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Sans la publication des documents ci-hant, je doute que l'opinion publique eût été aussi excitée par les révélations de M. YacMullen, Je ne connais pas personnellement ce monsieur, et je ai aucune raison de mettre en doute sa véracité ; mais il est évident que beaucoup de ses assertions ne s'accordent pas avec le témoignage sous serment de Sir ZZugh, et que d'autres ont été contredites par des messieurs dont il serait difficile d'attaquer la véridicité. Pour les documents eux-mêmes, il est à observer qu'ils n'ont été adressés ni à M. MeMullen, ni à personne qui lui fût associé, et qu'ils ne peuvent que difficilement être tombés entre ses mains autrement que par des moyens subreptices. Ils ne se rattachent donc pas nécessairement à ces transactions véreuses auxquelles M. McMullen prétend avoir été partie. De plus, les amis du gouvernement prétendent que les sommes dont il est parlé n'étaient pas très-considérables — à peu près £ 12,000 sterling en tout, — somme qui serait loin de suflire aux légitimes dépenses des cent cinquante élections d'Ontario et de Québec, Suivant eux aussi, il n’y à aucune preuve ul démontre que ce soit une souscription jlutôt qu'un prèt temporaire d'un riche partisan politique. Ce qui a beaucoup contribué à leur donner une mauvaise signification, c’est leur concordance factice avec le récit de M. J/cAMullen. Sous ces circonstances, qurique sans trop m'arrêter aux simples conjectures de cette sorte, je n'ai pas voulu prendre sujet, qui mettait en jeu l'honneur personnel et public sentais oblicé de ne pas lisser influencer mon jugement par le courant du soupcon populaire que ect enchainement d'accusations devait naturellement produire,
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Je me trouvais à l'ile du Prince-Edouard quand x correspondance MeMullen nest tombée entre les mains. Deux de mes ministres, M. T'illey, le ministre des finances, et le Dr. Tupper, ministre des douanes, S'y trouvaient aussi pour régler certaines questions relatives à la récente entrée de l'île dans la Confédération. Je fs immédiatement mander ces deux messieurs, qui m'aflirmerent fortement co que j'avais espéré : que les choses seraient expliquées facilement. Je vis cependant que, maigré tout, on ne pouvait tenir à notre programme de laisser le parlement prorogé indéfiniment, et que ma présence pour le 13 août à Ottawa était impérative, Sachant cépoudant qu'on était à nous préparer une réception à Halifax, je pensai qu'il était mieux de m'y rendre eb de n’annoncer la dernière décision prise qu'au dernier moment, En même temps, j'écrivis à Sir John qne l'état des affaires avait changé depuis mon départ, qu'une vacance pour le temps ordinaire n'était plus possible, et qu'il crait nécessaire que fe parlement fût réuni aussitôt que possible pour lui permettre
de se prononcer sur les questions soulevées entre lui et ses accusateurs.
En arrivant à Halifax, le 29 de juillet, je m'apergns que l'excitation populaire gar tout le pays était à son comble, et que les journaux rivaux faisrient des vues, des sym-
pathies et des intentions qu'on me prêtait non-seulement un sujet de conjectures, mais même d'assertions et de commentaires, La presse ministérielle prétendait, comme si je l'en eusse autorisée, que ma conduite srait telle et te le, —nouvelles auxquelles les journaux de l'opposition répondaient par de violents articles me donnant force conseils, Comme alors je n'avais encore pris aucun parti sur la conduite que je suivrais et que je sentais qu'il m'était impossibie d'en arriver à une décision avant que d'avoir vu mes ministres, je 1ésolus de saisir la première occasion de soustraire le nom du gouverneurgénéral à une telle discussion, Elle ne twrda pas à se présenter, et j'ai l'honneur d'annexer un extrait d’un journal qui est une reproduction d'un discours que j'ai fait à un dîner
que me donna le club d’'Halifax.
