‹ Mesdames les ParisiennesChapitre 61 sur 74 · LA PORTE 1... S'IL TOUS PLAIT · texte numérisé non relu

LA PORTE 1... S'IL TOUS PLAIT

A XADAMB G, CANOBT

H y a plusieurs années, dans une maison de la rue de TD..., au faubourg Saint-Germain, plu« sieurs jeunes gens, une demi-douzaine environ, se réunissaient une fois par semaine, le soir.

Le salon où les attendait hebdomadairement un thé modeste, faisait parlic d'un petit appartement situé & une distance assez rapprochée du royaume des cieux, dont le locataire, à celte époque, était mon ami Boleslas Karski, étudiant en médecine, fils d'un réfugié polonais, ainsi que son nom l'indique suffisamment.

Dé la fenêtre unique de cette chambre modérément garnie, le regard planait, comme l'oiseau, sur les habitations voisines, et principalement sur la cour intérieure et les bâtiments d'un grand hdtel qui faisait face à la maison que nous envahissions joyeusement tous les vendredis.

Or, pendant Phiver, la vue n'en coûtant rien, comme disent les marchands, nous assistions fréquemment aux grandes soirées qui se donnaient dans l'hôtel.

Nous appelions ce divertissement gratuit — aller dans le monde par à peu près.

Les cinq ou six amis de Boleslas, votre serviteur excepté, étaient tous d origine étrangère. Un Allemand, deux Anglais, un Danois, et Jacob Nitolff, un Russe à cheveux blonds, d'une fraîcheur éblouissante, composaient la petite société internationale dont j'avais le plaisir de faiit partie.

Notre congrès pacifique, ainsi que nous le qualifiions quelquefois, s'occupait de tout beaucoup, & part la politique. L'art, les lettres, les sciences, nous charmaient infiniment plus que les questions à Tordre du jour en ce moment ; et Boleslas, le Polonais, n'avait pas besoin de prendre un

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