire que ces pénibles dissensions ne se renouvelleront pas, à moins toutefois qu'un autre chien ne reprenne la suite des affaires politiques de Néro.
Quant à ce dernier, on affirme qu'il a été enterré dans le jardin réservé des Tuileries.
J'aurais mieux aimé le savoir inhumé à Saint- Denis, entre Turenne et Philippe-Auguste. 11 ne faut jamais iaire les choses à moitié.
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Néro qui meurt, le chien de Mlle Marie Rose qui file sans rien dire. Est-ce que la fidélité commencerait à s'ébranler ?
Il est question d'ouvrir une nouvelle voie plantée d'arbres. Elle porterait le nom de boulevard Néro.
La mère de l'empereur Théodoros n'était qu'une simple marchande de kousso. Seulement elle ne composait pas de romances,
Le chien de Mlîe Marie Roze se serait réfugié dans une maison, on ne sait laquelle, de la rue d'Enghien. On parle d'exproprier toute la rue afin d'avoir plus de facilité à le retrouver.
Mercredi 3 juin. — L'héritier présomptif du trône de Hollande refuse de payer trois cent mille francs souscrits pour l'achat d'un domaine qu'il prétend n'en valoir que cinquante mille. On lui demande naturellement au tribunal pourquoi il a acheté la propriété six fois sa valeur. Il répond que Sa Majesté son père lui refusant les sommes nécessaires à un héritier présomptif pour apprendre à connaître les hommes, les femmes et les cabinets
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particuliers avant de monter sur le trône, il en avait été réduit à s'adresser à quelques-unes de ces âmes généreuses qui s'évertuent à tirer d'embarras la jeunesse obérée, sans autre bénéfice qu'un intérêt d'à peine cent cinquante pour cent nar mois.
Je ne me permettrai pas le moindre reproche à l'égard du prince d'Orange. Il est jeune, il a derrière lui un papa très-riche et très-franc du collier (de six cent mille francs). Il vit dans un monde dont la partie féminine ne laisse pas échapper facilement un héritier, surtout quand il est présomptif. Il a parfaitement le droit de faire des dettes comme les autres, et comme les autres de ne les payer qu'à la dernière extrémité,
Seulement, puisque les fils de roi, quand ils sont gênés, emploient pour sortir de peine identiquement les mêmes moyens que le plus roturier des fils de marchands de draps, je voudrais qu'ils arrivassent à comprendre, une bonne fois, qu'ils sont des hommes comme vous et moi, et que, quand les complimenteurs officieux leur répètent qu'ils ont été marqués par la Providence de tous les signes du plus rare génie, ils répondissent à ces pleutres :
- Laissez-moi tranquille, Yous êtes des blagueurs.
Mais, hélas ! les choses ne se passent pas ainsi. Un homme, eût-il fait de sa vie un perpétuel carnaval de Venise, eût-il pendant vingt ans traîné derrière lui toute une basse-cour de cocottes, eûtil jeté par toutes les fenêtres de tous les restaurants des bouteilles de Champagne sur la tête des promeneurs, le jour où son tour est arrivé de monter, non plus les escaliers du café Anglais, mais les degrés du trône, on n'entend plus parler que de sa haute sagesse :
— Sire, vous examinerez dans votre haute sagesse s'il ne serait pas bon d'ajouter à l'impôt des portes et fenêtres celui des cheminées et même des calorifères. Sire, votre haute sagesse vous inspirera dans cette question, comme votre haute sagesse l'a toujours fait depuis que nous avons le bonheur de vivre sous la protection de votre haute sagesse.
Quand les peuples verront clairement que cettesubite haute sagesse, la veille au soir encore, était de la haute folie, ils consentiront peut-être à se demander s'il n'est pas plus qu'imprudent de se livrer pieds et poings liés à des personnages qui, d'une minute à l'autre, peuvent leur adresser des déclarations de ce genre :
— Avant mon élévation au trône, on me faisait payer trois cent mille francs ce qui en valait à
peine cinquante mille : je ne vois pas pourquoi je ne vous ferais pas à mon tour payer douze cents francs ce qui en vaut soixante-quinze.