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“Je pourrais ici, messieurs, terminer cette ‘ énonciation imparfaite de mes remerciements, si je ne désirais pas faire connaître à mon “ami le juge-en-chef le plaisir que n'ont causé les paroles qu’il a prononcées relativement ‘à ma position officielle comme gouvernenr-Sénéral, Je sais que ce banquet est pour “ainsi dire une fête de famille, et qu'il serait très-inopportun de faire ici allusion à la politique ; mais il me sera permis de dire en réponse au juge-en-chef que s'il y a un devoir dont j'apprécie surtout l'importance, comme se rattachant anx fonctions de ma ‘ charge, c'est le devoir absolu et qui prime tous les autres, de maintenir une attitude ‘ non-seulement extérieure de parfaite inpartialité envers les différents partis qui divisent le monde politique du Canada comme celui de ln Mére-patrie, mais s :
urtout de conserver ‘ dans le for intérieur parfaitement sur à
mn pied d'égalité ce témoignage de sympathie, ce Jugement et cette opinion qui élèvent le représentait
de votre Sonveraine au-dessus de tout soupçon d':
voir d'autre désir, but où ambition que ceux de suivre l'exemple de ‘ sa Souveraine duns ses rapports avec ses ministi S, SON piulement et son peuple (applau-
dissements prolongés}; de se souvenir à toute heure du jour qu'il n'a qu'un devoir et un ‘but à remplir : administrer son gouvernement dans l'intérêt de tout le pays. (Vifs applaudissements.) Il va sans dire, messieurs, que n'ayant encore pissé parmi vous qu'une année, je ne puis penser que mes opinions et ma manicre d'agir en ces matières toupour politiques qui paraissent se faire
entrain tout particuliers (rires), que l'on ge permette de faire des suppositions nulle
vous sont connues, et il eat S à craindre, pendant la chaleur des discussions {
ans a presse canadienne avec une vivacité et un
‘ment autorisées sur les sentiments ln opinions etles intentions du gouverneur-général, “ce qui serait de nature à induire en erreur le lecteur illebtré sur la conduite et l'attitude “ du chef de l'Etat, En faisant cettoot« rVation, je n entends pas me plaindre, car s'il y a te
une personne en Canada qui n été traité avec bonté eë6 considération pau la presse ; une ‘personne envers laquelle les journaux de toutes co leurs se sont montrés pleins d'indul
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gence et de bonne volonté, c’est moi. Il est très-naëiurel,—et ce n’est pas un fait qui soit
blessant pour moi, — que chaque organe des différentes nuances de l'opinion soit persuadé que le gouverneur-général doit nécessairement partager sa manière de penser
‘et voir !4 choses sous le même jour que lui. Mais, une fois pour toutes, je veux
que l’on sathe—et peu m'importe la publicité que l’on donnera à ces observations — qu'il n’y à pas un être au monde qui soit autorisé à faire une déclaration ou une allé. gation relativement à ce que peuvent être mes opinions ou mes sentiments au sujet d’une question politique quelconque, ou qui ait été en position de pouvoir faire une conjecture sur une matière de ce genre. Mon but et mon désir, il est vrai, sont de me renseigner sur tout sujet ayant rapport aux intérêts du pays, au moyen de conversations et de discussions avec tous ceux en mesure de m'éclairer, et ce serait un
‘malheur: pour moi, si cette liberté de relations avec toutes les classes et les partis en
Canada, dont je tire un si grand profit et qui me procure tant de plaisir, devait être rainte que ces relations accidentelles servent de thème aux conjectures ou aux comtuicataires de la presse. Non, messieurs, je comprends trop bien mon devoir pour hisser surprendre mon jugement ou mes sympathies par l'esprit de partisanerie.
