‹ Mesdames les ParisiennesChapitre 37 sur 74 · LE TRAIN DES... MARIS · texte numérisé non relu

LE TRAIN DES... MARIS

Le train dea... maris^ c'est, pendant la saison des bamS| le train que prennent le samedi soir| à Paris, les époux fidèles qni vont passer la journée dominir cale près de leurs fidèles éponses, Néréides de la Manche éparpillées dans les petits ports de la côte normande.

Le train de retooii le lundi matinj pofie également ce nom. Les employés de la compagnie ()e rOnest les désignât tons les denx d'une %on ^ncoup plus énergique. Nooi substituons pudiquemenii au mot de Paul de Eock une timide ligne de points de suspension.

Sans plus de prépn^l^) prenons pQtre «puj^ ^ deux mains.

Il est six heures et demiesr^^T^rss^p^nr Txpunlle va s'élancer sur le rail entrons dw9 le wagon fiéT, si TOUS le voulez bien, et mettons-nous dans /oa coii!, en &ce justement d'un monsieur d'âge mûr en veston de jeune homme. «^ Pendant qn'il remplace son petit chapeau gris par un léger bonnet de voyage, remarquons ses cheveux ras, poivre et sel, sa ùi^ye grasse, rougeaude. H a le cou court et duveté, l'oreille fraîche, la lèvre écarlate et humide. Bon. Ce mon-

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sienr a dû voir jouer sonvent la pièce : Ce qui plaît aux Dames.

Chacim a fini de caser son sac de nuit et sa couverhire dans le filet. On donne dit jeti à la bonde dn pantakm. On s'assnre si le bnlletin de bagage et le ticket .sont en lien de sûreté. Bien. Tont est prêt. YdI4 le monsieur dn coin qui s'agence dans son trocL Le train part PstI on est à Asnières déjà., Adien, Fans. A après-demain les afiaires sériensesl.

Nons qni ayonâ, comme Jéhovaliy le pouvoir de c sonder les reins et les cœurs T>y nous allons vous &ire connaître les secrets les plus intimes ^ les plus cachés dans les replis de l'âme de notre Tis-à-tis, pendant son rojage^ aller et retour.

Voici oe que pense le gros monsieur à la iéte jcyense et sensuelle :

▲près Parla.

c Je n'ai rien oublié? Kon : les livres, Tananas, les € bottines, les cols? Bon. Tout le post-scriptum de la € lettre de ma femme est emballé. — Ma Lucie sera € contente de moi. — Pauvre femme , elle m*a écrit

cxme lettre charmante; et dire que Ohl c'est

€ qu'Amanda est bien jolie aussi. — - Enfin, ne penc sons plus à Amanda. Je vais voir ma femme. Si je

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c relisais sa lettre? Non^ tont à Thenre, qnand j'aurai € pris le café à Mantes. »

Après Mantes, 7 h. 80.

€ Détestable café. Excellent cigare. Amanda m'a

< juré qu'elle resterait toute la journée chez elle.

< Huml n y a des courses. — Enfin! — La lettre de c Lucie est vraiment adorable. — Elle s'ennuie à

< Trouville ; elle attend le dimanche avec impa-

< tience ; pauvre petite chatte! Elle a fidt une petite

< promenade avec M. Basibus, un charmant garçon^

< hum! — Nous le verronS| ce Basibus! >

Après Bvreux. 8 h. 84.

< Tiens, je dormais. — Hé ! mais je me sens un c petit peu creux ; j'ai dîné à cinq heures. — Mao- € vaise Bourse aujourd'hui. Je digère mal. — Et € Amanda qui n'est pas venue m'accompagner à la € gare. — Or çà, Lucie m'attendra ce soir, j'espère. € Elle feit préparer quelque chose. — Chère Lucie I m EQe est pleine d'attention. Tous les samedis, tm c petit souper fin près du lit. C'est charmant! Bs ont « un très-bon bordeaux au Bras-cTOr. i

Après lâisieux, 10 h. 27.

€ Moi, j'aime ça. Un petit voyage, ça vous change. « C'est singulier, Lucie a des toilettes d'une gaieté

c felle le samedi soir! je me rappelle que la dernière c 6ÂB.,. Ah I elle se porte bien, ma femme.

c L'air de la mer est excellent. — L'eau de mer c donne nne fraicheor à la pean, une donceort Et c pois tons ces cmstacës, ça vous met nn fen dans c le corps ; je ne mangerai pas de crevettes demain. € Non, décidément. — Ahl que c'est bête de penser c à cela* — Je bâille, j'ai une faiml comme je vais c m'en donner tout à l'heure! Et ma petite Lucie qui € sera là, sur son séant, dans son lit, à me regarder € manger. Je la vois d'ici, l'épaule sortant de la den- € teUe, et me disant, les mains croisées sur ses genoux : € Mange ^ mon bon petit ogre. Fichtre.

c Ahl c'est qu'elle a une jolie épaule, ma fenmie. c — Amanda? — Non, Amanda n'a pas une épaule c comme cela. C'est plus... c'est moins... enfin... ce c n'est pas cela. >

Après Pont-rBvôqne, 11 h. 6.

C Encore une demi-heure. Dieu! que j'ai &im. c Ce wagon vous secoue d'uno fitçon atroce. U me c semble qu'il y a un siècle que je n'ai vu Lucie. Plus € le train m'en rapproche, plus elle me semble s'éloic gner. Belle petite Lucie! Ah! je suis un monstre! c vrai. Je ne mérite pas son plus petit baiser. Son c petit baiser? Sacristi! encore un arrêt. Nous n'arc riverons jamais. »

234 MB8DAHB8 LB8 PABI8IBNNB8.

On arrive à Trourille. On s'enfourne dans les omnibus. En route. La nuit se tennine. Le soleil se lève pouf éclairer les bonnets de coton des fbmmes du pays. Le dimanche se passe. Lundi arrÎTe. Il £Eiut repartir. Adieux déchirants I Les maris reprennent leur train. Les dames pensent à leur toilette du soir. Les messieurs Basibus vont prendre leur revanche. Retournons dans notre wagon. Le mari de Lucie s'est replacé dans son ooin« U sommeille* H vient de déjeuner.

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