‹ Mes vers [microforme]Chapitre 145 sur 155 · LE VENDREDI-SAINT · texte numérisé non relu

LE VENDREDI-SAINT

Debout au pied de la croix, à laquelle son Fils était suspendu, la Mère de douleur pleurait..

(ST. GR£coirk, dans le Srabar)

Debout, près de la croix ou le Sauveur du monde, Dans son horreur du mal et de l'Esprit immonde, Verse son sang divin, la Vierge aux Sept douleurs Pleure et gémit d'angoisse … Unissez, âmes saintes, Vos plaintes à ses plaintes Et vos pleurs à ses pleurs !

Elle voit, tout couvert de sang et de poussière, Son cher Fils insulté par la plèbe grossière Qui, devenant barbare en pratiquant l'affront, À souillé de crachats son auguste personne

Et scellé la couronne

D’épine dans son front!

Elle voit qu'un soldat perce avec violence

Le côté de Jésus du long fer de sa lance.

Elle voit qu'on abreuve enfin son bien-aimé

De vinaigre et de fiel..que tout son sang s’'épanche… Et que sa tête penche Quand fout est consommé !

Le Fils de l'Homme est mort ! De ses yeux une farme Eüt pourtant pu suflire à conjurer le charme Nous lequel l'univers tout entier gémissait ; Car déjà quand Jésus, prenant un corps, une âme, Naissait d'une humble femme, Tout le cie} fléchissait.

Jésus n'a point voulu se soustraire à la tombe ; Il a cherché la mort par laquelle il succombe ; Car il était écrit de toute éternité Que pour nous tous, pécheurs, il donnerait sa vie, Que la mort n’a ravie Qu’à son humanité.

Le Fils de l'Homme est mort, mais le Fils de Dieu règne, De cette vérité que tout esprit s’imprègne :

Jésus fut Homme et Dieu ; la beauté de sa loi, Nes prédications, sa vie et ses oracles, Ses généreux miracles Commandent notre foi.

L'Homme-Dieu—qui, partout, disait sa parabole, Rendait l’ouie aux sourds, aux muets la parole, Qui remettait la vie au corps putréfié Du seul fls de la veuve—a voulu, (quel mystère !) Pour racheter la terre, Mourir crucitié !

LA

Il à voulu souffrir pour nous l’ignominie Des verges, de la croix : sa tendresse infinie Pour l’homme sur l'horreur de la mort lemporta.… Et tout Jérusalem, comme saisi de rage, Lui prodiguant l'outrage, L'entraine au Golsotha !

Le Fils de l'Homme est mort !! Pour la réduire en cendre, Les anges vont sans doute en phalanges descendre Dans la folle cité... Ni tel est votre vœu, Ils vont, hélas! Seigneur, jeter dans les abimes Non peuple, pour ses crimes, Devenu sans aveu…

Muis le Seigneur n'a point pour ce peuple en démence, Qui ne sut ce qu'il fit, atfaibli sa clémence ; Il ne l’a condamné qu'à la dispersion… Et, laissé libre encor dans la foi qu'il professe, De cette époque, il cesse D'être une nation.

Est-ce là, doux Jésus, est-ce là le supplice Auquel vous condamnez vos bourreaux ? Leur calice De nectar est rempli, le vôtre fut affreux … L'amour dans votre cœur, n’eut donc point de limites ? Sur la croix vous gémites Et priäates pour eux !!

Debout, près de la croix où le Sauveur du monde, Dans son horreur du mal et de l'Esprit immonde, Versait son Sang divin, la Vierge aux Sept douleurs Pleure et gémit encore... Unissez, âmes saintes, Vos plaintes à ses plaintes Et vos pleurs à ses pleurs!

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