EN HIVER
La saison t'est cruelle, Retraite qu'on appelle
: ‘“ Chemin des amoureux." Nous le verglas, la neige, À peine reconnais-je Tes méandres nombreux.
Dès que, petite route,
Le vent d'automne broute Tes verdoyants talus ; Dès que la feuille tombe, Triste comme une tombe, Tu ne nous charmes plus.
(4) Charmante promenade d'été, construite an cou de la colline où sont placés Les édifices du gouvernement. à Outaowais.
Quand loutre d'Hiver s'ouvre Et que la neige couvre
Le vallon, la cité ;
La frileuse hirondelle N'enfuit à tire-d’aile
Où regne encor l'Eté...
L'amoureux fait de mên.e Voyant ta face blème
Et ton front dégarni,
Aux derniers jours d'Automne, Un soir, il t'abandonne
Et fait ailleurs son nid.
Or donc, ma pauvre amie, Ta complète anémie Rend ton air effrayant.
Ta figure de glace
Fait déserter la place… Tu n'as rien d’attrayant.
De neige amoncelée Et par bancs rafalée, Tu formes des glacis Dont la pente s'incline Autant que la colline Où ton site est assis.
em
La neige n'a fait grace Qu'aux points de ta terrasse Exposés au grand vent.
C'est ainsi que Borée,
in jouant sa bourrée,
Sert quelque part d’auvent.
Neige, vent et bruine
N'ont fait qu'une ruine
De tes bosquets si beaux !
Ils ont brisé tes arbre.
Tes bancs semblent des marbres Couchés sur des tombeaux..…
Hélas! moi qui t'ai vue,
Naguëre encor, pourvue
D'un feuillage massé …
— Pourquoi pleuré-je ? En somme, Tout ce que touche l'homme Appartient au passé |
Quand l’outre d'Hiver s'ouvre Et que la neige couvre
Ton sol, tes grands talus ; C'est un linceul qui tombe, S'étend sur une tombe.
La tienne; tu n'es plus!