CE QUE DISENT NOS MEUBLES
Décor : Un wigwam tU garçon^ F hiver.
L« PakAPLTJIE. — Soîe et coton I quel temps ! — je sois transi ! — mon taffetas colle sur mes baleines t — quel temps!
La Canne. — Je vous avais prévenu, mon cher antipode. — J*avais deviné la pluie d'aujourd'hui dans le temps sombre d'hier : aussi ne suis-je pas sortie.
Le Pabapluhî. — Et vous are» fort bien fait, aimable Verdîer. — Je suis trempé comme le mouchoir d^une dent arrachée.
La Botte. — Croyez, utile Cazal, que je vous plains sincèrement ; mais soyez sûr qu'à trois mètres de vous je n'étais guère plus heureuse. ^— Si vous êtes trempé, je suis transpercée, — (ahl celui qui
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m'a fiûte n'avait pas on cnir de père!), — et, qni plus est, crottée comme ime roue de fiacre. — Encore m'estimerais-je &vorisée dn sort, si je pouvais, comme vous, me réchauffer jusqu'à demain matin ; mais, ô fragilité de la chaussure humaine I une jolie, une charmante, une aimée bottine à talons m'appelle de nouveau hors d'ici, ce soir.
Le Farapluib. — Erreur, ma belle et vernie amîe, erreur ! — Où vous irez j'irai, du moins aujourd'hui, car il pleut à verse.
La Canne. — Du temps de Schaunard, j'eusse été de la partie I hélas ! tout s'en va.
La Pendule. — Oôôha! ding!
La Canne. — Qu'avez-vous, Bréguette?
La Pendule. — Je viens de bâiller six heures et demie... On s'ennuie tant sous ce globe I
La Table. — A votre aise vous en parlez, la belle, vous qui menez Thomme par le bout du nez, vous que le Temps a Mte sa comptable, vous sur qui tous les regards sont fixés, vous vous plaignez !... — Mais que dois-je dire, moi, qui suis d'un acajou problématique, et couverte d'un tapis et des romans du vicomte P. du T.?
La Botte. — Sapristi! comme disait éternellement l'acteur Félix, je suis en retard.
La Canne. — Bahl la bottine est donc bien exacte?
La Boite. — Coud-couci. Elle a tant de lacets
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à passer et de nœuds à faire ou à défaire! Enfin ramonr doit être à l'henre... Partons^ et du pied gauche. Parapluie^ je vous offre le bras. La Fobtx. — VlanI
La Bottilloibb. — Brrrrou... brrrrou,,. je commence à m'ëchauffer^ ce n'est pas malheureux I Voilà ime heure que je frissonne devant ce feu maudit.
Ls Feu, — PiffI piffl paffl qu'avez-vous, ma rebondie compagne ?
La BouilIiOIBX, — J'ai mes vapeurs... ça me me monte à la tète... ne pourriez-vous vous éteindre un peu?
Le Fsu. — Paffl piff t paff I... je ne suis pas trop biiDant, la houille me fait défaut.
Phsuèbe Houille. — Hoa! il faisé froide comme à Man-ches-teur...
DsuziâHB Houille. — Qoodferdum ! Est-ce que Ton m'a fait venir de Mons pour rester dans ce salo bac? On gèle ici, savez-vous?
Pbsml^b Houille. — Oh I il est un moyen fort ample de sortir de notre in-ak-cheun.
Deuxième Houille. — Inaction I ça est bon pour
une fois 9 ça, sais-tu? prononcez mieux, je te prie,
Monsieur.
PkÊhiIibe Houille. — Stioupid! mister Flrel
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Le Feu. ^ Je ne comprends pas le groënlandaîs.
Première Houille. — Monsieur le Feu, brûlez cet appartement, et nous aurons le plaisir, oh! yès^ fort grande, de nous consioumer tous ensemble... 1 Un Petit Journal. — Elle est mauvaise I
Là. Bouilloire. — Veto 1 je m'y oppose I... ou je me répands... en invectives.
Le Garde-Feu. — Ne craignez rien , votsino^ je suis là... A moins cependant que la cheminée ne veuille s^annexer au feâ... *
La Chemin:^. — Je sotiid Ffancludse Khi
hioup, la Oatarinal
Le FëU. — Par Vulcainl je lûMteînfl...
La Bouilloire. — Berf ... ben»...
La Pendule. — Oôôhal dingl
Une Paire de Gants. — Sept heures et demie!... le temps est long !... pourquoi diable suis-je restëe ici? je m'ennuie comme une abonnée à la Mevue des Deux Mandes.
La Th^i&re. -» Hé ! la Bouilloire?
La Bouilloi&e. -^ Madame a sonné ?
La Th^i&re. -^ Oui, Cendrillon. Depuis une heure Votis bavardez, sans avoir Pair de vous douter que vous fidtes attendre le noble Chinois qui daigne me faire une visite quotidienne.
Le Sucre. — Noble Chinois! Ah! sans moi ton fleuve Jaune déplairait à bien des estomacs I
Deux Tasses. — Mon cher Sucre, croyez que
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nous aonunet désolées de ne ponvoîr apprécier tont le boa goût de votro compagnie, tonte la doncenr de ToiTe intimité... Le fbnd««, de notre cœnr est rempli d'amertnme^ et...
