L'HERMAPHRODITE
Dans un pensionnat, une enfant de mérite, Rencontrant en lisant le mot hermaphrodite, Voulut sans retarder apprendre d'une sœur Le sens de ce grand mot au son plein de douceur … La sœur, au pied du mnr, se hasarde à répondre : —Ce mot, qui vient du gree, doit, je crois, correspondre Aux mots ni beau ni laïd, médiocre en beanté : Ce mot, quoique français, est presqu'inusité … L'enfant retint le mot ; et plns tard, dans le monde, Elle paya bien cher l'ignorance profonde Où l’on avait voulu la laisser sans raison.
À seize ans, grande et belle, elle enchante nn garçon ; (Bon parti s’il en fut) chez elle 11 se présente : Charmé de sa beauté, l'amant l'en complimente. L'enfant, en rougissant d’un si doux compliment, Se targuant de pouvoir répondre savamment, Se sert enfin du mot qu'on lui montra petite : —Je ne suis, tout au plus, monsieur, qu'hermaphrodite… Le jeune homme s'enfuit, assez chagrin d’abord ; Mais il se consola. La belle pleure encor.