Si encore l'ancien noceur devenu monarque conservait sur le trône son scepticisme d'autrefois; mais l'illustre Michelet me le disait un jour : « La possession du pouvoir royal mène fatalement à la démence ou à l'épilepsie. C'est pourquoi les maisons régnantes ont si souvent besoin d'être renouvelées. »
A peine lui a-t-on parlé de sa haute sagesse que le cabrioleur d'hier se prend tout à coup au sérieux, et, au bout de deux mois et demi, il ne ferait aucune difficulté d'envoyer sa sagesse à l'Exposition universelle, en priant qu'on la mît dans la même vitrine à côté de celle de Socrate.
Et comme, consciencieusement, il est impossible qu'on serve gratis à ses sujets une sagesse d'une aussi belle venue, il leur tient ce raisonnement après lequel il ne reste plus qu'à payer :
— Quand j'étais fou, mon père me donnait deux cent cinquante mille francs par an. Aujourd'hui que je suis sage, je ne crois pas exagérer en vous demandant quinze millions.
On annonce de Mlle Leininger, ex-artiste des
Folies-Dramatiques, un volume intitulé : Nos misères au théâtre.
Mlle Leininger est montée sur les planches à quinze ans, et, depuis lors, elle a toujours eu voiture. Que diable lui faut-il donc ?
Elle appelle probablement « misères » les petits désespoirs où se plonge une actrice quand on donne à sa camarade un rôle de trente-cinq lignes, quand le sien n'en a que trente-trois. Je sais, à n'en pas douter, qu'il y a en effet de grandes misères parmi les figurants qui viennent quelquefois représenter de riches seigneurs, sans avoir un pain de seigle à mettre sous la dent. Je n'ai pas oublié cette réponse d'un directeur féroce à un comparse qui lui demandait de quoi dîner :
— Mon cher, c'est impossible : vous n'êtes drôle que quand vous êtes à jeun.
Mais en dehors de ces dénûments où l'art n'a rien à voir, je crois que les misères que Mlle Leininger réunit en volume, ce sont surtout les auteurs qui les subissent. Il n'y a pas de représentation" d'un ouvrage important dont ils ne sortent hâves et défigurés : tantôt c'est une ingénue qui vous prend à part, après la lecture aux acteurs , pour vous dire :
— Vous me faites mourir à la fin. C'est bête comme tout. D'abord, moi, je ne sais pas mourir. Je me connais, j'éclaterais de rire en tombant sur
manière égorgée. Pourquoi ne changez-vous pas le dénoûment ?
Tantôt c'est une duègne qui trouve extraordinaire que vous ayez fait d'elle la mère de Mlle, Pierson au lieu de l'avoir simplement posée comme sa bellesœur, ce qui n'était rien à l'intérêt du drame.
Tantôt c'est une forte amoureuse qui vous fait sommation d'avoir à lui ajouter une scène de viol, où elle excelle, et qui déclare qu'à moins d'une scène de viol, elle refuse le rôle.
Voilà de vraies misères, qui priment de beaucoup celles de Mlle Leininger. Il faut quelquefois, pour éluder ces demandes et ces obsessions, plus d'imagination que pour écrire la pièce qui les provoque. Je me rappelle une jeune première qui, comme celle dont j'ai parlé plus haut, refusait obstinément de mourir au cinquième acte. Elle voulait un dénoûment gai. Ne sachant plus comment vaincre son obstination, les auteurs finirent par lui proposer d'appliquer à la pièce le suffrage universel.
Elle eut la gracieuseté d'y consentir, et, le soir de la première, on lui fit accroire que, pendant un entr'acte, on avait fait passer des urnes tant
dans les galeries que dans les fauteuils d'orchestre, et qu'à une forte majorité le public s'était prononcé pour un dénoûment triste.
Alors seulement elle se décida à mourir ; mais voyez un peu comme tout s'enchaîne : sans la révolution de Février, qui a aboli le suffrage restreint, la pièce était perdue.