Ma seule yensée et mon seul désir sont le bien- être de tout le Canada,—de maintenir son
honneur, de travailler à à sa prospérité, de faire mon devoir envers lui: telle est ma seule ambition. Lorsque je cause avec vos hommes publics, il ne m'arrive presque jamais de demander à quel parti politique ils appartiennent ; je r2 vois en eux que des personnes s'élevant, chacune selon son mérite, en servant leur pays. Ma seule étoile polaire, mon seul guide dans l’accomplissement de mes devoirs et dans mes relations officielles avec les honimes publics, c’est le parlement du Canada. (Applaudissements.) Le fait est que je suppose que je suis le seul en Canada dont la foi en la sagesse et l'infaillibilité du parlement soit inébranlable.—(Rires prolongés.) Chacun de vous ne croit dans le parlement qu'autant que le parlement vote selon ses désirs et ses convictions.—(Applaudissements et rires.) Moi, messieurs, je crois dans le parlement sans m'occuper de quel côté il vote, et je ne donne ma confiance qu'aux seuls hommes que la volonté libre du parlement confédéré du Canada me donne comme conseillers responsables. (Applaudissements.) Qu'iis soient les chefs d’un parti où d’un autre, peu importe ; c'est À un fait indifférent au gouverneur-général. (Applaudissements.) Tant que le parlement les maintient au pouvoir, il est obligé de leur donner sa confiance illimitée de s’en rapporter à leurs avis et à leur loyauté, « et de les aider franchement de ses,
‘ conseils. (Applaudissements.) Fils arrive que dans les vicissitudes des luttes de partis-
ils sont remplacés par d’autres (rires), il accueille leurs successenrs avec la même bien
‘ viellance et la même considération, (Applaudissem nts.) Fil a formé des liens d'amitié
personnelle, il est libre de les conserver. (Ecoutez!) Comme tout être raisonnable, il ne
‘ peut s'empêcher d'avoir ses opinions sur le mérite des différents partis. (Ecoutez ! écoutez!)
Mais ce sont là des faits du domaine spéculatif, abstraits et n'ayant aucun effet pratique sur ses relations officielles. (Applaudissements.) Comme chef d'un Etat constitutionnel, engagé dans l'administration du gouvernement parlementaire, il n’a pas d'amis politiques, encore moins a-t-il besoin d’'ennemis politiques. (Applaudissements.) Les uns et les autres l’erapêchent d'être utile. (Applaudissements prolongés.) [l arrive parfois, que, quelqu'étranger à ce qui se passe, son nom peut être traîné dans des discussions, et il est exposé à devenir l'objet de critiques hostiles de la part des journaux représentant les idées du parti qui n'a pas les rênes du pouvoir, (Rires.) Mais dans ces circonstances, il doit se consoler en pensant que ces réprimandes sont passagères eb aussi peu dangereuses que la discipline que les adorateurs confiants de l’idole indienne Mumbo Jumbo
‘ Jui donnent lorsque la récolte a manqué où que l'épizootie a dévasté leurs troupeaux ; ‘car, messieurs, je suis certain que bien qu'il puisse que lquefois se tromper ou manquer ‘ de vous servir comme il le voudrait, un vice-roi qui désire faire son devoir consciencieuse-
ment, (applaudissements,) et à qui les intérêts du Canada sont aus: précieux et l'honneur aussi cher que le sien propre, (pente prolongés) qui suit une ligne de
‘ conduite droite et ferme, indifférent à l'éloge ou au blime entre les différents partis poli- ‘tiques du jour,—ne peut jamais en vain faire appel à la confiance et à la générosité du ‘ peuple canadien, (Applaudissements prolongés.)
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Quoique gardant ci: suspens ma décision finale, j'étais toujours bien embarrasgé, comme peut le penser Voiro Seigneurie, quant à ce que j'avais à faire. Sur un point,
j'étais parfaitement à ri, savoir : qu'il ne serait pas juste de mettre Je règlement des difficultés élevées entr 1173 ministres et leurs accusateurs, difficultés dont dépendaient
l'honneur individuel de: hommes les plus éminents du Canada, le sort du ministère et le crédit publie du pays, autrement qu'entre les mains du parlement complet, où les provinces les plus éloignées de la Confédération seraient aussi bien représentées qu’Ontario eb Québec.
Comme je l'ai déjà expliqué à Votre Seigneurie dans la première partis de cette dépêche, avant l'ajournement du parlement le 23 mai, j'avais fait annoncer aux deux chambres qu'il y auïat prorogation le 13 août. Cet arrangement, je n'hésite pas à le dire, s'accordait avec !°5 désirs de la majorité, tant au sénat qu'à la chambre des communes. Sur la foi de cet engagement, plusieurs messieurs se trouvaient si loin qu'il était complètement impossible de les rappeler, et il se trouva, pour des raisons que j'ai déjà mentionnées, que la plus g'nde partie des absents était des partisans du gouvernement. Tous les membres de la Colombie Anglaise, excepté Sir Francis Hincks, se trouvaient de l'autre côté des Montagnes-Rocheuses. Quelques ministériels étaient en Europe, d’autres aux Etats-Unis, comme j'en avais été inforiné. Enfin, pour les membres des provinces maritimes, un retour à Ottawa, quoique n'étant pas physiquement impossible, comme à leurs collègues, aurait été très-incommode à cette saison. J’appris d'un autre côté que l’opposition, à qui la chose était plus facile à cause de la position géographique de ses partisans, rassemblait toutes ses forces. Sila chambre eût alors été convoquée pour la dépêche des affaires, il est évident qu'on aurait pu faire passer des votes importants, eb qu'on aurait pu prendre des décisions contraires à la volonté réelle du pays. Mes ministres auraient alors pu se plaindre qu'on les traitait injustement, et que leur renversement était amené par un parlement de faction.
