BONSOIR, MADEMOISELLE NICOTINE
— Mon cher, connaissez-yous monrieur CSient?
— Hum î... non.
— Oui, c'est vrai. Son nom ne doit tous rappeler rien de particulier.
— En effet! Je l'ai peut-être vu souvent, néanmoins.
— - Parblen I mais je m'attendais à votre réponse.
— Et qnel est ce monsieur Client?
— C'est nn type parisien, bien parisien. Un fntit^ mûr du reste, de la capitale. H fimt qne je vous le fiisse tonoher... de TcsiL
— Soit..
— D'ailleurs, mon cher, quand je vous aurai sommairement décrit ce personnage, je suis persuadé que vous vous écrierez : € — Mais je ne connais que ça I Monsieur Client? Parbleu, ouil J'y suis maintenant : je le vois tous les soirs. »
— Allons, dites I
— Monsieur Client, mon cher, c'est ce monsieur — son portrait physique viendra tout à l'heure — qu'on rencontre toujours, le soir, dans les bureaux de tabac, en train de causer avec la sirène du comptoir.
— Ahibon!
— * Oui, c'est ce monsieur qui, par les channes de sa conversation, conversation dont le commencement et la fin restent un mystère pour l'acheteur de cigares, empêche la dame en question de rendre la monnaie qu'on lui réclame avec impatience. I — C'est cela ! Et qui pose justement son chapeau, son mouchoir, ou le paquet qu'il porte, sur la boite où vous avez l'intention de prendre le cigare de vos rêves.
— Vous l'avez dît. Mais voici le tableau. Je veux le faire ab ovo.
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— AUezI
— Eh bien, yoîci. Sept heures viennent de sonner. Le passage des Tapiocas est rempli de promeneurs, de gens qui digèrent, bayant aux petites corneilles qui abattent... des lonis.
Une excellente odeur de bon londrès, à laquelle 86 mêle le parfum du chocolat et du cuir de Russie contenus dans les boutiques, flotte dans l'atmosphère tiède. Un doux murmure de voix, un incessant frottement de pieds, et les sons larmoyants d'un harmoni" flûte étemellem^it désolé, s'élèvent dans l'air.
Les vitrines étincellent.
CTest l'heure où le père de famille, suivi de son troupeau, examine les élégants bibelots et lorgne, en dépit de sa femme , les dames qui passent, légères et court vêtues, comme la Perrette de la Fontaine, mais ne portant aucun pot au lait. C'est un pot aux roses, sans doute, qu'elles renversent, après mille beaux rêves, en rentrant chez elles. Passons.
Gras, ventru sous un pantalon de couleur claire, dodu sous des habits amples, monsieur Client, qui vient de dîner longuement dans un excellent petit endroit, où l'on fait la cuisine conmie chez des anges (c'est là son expression textuelle); monsieur Client, dis-je, rose, plus que rose même, la lèvre encore humide, l'oreille semblable aux pétales du coquelicot, fend la presse — comme on disait jadis — en fredonnant quelque refrain appris au théfttro voisin.
8d MK5DAMBS LB8 PARISI£NNS8.
Malgré la blancheur de ses favoris et de ses cheveux, dont le gros est tombé un peu aux quatre vents y monsieur Client ruisselle de santé*
D'un pied sûr, nerveux encore j grftoe à vax traite^ ment vinothérapique ^ bourguignon bien entendu, monsieur Client entre dans le débit de tabac qn'H affectionne avec un éclair dans Tœil et du soorire plein la moustache.
«-- Bonsoir, Mademoiselle Nicotine, 8'écrie<'t*il d'un ton joyeux, en fidsant sonner sa canne sur le parquet
A cet aspect, en entendant cette voix bien connue, au bruit de cette canne amicale, du fond d'une arrière-boutique bizarre, où l'on entrevoit vaguement les reliefs d'un repas où l'ambroisie et le nectar n'entrent pas comme élément^s ordinaires, s'élance une vieille jeune personne, en toilette pimpante.
Tout en s'essujant les lèvres à grand renfort de serviette, elle tend la main potelée et douce qui lui reste libre à ce bon monsieur Clienti doat te bedon tressaille.
On se met à causer.