On sait du reste que l'honnête Ducis avait inauguré, depuis longtemps déjà, le système des deux dénoûments. Afin de ménager les âmes sensibles, si nombreuses, à cette époque, il avait supposé dans son Othello de fantaisie, qu'au moment où Desdemone commençait à devenir violette sous la pression des ' oreillers, Yago entrait en criant
— Elle n'est pas coupable.
Il racontait alors que tout le crime de la jeune fille avait consisté à perdre son mouchoir, dont lui Yago s'était servi pour ourdir une odieuse machination.
Othello épousait Desdémone, et on faisait cadeau des oreillers à la concierge.
Le cinquième acte, tel que l'avait conçu Shakespeare, était généralement gardé pour Paris, et celui que nous venons de raconter était d'ordinaire dédié à la province. Si le système de suffrage universel tel que je l'expose ici peut sourire au directeur du théâtre de Bour^-en-Bresse. ie le
lui abandonne. Seulement que Mlle Leininger n'espère pas plus longtemps nous apitoyer sur ses misères.
Jeudi 4 juin. — Encore une lettre à laquelle il m'est difficile de répondre, et que cependant je ne me reconnais pas le droit de soustraire à mes lecteurs :
« Monsieur le Rédacteur,
« Vous qui avez la prétention d'éclairer les gens, vous seriez fort aimable de m'apprendre par quel miracle d'état civil l'ancien préfet des Bouchesdu-Rhône, aujourd'hui sénateur, peut s'appeler DE Maupas quand son père se nommait tout bonnement Maupas, sans aucune particule. Si M. de Maupas est noble, comment son père ne l' est-il pas? Si son père ne l'est pas, comment se fait-il que M. de Maupas le soit ?
« Agréez, etc.
« Un ami des lumières. »
Votre question, monsieur, a une importance considérable. Si, en effet, une dame se fait annoncer dans un salon sous le titre de vicomtesse de Tombouctou, et qu'elle se nomme Nichette
Picotin, elle tombe immédiatement sous le coup de la loi qui punit le port illégal des titres de noblesse.
Je ne fais, moi, ni vous non plus probablement, aucune différence entre M. Maupas tout court ou M. de Maupas légèrement allongé. Mais, lui, en fait une, évidemment, puisqu'il signe son « de » avec une énergie qu'il n'a pas toujours montrée dans des circonstances plus périlleuses.
J'ai donc pris des informations et en voici le résultat : Depuis longtemps, M. Maupas s' étant annexé le « de » nobiliaire, il n'y avait que deux façons de régulariser cette situation fausse : ou invoquer contre lui les lois existantes, ou légitimer son usurpation en l'autorisant à ajouter au nom honorable mais roturier de M. Maupas, son père, cette particule à laquelle le fils paraissait tenir presque autant qu'au bonheur de la France,
On choisit la seconde combinaison. Nul doute, monsieur, que, s'il se fût agi de vous ou de moi, on eût adopté la première, M. de Maupas, si mes renseignements sont exacts, a donc le droit d'orner sa signature de cette préposition dont un décret lui a conféré la jouissance. Quand M. de
Maupas comparaîtra devant l'impartiale postérité et qu'elle lui demandera :
— Qu'as-tu fait pour la grandeur de ta patrie ? il aura le 'droit de lui répondre en levant haut
la tête :
— Je n'avais pas de particule, je m'en suis payé une.
Et, j'en suis convaincu, la postérité, qui après tout n'est pas bête, se dira à elle-même :
— Au fait, il a eu raison. C'est la seule chose que les événements ne vous enlèvent pas.
Ce qui me surprend, c'est qu'en s'adjoiguant un « de, » M. de Maupas n'ait pas songé en même temps à s'adjoindre un titre. Il ne peut cependant ignorer que cette opération a admirablement réussi à M. de Persigny, qui est aujourd'hui duc légitime d'un comté dont, en pleine Chambre des pairs, on lui a reproché l'usurpation d'une façon bien humiliante.