Mais, à part ces considérations pratiques, une autre grave question me paraissait aussi en jeu. Le représentant de la couronne en Canada est le protecteur naturel des droits fédéraux de ses différentes provinces, tels que garantis par un acte impérial. La légitimité des droits de chacune de ces provinces ne repose pas sur le nombre de ses représentants ou le chiffre de sa population. Pour cela, il est spécialement nécessuire que, dans un pays où les distances sont si grandes, il soit donné ample avis du temps et des saisons où le parlement doit se réunir. Mais si l'on admet une fois que les “ formes ?” officielles qui règlent l'ouverture et la fin des sessions, et la gestion des affaires publiques, peuvent être changées capricieusement et dans un temps assez court pour empêcher la présence des députés éloignés, il est évident qu'il en résulterat beaucoup de préjudices et d'inconvénients, et qu'on ouvrirait la porte à beaucoup d'abus de la part d'un ministère peu scrupuleux. :
Les considérations qui précèdent faisaient voir assez bien que la prorogation était une nécessité inévitable de la situation. il n'y avait qu'une seule alternative qui se présentait alors où à laqueile je pensai ensuite : c'était l'ajournement de la chambre à telle autre date qui conviendrait aux absents. Ce dessein me parut d'abord peu praticable, mais un peu de réflexion dissipa les difficultés que j'y avais vues d'abord. C'était un arrangement que je ne pouvais conclure moi-même, et j'étais embarrassé par la réflexion que, sile gouvernement faisait une motion à cet effet, cette motion pourrait être perdue, où Lion on pourrait Y proposer tri amondement qui aurait équivalu à un vote de nonconfiance pur la majorité présente. Alors, je me trouvais pris justement dans le piége que je voulais éviter. Même au ens où les adve rsaires du gouvernement n'auraient pas voulu user de l'avantage déloyal de leur supériorité numérique, il était évident qu'en vue
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En dernier lieu, il y avait la lettre de Sir G, Æ. Cartier et le télégramme de Sir John À Macdonald. Personne ne dira qu’il eût été prudent de baser une décision sur ces documents avant que les transactions auxquelles ils se rapportaient eussent été connues.
Aujourd’ui, comme ulors, il n'existe aucune : ‘uve que les sommes d'argent dont il est question constiturient le pris de la charte du chemin de fer du Pacifique. Ti ÿ a plus Sir Hugh Allun le nie même sous serment, comme on peut le voir par l'extrait suivant do son affidavit :
& Dans ce but, je dépeusai des sommes se montant à peu près à ce qui est mentionné dans ces lettres, parce que je croyais avoir parfaitement droit de le faire, Mais je n’ai pas dit dans ces lettres, et ce n’est pas le cas non plus, qu'aucune partie de ces sommes a été payée aux membres du gouvernement, ou à été reçue par eux ou pour eux, directement en considération d'aucun avantage à moi fait par le contrat du Pacifique. ”
Enfin, quels étaient les faits quo j'avais par devers moi pouvant servir de contre-poids ? La théorie de la poursuite consiste à dire que les conditions de la charte ont été malhonnêtement modifiées au profit de Sir Æuyh Allan et ses alliés américains.
Est-ce que le marché a été conclu ? En tant qu'il s'agit des Américains, certainement non. [ls se plaignent de n'avoir rien gagné pur leurs avances. J'ai été moi-même témoin du soin qu'on à pris pour exclure les Américain: lorsque la charte a été rédigée, Sir Æugh Allan ct ses amis ont-ils été revêtus de ce coatrôle pour l'obtention duquel M. MeMullen affirme qu'ils ont suboiné mes ministres ? C'est 1 un fuit moins facile à élucider, mais pour moi je ne le crois pas.
