J. A. CHAPLEAU
Secrétaire d'Etat.
EL Copie d'un rapport d’un comité du Conseil Exécutif, approuvé par Son Honneur le Lieutenant-Gouverneur en Corseil, 14 avril 1884.
L'Honorable Kecrétaire-Provincial soumet au conseil une dépêche du Secrétaire d'Etat en date du 2 avril 1884, énonçant les motifs suivants de la non-acceptation de la requête de la province de Manitoba demandant l'agrandissement de ses limites jusqu’àla Baie d'Hudson.
“ Le nouvel agrandissement demandé aujourd’hui par votre gouvernement aurait l’effet d'ajouter environ 180,000 milles carrés à l'étendue déjà considérable de la province et serait vu défavorablement tant par les anciennes provinces que par les nouveaux districts d’Assiniboia, de Saskatchewan, d’Alberta, et d’Athabaska, qui ont été créés dans les territoires du Nord-Ouest, et qui deviendront finalement des provinces de la puissance.”
“Cet agrandissement occasionnerait une augmentation considérable de dépenses au gouvernement sans accroitre les ressources de Manitoba, lesquelles votre gouvernement déjà déclare être insuflisantes pour rencontrer les dépenses ordinaires et nécessaires de la province.”
“Dans de telles circonstances, Son Excellence est avisé qu'il esi inexpédient de modifier les limites de la province dans le sens indiqué par la demande qu'a faite le gouvernement de Manitoba. Néanmoins, comme il a été représenté à ce gouvernement que Manitoba désire s’agrandir au nord principalement pour se rendre au désir de la province d’avoir une extension de ses voies ferrées jusqu'aux eaux de la Baie d'Hudson, je dois vous informer que les aviseurs de Son Excellence vont donner avis aux deux compagnies existantes, détenant des chartes du parlement canadien les autorisant à construire des chemins
de fer entre Manitoba et la Baie d'Hudson, que l'intérêt public exige une amalgamation de leurs compagnies, et que si elles veulent s'unir et adopter des mesures que Manitoba trouvera satisfaisantes pour la construction du chemin et contre les pools ou contre l’amalgamation avec d’autres voies ferrées, ainsi que contre les taux excessifs pour le transport du fret, demande sera faite au Parlement de convertir la vente de terre que l’on projetait de faire à ces compagnies d’une étendue de terres de six mille quatre cents acres, (6,400) par mille de chemin situé dans la province à une piastre l’acre, et de douze mille huit cents (12,800) acres par mille pour la partie située en dehors de la Province à cinquente centins par acre, en un octroi gratuit, et si telles compagnies rie consentent pas à ces arrangements, il sera demandé au parlement d'autoriser cet octroi, sur la même base, à l’une ou l’autre des dites compagnies incorporées donnant des garanties satisfaisantes qu'elle possède les moyens de construire le chemin, et au cas où cette dernière combinaison ne pourait se réaliser, l'octroi sera fait à toute autre compagnie rencontrant l'approbation de la province de Manitoba, et assurance est ici donnée que cette dernière compagnie aura toute facilité de s’incorporer.”
Le soussigné désire faire observer que les motifs pour lesquelles la province a demandé une extension de ses limites sont qu'elles pourraient accorder une charte pour la construction d’un chemin de fer jusqu'à la Baie d'Hudson, et contrôler ce chemin si essentiel pour elle en vue de l'augmentation rapide du chiffre de ses exportations de grains.
Pendant deux cents ans la route de la Baie d'Hudson à été pour le pays le seul moyen de communication avec le monde civilisé. C’est par là que les premiers colons, sous la conduite de lord Selkirk, sont arrivés dans, la provinee. Tous les ports sur la Baie d'Hudson seront plus rapprochées de Manitoba qu'ils ne le seront des autres provinces, et dans un avenir peu éloigné, ils devront nécessairement faire partie de nos organisations municipales.
Les habitants de Manitoba, et particutièrement la population agricole, ont un intérêt plus direct à l’établissement de voies de communications vit la Baie d'Hudson que la population de n'importe quelle autre province, et c'est pour cela qu'il a été si instamment demandée que le contrôle de ce chemin fût laissé à la Législature provinciale, lequelle est directement responsable au peuple pour le mandat qui lui est confié.
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