LA SŒUR-GRISE
Une autre femme Charme mon âme !
Dieu du doux art, Viens... sans délire, Dicte à ma lyre “La femme à part.”
Oh ! qu'elle est grande En son offrande
De tous les jours,
La femme pure
Qui de la bure
Fait ses atours:
La femme unique, Qui ne s'applique Qu'à plaire aux cieux ; La femme forte, :
Que sa foi porte
En tous les lieux ;
Lorsqu’au service De la milice
Des bons combats, Cette intrépide D'un œil limpide Voit le trépas ;
Lorsque, Sœur-Grise, Elle méprise
Monde, grandeur, Afin de vivre,
De Dieu seul ivre, Riche en candeur ;
Quand, aux rivages Lointains, sauvages De mille endroits,
Elle, faible être,
Va, comme un prêtre, !
Planter la croix !
L'ancien monde, Qui sur tout fronde, Est-il suspect D'hypocrisie ?
Il l'appréc'e
Avec respect.
Franc, sans intrigue, I] lui prodigue
Les noms si doux De mère, d'ange … Mais rien d’étrange ; Ils sont dus tous.
Dans la Crimée,
On l'a nommée Petite Sœur
Du pauvre, et Rome Ainsi la nomme Pour sa douceur,
Pour sa tendresse Dans la détresse Des malheureux.
RE
Pour le courage Que, dans l'orage, Elle a pour eux :
Pour sa vaillance À l’ambulance, Près du soldat Dont la colonne Charma Bellone Dans le combat ;
Pres du Zouave, Ni bon, si brave.
Qui voit la mort, Le cynégire… Comme, en navire, On voit le port!