Dans certaines occasions où Sir John À. Macdonali ne pouvait “ jouer un rôle, ” il m'a répété plusieurs fois que son désir était d'empêcher Sir ÆZugh Allan d'acquérir une influence prépondérante dans la direction. Le bureau des directeurs fut formé de manière à représenter chaque province suivant sa population et sa richesse.
Il compte parmi ses membres des hommes qui ont fait partie de la direction de l’ancienne compagnie [nterocéanique et d’autres aussi, qui, on le reconnaîtra, n'auraient jamais voulu s'associer à une entreprise déshonorante. Il (st difficile de croire que ces messieurs aient pu être intentionnellement ou sans le savoir les instruments de Sir Æuyh Allan. Nous inférons done que, si le crime a été médité, il aurait pu difficilement être perpétré, Jela sans doute n'exeuserait pas ses auteurs; mais lorsque rien n’a été accompli, ce fait nous donne lieu de croire prima facie que l'intention du mal n'existe pas. D'autre part, j'ai reçu les assurances les plus solennelles de mes ministres, individuellement et collectivement ; ils ont juré, sur ieur honneur et au nom de leur loyauté à la couronne, en leur qualité de conseillers assermentés qu’ils sont absolument innocents de ce dont on les accuse, !
En pesant toutes ces considérations, pourrait-on dire alors que j'aurais été justifiable de violer délibérément mon premier devoir, comme autorité constitutionnelle, sur un simple soupçon de culpabilité ? Mais une question plus importante se présente encore, Avais-je les moyens de savoir si mes ministres avaient perdu la confiance de la chambre des communes ?— car dans ce cas, naturellement, toute impression personnelle devait s’effacer et n’avoir aucune influence sur la solution du problême.
Quels faits pouvaient done me guider ? Durant tout le temps de la session précédente, le gouvernement avait marché de victoire en victoire, comme l'indique le tableau des votes dans lesquels les partis ont mesuré leurs forces: —
Mare 7, majorité du gouvefnement 44 ssscssssoeseoneesssseonssneseeossessssusos 10
do 18 do do ET Vraie nureentnentonndnitet ee. JO Avril 2 do do never ire dan do 17 do do a Mai 7 do do ea am nn à.
do 8 do do tnt monnaie do 12 do do nie lente TT AT I TN EN 0 ee ee | do 16 do do rer A DL CC D.
*Motion de M. Huntington,
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cessera q esse TEE RE EE
pur a aeameeeireeemeetentnte
9 à la clôture de la session ; or, ncus devons
Le gouvernement avait donc une majorité de survenu pour renverser cette
présumer que $es partisans le suprorteraient encore, Est-il rien surv ur conclusion ? La publication des doenments dont j'ai parlé? Ki Jen juge d'après mes imprest forcé de suspendre mon verdict, je ne puis croire que le parement aurait, voulu risquer un jugement prématuré. Mais j'avais un autre fait pour m'éclairer. Ainsi, quatre-vingt douze mc mbres s'étaient déclarés opporés aux VUCS des ministres au sujet de la prorogation. Où se trouvaient alors les cent sept autres? et quelles étaient leurs opinions ? Pas un des trente-cinq où quarante qui étaient à Jeur poste ne me fit savoir qu il avait cessé d'appuyer le gouvernement ; leurs noms brillaient par leur absence du mémoire. Les soixante ou coixante-cinq ni mbres absents ne sauraient 8 plaindre si Jul interprété leur absence dans un sen$ favorable au cabinet, au moins en ce qui concerne là prorogation. Le fait que les signataires du mémoire étaient au nombre de tant, et pas plus, avait aussi sa signification, eur il donnait Ja mesure des efforts faits et du résultat maximum, Ils ne constituaient pas même une moitié de Ja chambre; ils n'étaient qu'une minoritéet ne pouvaient par conséquent m'instruire des désirs de la majorité, n1 parler au nom du parlement. On sentait gi bien la force de ce fait, que peu de jours après la prorogation, les journaux de l'opposition affirmaient que j'avais insulté la mac rité des communes en refusant d'acquiescer aux aVIS des signataires du mémoire, On dit que 1 hypocrisie est un hommage rendu par le vice à la vertu, et pour moi, je sens que les journaux reconnaissent implicitement la force de ma position, en persistant à répandre ces insiouations. Cependant, non contents de cela, quelques journaux sont allés plus loin: ils ont déclaré positivement qu'une députation d'amis du gouvernement était venue me faire ce jour-Rà des représentations, ce qui est complètement inexact, car Je n'a vu jusqu'à trois heures, à l'exception de l'Orateur, que les sienataires du mémoire et mes ministres : je n'ai parlé à aucun autre membre du parlement.
