LES PETITS CADEAUX
On dit que les petits dadeaux entretiennent Fainîtié.
Voici, d'après mon expérience personnelle, com-
ment il feut interpréter ce proverbe, quand il s'ag de cadeaux offerts à une « amie J> :
' — Les petits cadeanx entretiennent Tamitié d*ui femme — pour ses connaissances dn même sexe.
Je m'expliqne :
Vous n'êtes pas, cher monsieur, sans avoir ei tendu gazouiUer, le matin, entre les quatre murs c votre chambre à dormir, oe beau petit oiseau folâti que l'on nomme une maîtresse. Les tribunaux disen une concubine.
Ce cher petit oiseau a deux immenses avantage sur ses collègues des bois et des rues. D'abord, il e) toujours à peu près apprivoisé ; ensuite il n'est jama si charmant que lorsqu'il est en mtie, je veux dii quand il perd ses plumes de soie, de mousseline et d toile.
Eh bien, n'avez-vous pas remarqué, au mcHnent o vous offrez un présent quelconque à ce ravissant pet bec, que oe cher petit bec éprouve instantanément '. désir impérieux d'aller faire voir ce qu'elle a reçu ses meilleures amies? Hein ?
Lnmédiatement, si le cadeau est un châle, des bo tines d'un prix fou, un chapeau inouï, ou une rot d'un luxe efiréné, la dame vous dit, dans un baiseï
— € Mon chat. Je suis heureuse! Aht... mais.. Tiens, je vais aller voir cette pauvre Louise ; il y bien longtemps que je ne l'ai vue. Elle est peut-êU malade? Ji
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Bassorez-Toas, mon cher monsieur, Louise n'est pas malade, mais votre € amie ^ espère bien troabler sa santé et la rendre jalouse, en lui montrant les résolbits de votre munificence*
En entre, votre € amie » se propose de jGûre ëcnmer de lagOy sar les boulevards et dans les rues qu'elle smvia, tontes les * femmes qui la rencontreront.
n pent arriver, il arrive souvent même, que la dame de vos pensées, pensées faciles à suivre, même en voyage, du reste, ne témoigne rien devant vous de ses desseins secrets, innocemment conçus d'ail- Jeura.
Hais soyez certain que, pour une cause ou pour une autre, votre épouse morganatique fera une promenade dans le oonrant de k journée.
Ce besoin d'étaler aux regards des passants, et surtout aux yeux d'une amie intime, le nouveau grelot qn*on attache à son collier, est des plus respectables chez la femme.
Qoand les poëtes ont poli un sonnet^ ils vont le réciter dans tons les coins littéraires,
mh bien, les dames vont lire leur toilette, ces poèmes où la fonne est tout, dans les endroits de Paris adoptés par la mode.
Et ce jour-là, leur gr&ce est sans égale, le sentiment du triomphe allume dans les yeux des feux électriques ; elles ne marchent i)as : elles voltigent.
Elles ont l'intuition tout à coup du moyen de
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mettre en relief, de façon à ravir les myopes et les presbytes en même temps^ les avantages mystérieux de leur natnre civilisée*
' Les robes deviennent de verre. Les sphini; disent presque leur mot.
Comment expliquer autrement^ quand il âdt on temps tièdey au printemps, par un dair soleil^ la différence des sensations que nous font éprouver les passantes, dans la rue?
Yoici deux femmes également belles, habillées toutes deux avec un goût parfidt.
Eh bien, Tune traversera la foule, sans être aperçue, ne fidsant battre auoun cœur, n'in^irant à personne le premier chapitre d'un roman; tandis que Tautre, marchant du même pas, aussi grave, aosai pudique, entend autour d'elle un murmure ccmius de douces paroles, fiât presser le pas aux jeunes gens^ et met de jeunes sourires sur le firont des vieillards*
Au milieu de cent passants, la femme dont tous les instincts, dont tous les appétits sont satisAdts, la femme enfin à laquelle quelqu'un, amant on mari, a fiût cadeau dHme chose nouvelle, d*un jcfigou dont elle n*a pas encore eu le t^nps de voir k d$dmms, cette femme-là rayonne de la bottine au diignon. Sa /(Aninme/^estàson paroxysme, sansqu'^s'endoate. Des effluves certainement magnétiques se dégi^ettt de tous les points de son être. BUe est irrésistible.
Notc2 que cette femme ne tire, nullement de Té»
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ye3 de nos aspirations amoureuses Tirrësistibilitéde son ponyoir. Non : elle passe; nous ne feisons que rsntiBToir* C'est par la force intense de sa personnatitë qn'ëolosent nos désirSi ces adultères de la
Et c'est ainsi, au profit des jeunes psychologiques da bonleyardy que les petits cadeaux entretiennent Famitié dans un ménage.