<-^ Et mon petit paquet, méchante? grimace mon** sieur Client,
-— Ah I Monsieur, minaude la vieille jeune personne, nous l'avons préparé ce matin. Des cigares do roi I On a retourné tontes les bottes pour vcusl H est prêt, votre paquet,
— Et le cœur? insinue h voix basse monsieur
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CKent, en clignant de l*œil, iout en contînaant de palper les doigts grassomtlets de mademoiselle Nicotine.
— Ah! tonjonrs le même, répond Ten&nt trèsarancée, avec des aire conftis...
En ce moment entre nn chaland. Pendant qne ce fâcheux {fkchexsx est le mot de M. Olient) choisit, paye et aUnme son cigai*e, le panvre monsienr Client feint d'examiner les boîtes rangées snr les rajrons. Un porte-cigare scnlpté Toccupe tont particulièrement.
Le chaland sort. Dieu soit lonél Mademoiselle Nicotine y qui voudrait bien achever son festin, déjà trop refix)idi, hélas I reprend, malgré elle, la conversation interrompue.
Mais, entrée d'un nouvel acheteur I Monsieur Client, ennuyé, va se mettre, muet et grincheux, à côté du serpent ignivore qui pendille, dans Un coin, sa langue de feu au vent.
Ce petit manège se renouvelle de deux minutes en deux minutes. Monsieur Client tient bon. Mademoiselle Nicotine, pauvre roseau I pHe et ne rompt pas d'une semelle. Son dîner se meurt.
Cette visite quotidienne de monsîettr Client dure, en moyenne, une bonne heure tous les soirs. C'est le dessert de son repas. D sait bien que mademoiselle Nicotine ne lui accordera jamais ses faveurs, ^- des conserves 1 — mais cette cour d'amour l'aide à digérer. Je le pense, du moins.
Paayre monsîear Client I intéressante mademoiselle Nicotine I Pourtant Tètre que je plains le plus dans tout cela, c^est le client sérienx, l'achetear vulgaire, qne la présence continnelle de monsieur Client dans la boutique de mademoiselle Nicotine agaoe souverainement et retarde dans sa course.
Car, je vous l'ai dit, distraite par les accents de monsieur Client, la chère Nicotine rend la monnaie des pièces à tort et à travers, et, lorsqu'on n'a pris qu'un londrèSy s'empresse — naïve créature I — de vous en compter cinq ou six!
FLAMBÉES DÉQUINOXE
Suivi de son valet de chambre, le nommé Javelot (Charles), qui trouve très- étrange, inconvenant même, que son maître ne prenne pas une voiture et lui fasse porter un sac de nuit depuis la gare de l'Ouest (R. D.) jusqu'à la rue de l'Arcade, 22, M. de Boisd'Enghien descend la rue d'Amsterdam en compagnie d'un ami quelconque qu'il a rencontré au sortir du wagon, sur le quai.
M. de Bois-d'Enghien arrive de Ville-d'Avray. H vient de passer trois jours dans cette bourgade fleurie,
UESDAMSS LBS PARISIENNES. 85
en reyenant de Dieppe^ où il avait été supporter les chaleurs pendant tout le mois dernier^ et qu'il a quitté brosquement.
M. de Bois-d'Enghien n'avait donc &it que prendre langue à Paris^ il 7 a soixante-douze heures: aussi, en remettant le pied sur les trottoirs de la bomie ville, il s'empresse, profitant de la présence de son ami... quelconque, de lui demander des nouvelles de celui-ci et des détails sur celles-là.
L'ami quelconque, enchanté de l'occasion, publie oralement sa petite gazette mondaine dans l'oreille de oe cher Bois-d'Enghien, tout le long de la me d'Amsterdam.
M. de Bois-d'Enghien remercie vivement l'orateur, et, au grand désespoir du nonmié Javelot (Charles), stationne quelques minutes encore sur un des refuges qui ornent la place du Havre, toujours en compagnie dadit ami quelconque.
Enfin, on se quitte. Mais, an moment de laisser retomber la main qu'il détient dans la sienne, M. de Bois-d'Enghien s'écrie :
c A propos! que devient Des Renardeaux? »
L'ami quelconque prend un air triste, et répond :
c Vous ne saviez donc pas ce qui est arrivé?
— Non, repart de Bois-d'Enghien... il était si bien portant quand...