Plus tard, on à prétendu que 92 signatures impliquaient une majorité pratique, vu is au complet: comme si mon appréciation de ce qui
que Îa représentation ne votait jamais à constitue une majorité di vait être réglée par | eliencité des “yabatteurs”' de chaque parti. Mais s'il faut qinsi compter les nez avec tuut de précision, voyons ce qui en est. Je reconrais que la force numérique d'une chambre excède toujours le nombre des votants; il y a sans cesse des absrnces fortuites. Mais les rangs des deux partis sont également sujets à être ainsi amoindris par le hasard, Quel était le nombre réel de votes représenté par ce mémoire ? Il est vrai que, sur Ja parole du président, Je compris qu'il parlait au nom de 93 députés mais il n'y avait que 2 signatures dans le temps où j'avais à décider quelle serait ma Manière d'agir. De celles ci, rois avaient été inserites par procuration, ce qui réduisait le nombre à 89, , ces trois députés auraient signé eux-mêmes, s’il n’eussent pas été él Maintenant, en doublant le chiffre 89, nous avons 178, et, durant Ja dernière session, on enregistra 183 noms sur la liste de division. De sorte que les signataires du mémoire ne représentaient qu'une minorité de la chambre, même en calculant d’après ce principe. Le gouvernement a eu une forte majorité durant toute la derce qui facilitait Les abstentions: mais si lu victoire n'eût dépendu que de quelques votes, le nombre des votants eût de beaucoup excédé le chiffre de 183.
D'ailleurs, je ne suis pas prêt à admettre qu'un souverneur-général soit justiiable de prendre une décision aussi importante que Ci ile que l'on me pressait d'adopter, sur la seule
présentation d'un mémoire signé même pair EC majorité des membres du parlement.
sions personnelles, qui m'on
car on doit présumer qui oignés de la capital \,
uière session,
Qi ce n'est pour exercer SU lui une pression dans un intérêt momentané, un document de fait sans importance, Ce document ne serait plus qu'un papier de l'un maudat différent des électeurs de plusieurs de ces messieurs, et quand je temps de voter serait arrivé, le gouverneur qui se serait fé à ce document aurait pu trouver eu nombre oonsidérable des signataires sur le côté opposé de la liste de division, avec une douzaine d'excuses plausibles pour l'avoir ainsi trompé.
à nie été assuré par des personnes dignes de foi, quelques heures apres le départ $ e
cette nature est tot rebut en présence {
A « 4it È tt is de cette députation, que des signataires MÉmMEs avaient déclaré ouvertement qu met
tendaient pas, eh signant Ce document, priver le gouvernement de leur appui.
[ je n’a devait Ce ce
mes n présen la gar dans nécess J minis!
coup ( véniei d'avis Cana ou l'in Seignc gouv consu à leur ] dépêc l'avis
remen penda être © devrai tenir | n’auti l'amot Seien mité € ectte « droit { toute
une 1 circon tion d pas à consid quenc wouve puis & qu O1!
