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TABLES TOURNANTES H

ainsi avertis des mouvements involontaires de leurs mains, se tenaient sur leurs gardes, et l'expérience échouait.

« Bien des personnes, dit M. Faraday, ne savent pas combien il est difficile de presser exclusivement dans un sens vertical ou dans tout autre sens déterminé contre un obstacle fixe, ou même de savoir si l'on presse réellement ou non, à moins qu'elles n'aient un indicateur qui les en prévienne par un mouvement visible ou autrement. Cela arrive surtout lorsque les muscles des doigts et de la main ont été engourdis et qu'ils ont été rendus ou tremblants ou insensibles par suite d'une pression continue. » Il l'a constaté formellement sur lui-même et sur d'autres personnes. Il termine ainsi toute sa réfutation : « Je suis quelque peu honteux de l'avoir entreprise, car il me semble qu'au temps où nous vivons et dans notre pays, elle aurait dû être superflue. J'ose espérer qu'elle ne sera pas inutile. »

V Illustration (9 juillet) et plusieurs journaux français rendirent compte de cette communication, qui fut d'un grand effet sur les partisans des tables tournantes. On fit observer aussi que l'action d'une force se communique toujours de proche en proche ; qu'une locomotive entraîne d'abord le premier wagon, puis le second, puis le troisième.

et on traita les aiguilles d'jigréables jouets d'enfants.

D'autres attaques devaient encore partir de l'Acad('mie. M. Babinet se moqua des tables tournantes, et, dans des articles de la Renie aes Deux- Mondes (P'mai 1853, 15 janvier 1854), il proposa, comme explication du fait, la puissance irrésistible des mouvements naissants, la force de détente d'un muscle. C'est par cette force que des jeunes filles électriques ont lancé à distance des chaises en les brisant.

Les tables tournantes trouvèrent un défenseur, mais qui ne pouvait pas décider la victoire, car il n'était pas assez exalté pour les fanatiques ni assez exact pour les savants. M. Léon Foucau avait dit à plusieurs reprises des paroles désobli- 'geantes pour la nouvelle science ; il ne lui suffisait pas d'avoir prouvé que la terre tourne, il voulait prouver aussi que les tables ne tournent pas ; M. Agénor de Gasparin trouve cette prétention inquisitoriale et la relève dans un article des Débats (30 août) qu'il devait développer en deux volumes. Que les tables tournent ou non, au fond peu lui importe, et il accorde « qu'il est impossible » de démontrer mathématiquement qu'une action » musculaire inconsciente ne détermine pas le » mouvement », quoiqu'il ait vu des personnes ne

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pouvoir réussir quelquefois à mouvoir une table, malgré leur bonne volonté, et d'autres fois la mouvoir au bout de deux ou trois minutes. « Il suffit que le doute soit permis, le doute doit prévaloir. Vous voyez, ajoute-t-il, que je suis de bonne composition. » Mais voici ce qui ne laisse .pas la moindre prise au doute : les tables accomplissent des ordres non exprimés. Par-devant des témoins graves, il a expérimenté sur une table de frêne, lourde et les trois pieds bien espacés. On avait décidé, pour que le fait fût concluant, que la table devait obéir douze fois de suite, sans la moindre erreur ; elle a obéi jusqu'à vingt et trente fois. Dix personnes se ijettant autour, un des témoins inscrivait sur un morceau de papier le nombre de coups que devait, selon lui, frapper la table, puis il montrait en secret le papier à celui des expérimentateurs qu'il chargeait de donner l'ordre. Toutes les autres personnes qui entouraient la table avaient les yeux termes et ne les ouvraient qu'à la fin de l'opération, pour prévenir toute idée de complicité. L'opérateur adressait ordinairement l'ordre au pied placé devant lui, sur lequel par conséquent, il n'avait aucune action physique. La table a toujours frappé le nombre de coups indiqué, n'en frappant aucun quand le papier portait un zéro. On a comparé les forées

des opérateurs. Deux d'entre eux donnaient deux ordres différents à la table ; elle obéissait au plus fort, s'arrêtait en chemin lorsque le nombre commandé par ce dernier était plus faible, et poursuivait dans le cas contraire, mais de mauvaise grâce. « Rien, dit M. de Gasparin, n'était plus comique que la difficulté visible avec laquelle elle achevait sa tâche depuis le moment où les deux chiffres et les deux volontés cessaient de coïncider. Rien n'était plus significatif que sa vigueur, sa prestesse et son élan, dès qu'on invitait l'adversaire à cesser son opposition. On eût dit une voiture à laquelle on ôte brusquement son sabot et qui roule précipitamment sur la pente. Enfin on a trouvé la balance exacte des actions. A la personne la plus puissante on a opposé plusieurs adversaires réunis ; les uns ont été vaincus, les autres ont fait équilibre. Tout cela s'est accompli à maintes reprises, avec des précautions minutieuses, en présence de témoins soupçonneux, et qui ne se sont rendus qu'à l'évidence absolue. » On comprend qu'après avoir mentionné de telles merveilles, M. de Gasparin ne cite qu'en passant des faits de peu d'importance, une table faisant tourner, puis jetant par terre un homme qui pesait quatre-vingt-sept kilogrammes, et des faits qui, dit-il n'ont pas un caractère scientifique :

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