— Eh bien, oui, mon cher ami... mais... »
L'ami quelconque, en prononçant ce a mais, 2> prend
86 teB8I>AM«8 LÉS PAKItflËNNSd.
une physionomie plus lugubre encore, et, se penchant dans le cou de Bois-d'Enhgien, il lui dit :
— * Des Benardeaux est marié I...
— Ahl mon Dieul gémit de Bois-d^Enghien. Pois, entrant immédiatement an cœur de la mau-' yaise plaisanterie fidte par Tami quelconque, il ajouta avec intérêt et d'un accent pénétré :
€ Eta-t-il bien souffert?... 9
Sur ce mot, qui les charme, les deux amis se sépa^ rent. Chacun tire de son o6té. Le Fylade quelconque enfile la rue BaintrLazare. De Bois^l'Snghieii^ r^ reur, se dirige yers la rue de l'Arcade.
Le nommé Javelot (Charles) le suit incontinent* Un sourire de satisfiiction brille sur le visage de ce jeune et malheureux serviteur.
On arrive bientôt an numéro 22 de la me de VAx^ cade.
Cinq heures (soir) sonnent à tontes les pendules.
€ Monsieur Charles, il y a ici une lettre pour mon-
sieur, dît le concierge. Elle est arrivée avant-4iier«
jDomme je savais que vous alUez revenir aujourd'hui,
je ne Paî point renvoyée à Ville-d'Avray. La voici.
€ '— Tiens, ça vient de Dieppe, murmure le nommé Javelot en montant l'escalier, l'obil rivé sur les timbres qui émaillent la lettre. Ça doit être de ce monsieur Sabreux que nous avons laissé là-bas... Oui, ça doit être ça... »
Le fidèle domestique, désespérant d'en savoir plus
long, se décide enfin à remettre la lettre es mains de son maître y qu'il tronve en train de demander à grands oris aux échos de son cabinet de toilette où ce misérable Charles a bien pu fourrer les ftcceasoirea ie son laTabo.
Délaissant le plateaa tare qni supportait la missive dieppoise, Jayelot (Charles) se bftie d'entrer en fonctionsy et oomble son maitre de mille attentions,., bien payées.
Bottine de frais, lavéi coiffSé, parfoméi prêt à &ire BOQ entrée, en costume convenable, au célèbre Dinei dn Kamtchatka (où le caviar est exquis I), M. de Boi»^'Enghien ouvre la lettre que lui présente gra* eieusement M. Javelot (Charles),
<t Sabreux m'écrit? diable! murmure M* de Boisd'Enghien... Que me veut-il?,., voyons?... :»
Tandis que Charles, l'air sévère, tient k la main le ehapeau et le stick de son maitre, stick qui jouit àpeu chose de près des dimensions d'un b&ton de sucre de pomme, M. de Bois-d'Enghien parcourt rapidement les quatre pages serrées qu'on lui lance à brùle*veston.
Enfin, il dit ces mots, que Javelot éoout^ avec douleur :
c Babreuxme demande des conseils?... Jolie corvée!... Conune si j'étais un médecin consultant, de deox à quatre I... Et tout de suite encore! *-* Ah! mais non! mon ami Sabreux!.., Ah! mais non! pas tout de suite... et après diner les afiSùres frivoles I..,
D'aîUenw, sa lettre a trois jours de date... — Ainsi, que je réponde à l'instant on ce soir, cela ne changera rien à ce qni peut-être a été fidt depuis ce temps-là. Donc, à ce soir.
I — Hélas t soupire le nommé Jayelot (Charles), moi qui croyais être libre tout à l'heure I...
Et il tend néanmoins à son maître le bdion de jeunesse que tous sayez, ainsi que le chapeau reluisant comme une giberne neuve...
Charles, dit M. de Bois-d'Enghien, tapotant ayeo la paume de sa main gauche sa chevelure crespelée ; Charles, mon garçon, vous me ferez le plaisir d'aller vous promener ce soir... Je n'aurai besoin de youb que très-tard... j'ai à écrire. Vous entendez, tous êtes libre... jusqu'à minuit au moins.
— Monsieur est bien bon, répond Javelot, aTOc la graTe satisfitction d'un domestique bien stylé. Et des horizons de parties de bézigue mterminables, chez un marchand de Tin où il y a des trompée de chaase, s'ouTrent doTant ses yeux raTÎs.
