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DÉPARTEMENT DU SECRÉTAIEE D'ÉTAT POUR LES PROVINCES

Ottawa, 16 février 1870.

A Sa Grandeur VEvêque de St. Boniface.

Monseigneur, — Son Excellence le Gouverneur-Général m'a enjoint de vous remercier de l'empressement avec lequel vous avez mis vos services à la disposition du gouvernement, et entrepris un voyage pénible en hiver, afin d'aider, par votre présence et votre influence, à la répression des troubles imprévus qui ont surgi dans le Nord-Ouest,

Pour votre information, j'ai l'honneur de vous transmettre : —

1. Copie des instructions données à l'honorable William McDougall, le 28 septembre dernier ;

2. Copie de nouvelles instructions adressées à M. "William McDougall, le 7 novembre ;

3. Copie d'une lettre renfermant des instructions an révd. vicaire-général Thibault, le 4 décembre ;

4. Copie d'une proclamation de Son Excellence le Gouverneur-Général aux habitants des Territoires du Nord-Ouest, émise selon le désir exprimé par la Reine ;

5. Copie d'une lettre adressée au Secrétaire d'Etat, par Donald A. Smith, écr., de Montréal, datée du 24 novembre ;

6. Copie d'une lettre renfermant des instructions adressées par moi à M. Smith, le 10 décembre dernier ;

7. Lettre semi-officielle du ministre de la Justice à M. Smith, du 3 janvier 1870 ; aussi,

8. Copie de la commission donnée à M. Smith, le 17 janvier 1870.

La proclamation émise par M. McDougall, à ou près Pembina, et la commission donnée au colonel Dennis ayant été j>ubliées dans les journaux canadiens et très répandues à la Rivière-Rouge, ne vous sont pas transmises pour la raison légitime qu'il vous est facile de les avoir ; mais il est important que vous sachiez que les actes qui ont mis en danger, pendant un temps, la vie et les biens de la population de la Terre de Rupert, ont été désavoués et condamnés sur-le-champ par le gouvernement de ce pays, ainsi que vous le verrez par ma dépêche à M. Mc Dougall, en date du 24 décembre, dont copie est ci-incluse.

Ces documents indiqueront à Yotre Grandeur quelle était et quelle est la politique que le gouvernement canadien veut établir au Nord-Ouest. Le peuple canadien n'a aucun intérêt à créer dans la Terre de Rupert des institutions que l'opinion publique condamnerait ; il ne désire pas non plus voir une population jalouse de ses droits vivre dans le mécontentement et l'insubordination, par l'imposition d'un mauvais système de gouvernement, état de choses pour lequel no sont pas faits les sujets britanniques. Ce qu'il espère, c'est l'établissement d'institutions calquées sur celles dont jouissent les autres provinces, et il regretterait amèrement que les libertés civiles et religieuses de toute la population ne fussent pas suffisamment protégées par les arrangements temporaires que la prudence peut aujourd'hui suggérer.

Une convention a été convoquée et elle siège actuellement à Fort-Garry, dans le but de consulter le peuple sur les pouvoirs que le parlement peut sagement lui conférer et sur ceux que la législature locale devrait être appelée à exercer. Lorsque les travaux de cette convention seront communiqués au conseil privé, vous pouvez

38 Victoria.

Documents de la Session (No, 11.)

vous attendre à recevoir une autre lettre de moi, et s'il arrivait qu'en route il vous fût donné connaissance des décisions de cette convention, Son Exeellence serait heureuse d'être favorisée de toutes les observations que vous pourrez avoir le loisir de lui présenter à ce sujet.

Vous savez déjà que le très révd. vicaire-général Thibault, M. Donald A. Smith et le colonel Charles de Salaberry sont rendus dans la Terre de Rupert et chargés d'une commission du gouvernement. Sous ce pli se trouvent des lettres destinées à ces messieurs, et vous m'obligerez en les leur faisant tenir. Le désir de Son Excellence est que vous coopériez avec ces messieurs dans leurs efforts pour amener une paisible solution des difficultés survenues dans les Territoires du Nord-Ouest, difficultés qui ont causé beaucoup d'anxiété à Son Excellence, mais qui, j'en ai l'espoir, ne tarderont pas à disparaître, grâce à vos communs efforts.

