‹ Mesdames les ParisiennesChapitre 26 sur 74 · PERSONNAGES · texte numérisé non relu

PERSONNAGES

Faubt PitUcrtviyàgédêvingt'iroitderhy,

Mabguxbitb. Grande demoiselle , dix-huit saisons &

Trouville.

MBPHisTOPiiiLiss. . . . Semteor fidèle. Six mille ans. MARTHg Gouvernante anglaise. Age (?).

PBEMIER TABLEAU Le parvis de la cathédrale.

■ÉPHiSTOPHiîLfcs , en livrée de valet de pted, vn cigare «mx lèvres^ se tient à la tète des chevaux de la voiture de mademoiselle Mar^ guérite de X. le cocher dort sur son eiége. Des cloches lintene dans le lointain. Bourgeois , seigneurs et manants,

— Décidément je crois avoir fait un marché de dnpe, si j'en crois les discours des cloclies ironiques, qui font : Din don! din don !... C'est agaçante Pour une vieiUe &me tout usée, rapiécée, j'ai donné jeunesse, beauté et fortune à ce vieux notaire de Faust que j'ai rencontré toussant et crachant, il y a trois mois, à Monaco, où l'on chasse et déchasse. J'avais renoncé aux affaires après la mort de M, Jean Wolfgang Gœihe. J'avais bien foit. Oui , mais l'âme de mademoiselle Marguerite de X. m'a tenté. Et ma foi, pour l'emporter là-bas toute frétillante, j'avab be-

soin de Faust: le désir éternellement renaissant devait Taincre encore nne fois Tétemelle pudeur.

Donc j'ai bien fsdt les choses. Et voilà mons Faust en bonne passel Abl damel U n'y va pas de mainmorte avec mes petits bienfaits! Depuis huit jours qu'il poursuit mademoiselle Marguerite^ aux ventes de charité, aux bals pomr les orphelins, aux sermons de carême, il m'a dépensé un argent énorme. < Un pa- « reil f&uvous tirerait en feu d'artifice le soleil^ la € lune et les étoUes^ pour peu que cela pût divertir c sa beUel »

— Din dont din dont Absurdes cloches! Ma foi, si je rate mon coup de filet, mon joli coup double, si je reviens bredouille, je me fais sérieusement ermite! A notre époque, ce sera original. Ou bien, -^ tiens, pas bête, ridée ! — je me ferai zouave pontifical.

Ah çàl mais ce sermon n'en finit pas. Parla porte entie-bâillée m'arrivent des lambeaux sonores du discours de M. l'abbé X... C'est très-beau!

Becueillons ces pétales des fleurs de la rhétorique ecclésiastique... (Jl rallume son cigare^ qui s'est éteint pendant ce long monologue.)

• DEUXIÈME TABLEAU Dans la nef;

{Exclusivement réservée aux hommes, ( Voir Vaffiche,)

FAUST f galamment vêtu» Coiffé par un perruquier illustre , chaussé par un PoUmais de génie ^ ganté par le Praxitèle du chevreau ^ù

198 MBSDAHSS LBS rARIStBNNSS.

trûh boutom^ iUt voui pittîi^ $è dandiné sur sa ektdMê, U stick aux dents, U regarde obstinément ^ non pas le père X..., qui se démène dans la chaire , mais une tête de jeune fille , à côté d'un pilier, Jolie tête rêveuse, charmante dans la pénomkre qnà remplit UhascâUde Véglue, ( U murmu;ré : )

•^ Par le eiel^ cette enfant est belle; de ma rte, je n*ai rien vu de pareil: Pair si convenable et si modeste^ et avec cela quelque chose de piquant! Le rouge de ses lèvres/ t éclat de ser joues t Non^ de mes jours, je ne les oublierai. La façon dont elle baisse les yeux s'est gravée à fond dans mon coeur. Et cette jupe courte! d'/ionneur, c'est à ravir!

— Jnpe courte est parfkît! 0 Gœthe, ô poëte géant ! Le court est à la mode. Plus de longueurs I — Mais, tudieu I Marguerite est plus adorable esicore aujourd'hui qu'hier. Pourru que cet imbécile de Mépbisto n'ait pas oublié de glisser dans son livre de messe le billet doux qu'un journaliste de mes amis me composa ce matin, à cinq francs la ligne, du reste I

La chère enfant I elle n'ose lever les yeux. Parmi les jeunes cotilbmneuses de cet hirer, certes, malgré son minois, c'est bien la plus pitre créature que le macadam ait portée jamais. Mondaine, oui, mais vertueuse en diable. Qui l'eût cru? Âht si nous étions à Trouville ou à Biarritz, le soir, dans les sables I...

— Cet abbé entasse les arguments les plus inouïs que j'aie encore pesés jusqu'ici... Je suis sûr que Marguerite n'en entend point un saint moi EUe lelit

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mon biQet -^ sans doute, penclant que misa Marthe songe à la jolie somme qu'on lui promet, à la petite maison de Tareaue Ingres, & ce qu'elle doit fiure de^

ain...

0 Mëphisto, que je te remercie l

TROISIÈME TABLEAU Dana le baa»oôtô, prôs du pilier.

HAOEBOiSELLB MABGiTEMTB , miêe Cûmmê ii elle ûllaH jouer tm Gfmmue , dans une pUee de notre grand poète Gondinet , eareue domeememt de êa petite maiti te d09 armmi4 4^ »on livre de priém tes. Elle pense :

Je donnerais bien quelque chose pour savoir quel est ce monsieur; il a à coup sûr très^bonne mme^ et doit être de noble maison : cela se lit sur son visage, autrement il n^eût pas été si entreprenant. Quelle odeur de renfermé! On étouffe ici, et cependant il fie fait pas si chaud dehors. Je suis toute je ne sais comment. Je voudrais que ma mère fût là. — Je n*ai plus de mère! — Un fris^ son me court partout le corps, folle et craintive femme que je suis !

Notre Ptre, qiU ttee atUQ cieU9 % etc.

Je sens que ce monsieur me regarde. Oui, j'en B11I0 certaine... H ne demande qu'un mot de réponse... en présence de Marthe... demain... demain.

Que dit cet abbé?... Bien qui aille jusqu'à mon

cœur, doux et peureux comme un en&nt malade. Il parle à des hommes. La politique, le socialisme divin, le supranaturalisme... Mon Dieu, faites qu'il parle à mon âme... Je ne sais que prier, moi...

MISS MARTHE, à part.

Bas any thing been brought for me? — Ouï, a-t-on quelque cadeau pour moi? — Demain, avenue Ingres... et tant d'argent 1... c'est peut-être un mariage, qui sait? à la mode anglaise.

QUATRIÈME TABLEAU Le parvis de la cathédrale.

FAUST s*arrête sur le trottoir^ derrière la voiture où montent made^ moiselle Marguerite et miu Marthe; il attend j calme, poursuivi par un petit Italien qui demande la charité. Méphieto ferme la portière de la voiture, ramasse les pane de sa redingote, et, avant de monter sur le siège, s'approche de Faust :

— Tout va bien, cher maître.

— Demain ?

— Marthe vient de me l'assurer...

— Bon.

— Adieu, cher maître 1... touche, Jean !

— Serpent! serpent!

MtiPHiflTO, à part,

— Pourvu que je vous enlace!

La foule sort de Véglise. Les cloches sonnent. On naend crier s Le Molltear du soirl voilà le Petit Holiteur!

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