' M. de Bois-d'Enghien s'éloigne enfin dans la direction du Dîner du Kamtchatka (où le caTiar est parfidtl). n arpente les boulcTards d'un pas de célibataire, jeune, bien portant, et joli garçon, en regardant les Petits-Chaperons-rouges dû quartier Bréda, qui s'en Tont chez leur mère-grand, ou ailleurs, bayant aux sourires, et cherchant le loup qui doit les dévorer.
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Trois heures après, M. de Bois-d'Snghîen revenait à son petit entre-sol de la me de TArcade, et disait en lorgnant de nouveau les Chaperons-rouges ci-dessus décrits:
€ Maintenant il s'agit de répondre à Sabreux. 6e pauvre garçoni je Tai planté là, ainsi que ces dames, d'une fiiç<m un peu brusque, mais il le &llaitl Merci ! je connais mon affidre. Quinze jcmrs de plus à Dieppe, et l'on aurait pu dire de moi ce que nous avons pensé de Des Benardeaux cette après-midi. C'est égal, maint^iant que j'ai retiré encore une fois mon épingle du jeu, il serait honnête d'avertir Sabreux. Sabreux ne connaît pas l'effet des Flambées déquù noxe^ le malheureux I Ce cher ami !... je vais lui écrire de ma meilleure encre. ]>
En effet, quelques instants plus tard, M. de Boisd'Enghien s'installait, chez lui, devaût un tas de papier à lettres, et griffonnait quelques conseils à l'adresse de son ami Sabreux, touriste à Dieppe.
Nous pouvons lire par-dessus son épaule. Cette indiscrétion ne sera peut-être pas sans charme. H est bon d'ailleurs de s'instruire à tout &ge.
Voici ce qu'écrivait M. de Bois-d'Enghien, retour des bains de mer, à ce mystérieux Sabreux, déjà nommé :
« Mon bon Sabreux, je vais procéder par ordre, et c répondre à tes questions en les prenant l'une après c l'autre, entre le pouce et l'index de mon intelli-
€ gence. D'abord, à propos de mon oncle, je puis c t'affinner qnele cher vieillard ne s'est jamais mieux c porte. Mon onde est tonjonrs à rextrémité.,., itiix <L environs de l'éqninoxe. Sa maladie est le prétexte, € trouvé par Javelot, pour me servir d'exonse toutes € les fois qne je venx m'en aller à tont prix d'un ei>-
< droit où je me trouve trop bien, ou trop mal : o'eat € l'aflBure d'un télégramme.
€ Je désirais, avant les Flambées déquinoxe Q^ € t'expliquerai tout à l'heure ce que j'entends parées * c mots), quitter mesdames de Ohamberlayne ; je me € suis donc fSut mettre — par Javelot — dans la € triste nécessité de courir au chevet de mon onole, 4[ qui se porte conmie toi et moi, je te lerépète«
<L Mesdames de Ohamberlayne et toi vous aves € donné dans ce vieux pont, avec une candeur qui
< fait l'éloge de votre sincérité ; et je suis p%rti, te € laissant à leurs pieds, seul.
n Ne le nie pas. C'est à leurs pieds que tu es resté. € J'en suis certain. Inutile de rougir pour cda*
€ D'ailjeurs, ta lettre, au sujet de ces dames, que n dis-je? à propos particulièrement de mademoiselle € de Ohamberlayne, contient des phrases qui me ^ donnent tout à fidt raison. Et lorsque je dis que tu es <si sur le bord du précipice conjugal, je crois ne pas me « tromper.
€ Oh I frère en célibat, crains les Flambées déqui^ <L noxel
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c C'est pour me fionstrairey ainsi que je le fais € depuis cinq ans, à lenr désastreuse influence, que c je t'ai abandonné à Dieppe, il j aora une semaine c demain.
< Ahl les Fi^Â^cT^^mnoât^, c'est diarmantl... c mab c'est bien traître anssi.
c Et mesdames de Chamberlajne le savent bien, c les rasées oréataresl
< Elles les attendent, ces flambées d'automne, pré- € fitœ des solides fenx dlÛTcr, avec une impatience c légitime, mais dépourme d'innocence.
c Cela se comprend du reste c mademoiselle àt € Chamberlayne a vingt-quatre ans! Sa fortune est € médiocre. EDe est, il est vrai, la reine des salons et ( la fée des... grèves ; mais, si les adulations pru- € dentés ne lui manquent pas, un mari, -^^ ce moin-
< dre grain de milj -^ ferait bien mieux son aflaire.