Dimancge 7 juin. — La personne de la compagnie qui voudra hien m' apprendre pourquoi la, Lanterne a été saisie samedi soir dans les kiosques aura droit à un abonnement de trois mots à YElendarcl. Représentez-vous la tête d'un homme à qui on annonce tout à coup qu'il sera fusillé dans une demi-heure. Naturellement la victime demande quel est son crime.
— Vous allez être fusillé, lui répond d'un air fin le chef du jury ; mais nous ne voulons pas vous dire pourquoi.
On a essayé sur moi ce petit jeu de société qui comme vous voyez est extrêmement spirituel. À l'écarté c'est ce qu'on appelle vous mettre à « la
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devine. » J'ignore comment est intitulé en politique cet amusement des familles, mais il est d'autant plus de mise en ce moment que le ministre vient de déclarer solennellement dans son rapport aux préfets à propos de la loi sur la presse, que le gouvernement renonçait à son pouvoir discrétionnaire. C'est, en effet, sans la moindre discrétion qne les sergents, de ville ont enlevé la Lanterne aux marchands qui la vendaient.
De toutes les somnambules que j'ai consultées, pas une n'a pu deviner les motifs de 'cet acte enfantin. Il faut pourtant, mes bons maîtres, se montrer de temps en temps un peu logiques. Depui? quinze ans, vous n'avez pas prononcé un discours où vous n'invoquiez le vote universel. Quand M. Pouyer-Quertier vous représente que l'industrie est dans un état de délabrement à faire pitié à un Irlandais, vous lui répondez :
— Nous avons t eu huit millions de suffrages; montrez-nous en autant et nous consentirons à discuter.
Ces huit millions de suffrages constituent l'arrière-garde de votre argumentation. Quand un orateur du gouvernement sent couler bas ses démonstrations et qu'une voie d'eau s'est déclarée dans ses raisonnements, il s'écrie d'une voix claire ;
MES TREIZE PREMIERES LANTERNES iO
— A moi! mes huit millions de suffrages
Et aussitôt ces vieux grognards viennent se ranger l'arme au bras dans la bouche de l'orateur.
Il me semble que tout journal a également à lui ses suffrages, qui sont ses acheteurs. Vous qui vous appuyez sur le vote des populations, pourquoi donc, en fermant les kiosques aux journaux qui vous déplaisent, empêchez-vous ces mêmes populations de manifester leur manière de voir? Ce procédé jure terriblement avec votre principe. Vous semblez obéir à une voix intérieure qui vous répète :
— Ce journal se vend beaucoup trop; nous allons nous arranger pour que le public ne le trouve plus sur sa route.
Si vous comprenez de cette façon le suffrage universel, comment diable pratiqueriez- vous le suffrage restreint ?
Des personnes qui ont non-seulement des tenants, mais encore des aboutissants, m'ont assure que le plus farouche de mes crimes était d'avoir légèrement écorné, dans mon dernier numéro, l'antique noblesse de M. de Maupas et celle non moins antique de M. de Persigny. L'ambition de ces deux représentants de l'aristocratie française est, paraît-il, de marcher de pair avec les la Trémouille et les Rohan Chabot. Je ne puis empêcher
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ces prétentions, mais mon droit est de les signaler. Si j'ai menti en racontant qu'à propos du titre de vicomte qu'il s'était offert à lui-même, par un décret signé de sa main, M. de Persigny avait été fort malmené devant la Chambre des pairs, que cet ancien ministre, à qui nous devoos les élections de Paris, me fasse un procès en calomnie ; si j'ai dit la vérité, pourquoi me saisit-on dans les kiosques?
Mais quand la Lanterne serait encore plus saisie
qu'elle ne Ta été samedi passé, vous n'empêcherez
pas que M. de Persigny ne soit orné d'un titre
qui n'est pas sur son acte de naissance, et que sa
vicomte de fantaisie ne soit devenue un duché réel
que par un concours de circonstances imprévues.
Yous n'empêcherez pas non plus que ce haut
personnage, à qui je rends hommage comme duc
après en avoir beaucoup ri comme vicomte, n'ait
fait, dans l'affaire de Boulogne, devant la même
Cour des Pairs dont nous parlions plus haut, une
" réponse qu'il ne nous est pas permis d'oublier :