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cette On doit se rappeler, en outre, que bien que je fusse à Ottawa dès six heures du matin, npres- je n'ai eu connaissance de ce docnment qu'à une heure de l'après-midi; que les chambres ment devaient se réunir à trois heures; et que les signataires ne pouvaient ignorer que lexamen lairer. Ce ce document devait oceuper ua peu de temps, et que j'étais tenu de le communiquer à | sujet mes ministres. Et néanmoins, c’est en s'appuyant sur la force d'un document de ce genre, leurs présenté ue éette façon, quand mon discours du trône était entre les mains de l’imprimeur ct r qu'il la garde d'honneur sous les armes, que l'on s'attendait à me voir adopter une mesure qui, moire. dans les circonstances, aurait inévitablement produit un changement de gouvernement et té leur nécessité, peut-être, des élections générales. Le fait Je signale uu autre point et je termine. Nombre de personnes prétendent qu'un signifi- ministère devient #pso facto incapable d'aviser Ja couronne, du moment qu'il est sous le uaient coup d'accusations semblables. L'application de cette thaorie offriruit de nomberux inconat par vénientsetne laisserait au gouverneur-gtnéral et aux lieutenonts-soaverneurs que peu sentait d'aviseurs responsables ; car autant que j'ai pu saisir l'esprit des discussions politiques en osition Canada, il reste à peine un seul homme éminent de n'importe quel parti dont le caractère vis des ou l'intégrité n'aient pas été violemment atiiqués par s s udversüires dans la presse. Votre vertu, Seigneurie et M. Gladstone n'avez pas échappé à la critique, car on à plus qu'insinué que le ion, en gouvernement impérial avait été # gagné ” par Sir John A. Mac lonall, et que les jurisurnaux consultes de Sa Majesté avaient reçu ordre de condamner le bil des serments, contrairement nement À leurs convictions lésales,
En terminent, je désire attirer l'attention de Votre Seigneurie sur le fait que, dans cette dépêche, je n'ai pas fait d'allusion à la commission royale que je viens de nommer, d’après l'avis de mes ministres.
Mon désir est.de faire de la proragation et de la commission royale doux questions entièrement distinctes. Ces deux sujets n'ont aucune relation entre eux ct sont parfaitement indépendants l'un de l'autre. Les raisons qui mont poussé à proroger le parlement devaient être considérées indépendamment de l’eff:t de la prorogation sur le comité, où du moins elles . devraient paraître suffisamment fortes pour annuler tout arzument fondé sur la nécessité de tenir le comité en opération Cependant, quel que désir que j'aurais pu avoir d'en agir ainsi, je n'aurais pu traiter le parlement comme une femme encuinte et prolonger son existence pour l'amour de la vie moins importante qui s'y trouvait attachée. SE j'ai pu convaincre Votre Soigneurie que, dans ces circonstances, la proro ation devait avoir lieu, la dissolution du comité était un mal dont je n'avais pas à m'occuper. Il est nécessaire de ne pas perdre de vue cette considération, sans quoi il ÿ aura confusion d'idées qui empêchera de porter ua jugement droit et juste dans la cause. La dissolution du exmité est dénonce comme la pire chose de toute l'affiire par des personnes qui sont prétes à adinottre que là prorogation était peut-être
je n'ai nes mi-
ue, vu ce qui » parti.
conrais [A SA0S à être imoire ?
députés ma Maxisait le nes, s'il 18 AvOnS De sorte nême en e la derde quel-
une nécessité, et elles font inseusiblement retomber leur mécontentement de la chose sur la circonstance qui l'a occasionnée, Los mêmes personnes ponsent probablement que la dissolution du comité était Ja seule raison du ministère pour insister sur la prorogation, mais je n'ai pas À m'oceuper de pareilles conjectures, J'ai prorogé ie parlement pour des raisons que je ne considérais pis seulement comme suffisantes, mais même comme impératives. Les conséquences secondaires produites pur ce fait n'ont done pas besoin d'être discutéos ici.
[ y à encore un autre point qu'il ne faut pas oublier, Je vois qu'on prétend que le vouvernement avait à dessein empêché ses 60 membres de venir, IL va sans dire que je ne puis savoir jusqu'à quel point cel est exact, IL est probable qu'étant arrivés à la conclusion qu'on ne pouvait continuer la session, mes ministres peuvent avoir averti leurs partirans à cet effet, mais il est incontestable que l'absence d’une partie € msidérable de la députation était inévitable. Je me propose d'adresser une autre dépêche à Votre Seigueurie, au sujet de la
jable de la seule
iment de papier de et quand 1 trouver
commission royale, avec une =
J'ai l'honneur d'être, Milord, De Votre Seigneurie l’obéissant serviteur,
e départ à DUFFERIN.