€ Or, tous les ans, à la fin de la saison des cabines,
< meedamesde Ohamberlayne, mère et flUe, essayent
< sur les rares baigneurs qui prolongent leur séjour à « Dieppe l'eflet des premières Flambées déquinoxe.
€ Cet effet, je vais te le faire toucher du bout du c doigt^ si j'ose ainsi parler : *— Le thé&tre repré- € sente le salon de .mesdames de Ohamberiayne. S
< eût nuii Le vent de mer souffle, très^ftuis, au
< dehors. On entend, à la cantonade, le bruit lointain c de la marée. Le thé ftime dans les tasses. Mesdames € de Chamberlayne travaillent à de vrais ouvrages de
<( Bunille, comme des personnes natarelles. Enfin, la
< oheminëei négligée pendant tout l'été, se tronve c pourvue d'un feu clair et pétillant. Ce détail est
< très-important dans le décor.
< Ce feu clair et brillant, ô mon tendre Sabreux, <K c'est la Flambée déquinoxe.
<c C'est lui, ce diable de feu, pendant que l'on feuil-
< lette un album, en regardant du coin de l'œil les € beaux cils noirs de mademoiselle de Chamberlayne, a (jui TOUS met un tas d'idées très-vertneuses, très- € honnêtes, très-douces dans le cœur, et vous prie € gentiment de donner votre démission de célibar c taire. Un flot, un mascaret de désirs purs, vous € gonfle et vous attendrit.
c On pense à l'hiver qui vient dans la nature. On c se dit aussi qu'il neigera bientôt dans l'ftme. On c songe à son appartement de garçon, si vide, si froid,
< si sohtaire en décembre, quand on revient du bon- <t levard. On rêve qu'il serait charmant d'y voir trai-
< ner sur les tapis un petit cheval de bois sans tête
< ou des poupées privées de jambes. Une chère € femme, bonne comme tout, et douce, et gaie, et c spirituelle, ferait bien également dans cet apparte- € ment désert, entourée de petits drôles joufiius, frais c comme des fleurs I... Oh! les petits enfiuits qu'on € mène aux Tuileries I
« La tiède chaleur des Flambées (Téquinoxe cîr^ c cule dans vos veines. L'odeur du thé vous grise,
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€ on ne sait pourquoi ni comment, et tout à coup une c petite voix s'élève dans votre cœnr^ qui mnnnnre :
c Si ta demandais la main de mademoiselle de € Cbamherlajne?
€ — Oui, mon bon Sabrenx, voilà l'effel^ sommaic remoit décrit, des Flambées d'équinoxe. Je Tai c eprouTé souvent, ce désir calme et réconfortant € d^nne autre vie, à l'approche de l'automne. Mais c Gircë ne m'a jamais vaincu. Javelot a toujours été ( la, comme im ange en livrée, pour m'arracher au € foyer tentateur. Je suis la Salamandre des feux € d'automne!
€ — Sabreux, Sabreux I crains les Flambées déquU
c Sur ce cri suprême, je clos ma lettre infiniment < trop longue, et je te serre la main avec force.
€ Ton invulnérable,
€ P. DE B0I8-d'ENGHIEK. :»
C P.-5. — Des Benardeaux s'est marié I Patatral9
Huit jours après l'envoi de cette lettre remplie de si excellents avis, M. de Bois-d'Enghien recevait la réponse suivante :
€ — Cher Bois-d'Enghien : Les conseils sont arrîc vés comme une moutarde amicale après la char- € trense. Les Flambées déquinoxe ont eu raison de € moi. Que veux-tu? je suis si frileux I Cet hiver|
M HBSBAMBS LB8 PAKISIBNNIiS.
« j'imiterai de Des Renardeaux la conduite, intellia. gente après tout. J'adore mademoiselle de Cham- € berlayoe. Sa mère m'appelle déjà Anatole tout <L court...
€ Je suis au comble du bonheur 1 1
€ Anat. Sabrbux. ]»
< -p^ Aïe I s'écria M. de Bois-d'Enghien. Quel naufrage! c'est le cas de dire comme les marins : Encore un homme à la... belle-mère I J>