Psux CuHiLXAS. *-« Qnel sort nous avons! nons (pd ainums k remneri nons dont Targent devrait conrir le monde, on nons laisse dormir dans notre boite de maroqnin«M Manditaoitle dieu qni nons &it œs loisirs ]«••
XiB Bmm. -^ Théière, bonne maîtresse blanche, moi, bon nègre, panvre petit Jamaïqne, voidoir caiser camfo», moi, vonloir donner des forces an Chinois.
Ls Suc^.— ^Dn cahne, mon &a ! Ta mère h Betterave disait sonvent : -^ Patience et longnenr»..
IiA Tsiiii»* <— Yons ftves In celf^ dws nn bonqnin?
IiB SuoBS. -^ Oni, dans tm boncant, an temps dn blocnâ continental... lorsqne j'étais tombé dans Fean... éb que ks négociants cassaient mes cannes sur le dos des esclaves.
in
If A Laicfh. '^ Certainement, je file.,, je dois filmer... je me connais... Oh ! comme je file I La FKHDUtB, — Atch I atchl.M ôôôha, ding 1 La Cannb. — Assez bondé I... boit heures et
demie... bîgrel... Atch 1 atch! atchum !... Ce n'est pns étonnant... j'ai toujours le pied dans Teau... je m'enrhume si vite... — Mais que diable fidt donc le parapluie?
Lb Feu. — Ahl maisl mon foyer va devenir un lendemain de mardi-gras... je suis tout transi.
Les Houilles. — GoddamI — Godferdecktl
La Bouilloibs. — Je tiédis, mes enfants; positivement^ je tiédis... A la fraîche I qui veut boire I
Vitres et Globes. — Frrroutttt.... frrrouttt...,. frrrouttt... roum.
La Canne. — TiensI voilà une voiture qui s'an^te *danslaruel
L'EsoALiEB. — Hil... aïe... hi... aïe... hi... aïe..*
La Serrure. — Cric^croc... croc... croc... cric...
Le Parapluie (entrant). — Ah! sacristil ALI bigre! Ah! fichtre! quel temps!
La Bottine (voix aiguë). — Ah! bigre! Ahl fichtre ! Ah ! sapristi ! quel temps !
La Botte (basse-taillé). — Ahl potence à Faill quel temps !
La Porte. — Vlan !
Le Parquet. — Oh là! là!... petites gouttes d*eau, que vous êtes glacées !
Les Gouttes d'eau. — Il fait un temps à lire Capendu lui-même.
La Bottine. — Dis donc, il y a des glaçons chez toi : j'ai laidement froid.
La. Bott£. — Ta as froid? Attends... une... denx... rknl
Lkb Houillib. — Aïe! aïe!... pas si fort !... Oh ! aes escarbilles I
La Bouilloire. — Allah I Dieu est grand... jo rais bouillir.
La Botte. — Sais-tu^ chérie, que j*aî doute de toi un bon moment?
La Bottinb. — Vilain I voyez-vous ça?
La Botte. — Dame ! tu me Sus attendre deux heures, deux siècles...
Prnr Joubnal. — Deux Havin 1
La Bottine. — Écoute, mon loulou bleu, c'est ma tante qui m'a retenue. Ohl je t'assure que je bouillais...
La Bouilloire. — Pas moi, frrrouL.. pas moi, berr...
La Bottine. — Mon chat, laisse-moi mettre mes caoutchoucs devant le feu.
Le Garde-Feu. — Bonjour, mes petits Américains I comment se porte votre gutta?
Les Caoutchoucs. — Fatiguée, cher, &tiguée... je te dirai ça plus tard.
La Botte. — Veux-tu du thé , petiote ?
La Bottine. — Si, signer.
870 MS0PAIf98 I.B8 FAEISIBNNBS,
Ls Tué, — Attende», j*infuse, '
La Botte. — Tiens! la pendule est arrêtée...
JjA BoTxniXt m^ Wiù a dooo commis nn petit assassinat?
I^ BoTT«, — Non :c'est que h Temps s'est amusé aux vitrines photographiques.
La Bottine. — - Nos mots sont mauvais ; mais ton thé, par exemple...
Le Thé. — La jolie bouche, ô Oonfucius I les jolies dents, la blanche malui 6 Pé*king I
La Lampe. — Je n'ai plus d'huile.,, plus,,, plus du tout.
La BoTTi, -<- Allons noua ooncou..,, allons nous coucher...
La Lampe. -^ Infeot lumignon |
L'Abat-Jou», — Abl ohl abl
Ls Lit, --' Quelle e^toncolM* en yoilà un métier I... Vous verrez qu'ils ne me donneront pas do pour-b(nre,«.
Lu Qaoutohouçw,*» Chutl... Eh bien, mon oher Qarde-Feu, nous n'avons pas été obea la tante en question.
Le Gabde-Feu. — C'est mal,
Les Caoutoqouos, --^ Qh I nous jouissons d'une certdne élasticité.
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Le Feu, — C'est très-mal
Lss Caoutchoucs. «^ Imbëcile |
Ls Fbu. «^ Vous parlai làobemeni I
Lm Oaoutqhouoi. «-« Devant Uâ, nom ne pou- Yons que parler ainsi.
Lb Gabd«*Fku, ~ Elle n'a pas été... chez... sa tante I 0ht les bottines I les bottines IL, soyons de