; ne pré- “3 Au Très Honovable comte Kimberley, ete., ete, 3x ss ee rennes
oo b ee — —
LD (Incluse No 1 dans le No 19, 15 août 1873). T “M, 1 MoxrréaL, 18 juillet. « ques €e " : 4 , A . croyi La lettre suivante a été adressée par Sir Francis Hincks à la Gazette, et paraîtra dans dé dt ce journal demain matin : “ qui :
« Au Rédacteur de lu Gazette. “ enga & AONSIEUR.—Quoique j'éprouve de l'hésitation à élever la voix avant l'enquête for- que 2 L9 1 J Ï à : . + Q C à “ melle qui sera tenue sur les aceusatlons portées par M. Zfuntington, J0 ne PUS laisser Li passer inaperçuc la lettre de ME. Geo. W. MeMuilen, qui à parue dans le ZZerald d'hier. ‘ Aa Dans toutes mes démarches relatives à la construction du chemin de fer du Pacifiqre, j'ai r'avbic . , . . .6 te si la réalisation
ET
té guidé par l'opinion exprimée dès longtemps, mais jamuis modifiée, qi de l'entreprise s'effectuait par une compagnie particulière, le gouvernement et le pays, au banc lieu de lui faire une faveur, contracteraient une dette vis-acvis d'elle, Pour le moment, je j nICA bornerai mes remarques à la partie de la lettre de M. Afcllullen qui me concerne per- À Yor sonnellement. J'ai un souveuir précis de la visite de M. MeMullen à Ottawa, eu Pac juillet 1871. Il était accompagne de MM. Sith, de Chicago, James Beaty, Jr., avocat, Alle de Toronto, Waddington et Kerstemun. [ls étnient porteurs d'une proposition indéfinie : d'entreprendre l'ouvrage, et il est vrai de dire qu'ils avaient les noms de plusieurs personnes En de la plus haute resp etabilité. À por « M, MedMutlen dit : “1 devint bientôt évident pour moi et pour mes associés, que 1 J'ét M. Waddington avait été trop confiant en espérant que l'entreprise serait confiée à sa direction, ” ‘Je ne prétends pas me rappeler tout ce qui à été dit dans les courtes conver- An gations qui ont eu lieu, mais la substance en était que le gouvernement n'était pas alors en & Lui. mesure d'entrer dans des négociations relatives au sujet en question. Au retour du parti à ; Toronto, j'ai pris part à une correspondance sur l'affaire, à laquelle je ne fais allusion que
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eure
l'as qu'i ce q
pour montrer comment S'établirent les relations entre Sir Augh Allan et moi. Je reçus une lettre le 24 juillet, me faisant part que l'auteur avait l'intention de se rendre à Mont- k réal, la semaine suivante, on compamnie d'un monsieur qui avait montré un grand zèle dans 1 à l'e la promotion des entreprises de chemin de fer. Cette visite était faite dans le but de à £ mettre Sie Hugh Allan et les autres capitalistes de Montréal au courant de l'entreprise L Sir mentionnée, J'envoyai sur-le-champ la réponse suivante :
par
sitic
(Confidentielle.) « OrrawA, 20 juillet 1871.
« Creer Moxsteur,—J'ai reçu votre lettre du 24 courant, Je remarque que vous êtcs
arrivé vous-même à la ecnelusion que “ lPafiaire étant complètement désorganisée, il faut songer à la reconstruire de fond en comble. ” Vous parliez de votre intention d'aller à ami Montréal nvee M——— pour voir certaines personnes. M est regardé comme un (et homme d'affaires habile, et cependant, d'après votre version, il est prêt à entamer des négo- che ciations au sujet d’une entreprise de la valeur le laquelle ni lui ni vous ne pouvez avoir la me î eomplèement, en ce moment, quelle au ‘accorder, Com- pa] ment, dous de tulies CIrCOoHstA put-ou ul vider à des | es d'affures de s'intéresser persuadé que les pro- ‘au
tte srande entreprise. :
moindre 1dé Pour ma nart, du ni j'ignor
à l'entreprise, @’est une énigme que je ne puis comprendre, ct je suis cédés peu judicieux de M. Kerstemun ont sérieusement compromis ce & Jo gui, etc. ris