J'ai, etc.,

Joseph Howe.

7, En même temps, Monseigneur recevait de Lord Lisgar la lettre suivante : Le Gouverneur-Général Sir John Young à V Evêque Taché*

Ottawa, le 16 février 1870.

" Mon cher. Evêque, — Je désire vivement vous exprimer, avant votre départ, ma profonde reconnaissance pour avoir bien voulu quitter Eome, abandonner les grandes et intéressantes préoccupations qui y demandaient votre présence, et entreprendre, durant cette rigoureuse saison, la longue traversée de l'Atlantique, puis ce long voyage à travers le continent, dans le but de rendre service au gouvernement de Sa Majesté, et d'accomplir une mission pour la cause de la paix et de la civilisation. Lord Granville désirait tout d'abord obtenir votre précieux concours, et je suis très-content que vous ayiez voulu l'offrir d'une manière si prompte et si généreuse. Vous connaissez pleinement les vues de mon gouvernement et du gouvernement impérial qui, comme je vous l'ai dit, désirent voir le Territoire du ISTord-Onest s'unir au Canada à des conditions équitables. Pas n'est besoin de vous donner d'instructions pour votre gouverne, autres que celles que contient le message télégraphique que m'a envoyé Lord Granville, de la part du cabinet anglais, la proclamation que j'ai rédigée conformément à ce message, et les lettres que j'ai adressées au gouverneur McTavish, à votre vicairegénéral et à M. Smith. Dans cette dernière lettre je disais : " Tous ceux qui ont des plaintes à faire ou des désirs à exprimer devront s'adresser à moi comme le représentant de Sa Majesté, et vous pouvez dire avec la plus grande confiance, que le gouvernement impérial n'a pas d'autre intention d'agir ou de permettre aux autres d'agir qu'avec une bonne foi parfaite à l'égard des habitants de la Rivière-Rouge et du Nord-Ouest.

" La population peut être certaine que tout le rospect et l'attention seront portés aux différentes croyances religienses, que les titres de tous les propriétés seront protégés avec soin, et que tous les droits de franchise qui ont existé, ou que la population pourra être en mesure d'exercer, seront continués ou libéralement accordés.

" En déclarai il quels sont les désirs et la détermination du cabinet de Sa Majesté, vom pouvez en touto sûreté employer les termes de l'ancienne formule, que justice sera faite dans tous les cas.

" Je vous souhaite, mon chor évêque, un heureux voyage et du succès dans votre bienveillante mission.

" Croyez-moi, très-respectueusement,

" Votre tout dévoué, (Signé,) " John Young.

" Au très-révérend évêque Taché. "

38 Victoria.

Documents de la Session (No. 11.)

Cette lettre était accompagnée d'une lettre particulière de Sir John Macdonald Voir livre bleu q.ne l'on trouve à la page 19 du livre bleu canadien, et dont voici un page 19. ' des derniers paragraphes :

" Si l'on soulevait la question relative à la consommation des effets ou mar- " chandises appartenant à la compagnie de la Baie d'Iïudson par les insurgés, vous " êtes autorisé à informer les chefs que si le gouvernement de la compagnie est rétabli, " non-seulement une amnistie générale sera accordée, mais dans le cas où la compa- " gnie demanderait à être remboursée pour tels effets, le gouvernement canadien verra " à donner toute la protection nécessaire aux insurgés."

8. À l'époque où ces communications étaient adressées à Mgr. l'archevêque Taché on ne savait rien encore de l'action do Riel relativement à Scott. En attendant des nouvelles une convention de quarante résidants du Nord-Ouest avait été organisée pour entendre MM. Donald Smith, Thibault et de Salaberry, et apprendre d'eux c^ qu'ils étaient chargé de dire au nom du gouvernement canadien. Sur les représentations de M. Smith, la convention résolut d'envoyer à Ottawa trois délégués chargés de Voir les rela- communiquer aux autorités fédérales les demandes de la population du tionsde M. Nord-Ouest et de régler les conditions auxquelles ej^e entrerait dans la Donald Smith, Confédération. Cela fait, la convention s'occupa de former le " Gouver- Eieiflmp llVre men^ provisoire," comme on l'appelait, dont Riel fut nommé président.

Cela se passait le 10 février.

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