‹ Mes vers [microforme]Chapitre 85 sur 155 · PAUL ET ADÈLE · texte numérisé non relu

PAUL ET ADÈLE

Partir! Tu vas partir, Adèle.

Et, comme une amie infidele,

Tu me feras verser des pleurs !

Tu pars! Je suis pris de vertige.

Je crains de voir périr la tige

De mes espérances sans fleurs !

Hélas! espérances chéries,

Trop d'illusions sont péries

Déjà, depuis que vous souffrez….

Vivez, espoirs de ma jeunesse, / Vivez pour qu’un jour je connaisse Tout le bonheur que vous m'offrez.

Oui, vivez, douces espérances.

Vivez pour calmer les souffrances Dont mon cœur gémit chaque jour.

Pourquoi vous changez-vous en peine, Des qu’une courte absence entraine L'objet de mes rêves d'amour ?

C’est qu'elle est prompte dans sa fuite, C’est qu'elle s'écoule bien vite,

L'heure où deux cœurs savent s'aimer.

Cette heure est un torrent rapide

Que l'homme le plus intrépide

Ne peut arrêter ni calmer.

Cette heure est bien plus prompte, Adèle, Que cette légère hirondelle

Que l’on voit circuler dans Pair.

Rapide comme la pensée,

On la voit. puis elle est passée,

L'heure d'aimer ; c’est un éclair!

Hélas! tu pars, 6 ma chérie.

Je reste avec ma rêverie

Près de l’onde prompte à passer.

Nos deux cœurs sabreuvaient sans trève À ce torrent... mais fais-je un rêve ?

Le tien me semble Sen lasser,

Vois, mon âme de doute est pleine !

Aussi pourquoi fuis-tu ta plaine

Et ta chaumière et ton ruisseau ?

Pourquoi... pourquoi fuis-tu la plage Si belle de notre village,

Où nos amours ont leur berceau ?

Adele partit décidée.

Mais sans dire à Paul son idée.

Un mois plus tard, le malheureux Reçut d'nn messager fidèle

Ces quelques mots signés *“ Adele” —Je viens de prononcer mes vœux.

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