FUSILLIERS MARINS, MES A^IIS
Le drapeau que le Gouvernemeut de la République vous remet aujourd'hui, c'est vous-mêmes qui l'avez gagné sur les champs de bataille. Vous vous êtes montrés dignes de le recevoir et capables de le défendre. Voilà de longues semaines qu'étroitcment unis à vos camarades de l'armée de terre, vous soutenez victorieusement, comme eux, la lutte la plus âpre et la plus sanglante. Rien n'a refroidi votre ardeur, ni les difficultés du terrain, ni les ravages qu'a d'abord faits parmi vous le feu de l'ennemi; rien n'a ralenti votre élan, ni les gelées, ni les pluies, ni les inondalions. Vos officiers vous ont donné partout l'exemple du courage et du sacrifice, et partout vous avez accompli, sous leurs ordres, des prodiges d'héroïsme et d'abnégation.
Le drapeau que je vous confie représentera désormais à vos yeux la France immortelle, la France, c'est-à-dire vos foyers, le lieu oîi vous êtes nés, les parents qui vous ont élevés, vos femmes, vos enfants, vos familles et vos amis, tous vos souvenirs, tous vos intérêts et toutes vos aficcti(ms; — la France, c'est-à-dire le pays de grâce, (le douceur et de beauté, dont une partie est encore occupée par un ennemi barbare; — Ja
France, c'est-à-dire tout nn passe d'efforts communs et de gloire collective, tout un avenir d'union nationale, de grandeur et de liberté.
Mes amis, ce sont les plus lointaines destinées de la patrie et de l'humanité qui s'inscrivent, en ce moment, sur le Livre d'or de l'arm.ée française. Notre race, notre civilisation, notre idéal sont l'enjeu sacré des batailles que vous livrez. Quelques mois de patience, de résistance morale et d'énergie vont décider des siècles futurs. En conduisant ce drapeau à la victoire vous ne vengerez pas seulement nos moris, vous mériterez l'admiration du monde et la reconnaissance de la postérité.
Vive la République^ Vive la France!
Télégramme au roi Victor Emmanuel II sur la catastrophe italienne,
i/| janvier 1915.
Sa Majesté le roi cV Italie, Rome.
J'apprends avec une profonde émotion les ravages et les deuils que les tremblements de terre viennent de causer dans plusieurs régions de l'Italie.
Je prie Votre Majesté de recevoir l'expression de ma douloureuse sympathie. La France est tout entière de cœur avec l'Italie en cette cruelle épreuve.
Télégramme envoyé le 22 janvier 1915, après une visite au Petit-Palais des envois de la Belgique à l'exposition de San-Francisco.
Sa Majesté le Roi des Belges, Quartier général belge.
Je viens d'admirer au Petit-Palais des Champs- Elysées les envois préparés par la Belgique pour l'exposition de San-Francisco, et j'ai retrouvé dans les œuvres des artistes flamands et wallons, ainsi que dans les délicieuses dentelles de Bruges et de Malines, un magnifique témoignage du goût, de la vitalité et de la gloire de votre immortel pays. Je prie Votre Majesté de recevoir mes vives et cordiales félicitations.
Le Journal Officiel du i5 février igiS relate le Aoyage de 'SI. Poincaré dans les Vosg-es et en Alsace et mentionne, sans en citer le texte, la liarangue dans laquelle le Président de la République confirma les promesses faites par le généralissime à l'Alsace redevenue française.
« A Saint-Amarin, les maires de plusieurs communes de la vallée, sont accourus au-devant du Président. Le doyen a voulu adresser à M. Poincaré des souliaits de bienvenue, mais l'émotion lui a étreint la gorge et il a dû s'arrêter. Le Président lui-même, profondément remué, a répondu qu'il venait confirmer aux populations d'Alsace
les déclarations que leur avail faites le p^éiiéral .Tolïre » (i).
Allocution prononcée le dimanche 25 avril 1915 aux armées entre l'Oise et l'Aisne, en remettant des drapeaux à des régiments de formation nouvelle.
Officiers, sous-officiers et soldats,
J'apporte à vos formations nouvelles le salut cordial de la patrie.
Recrutés tout à la fois dans les régions du Nord, du Centre et du Midi, vos régiments reflètent en leur constitution l'étroite solidarité des diverses parties du pays.
Composés déjeunes gens et d'anciens, ils rapprochent intimement dans un même devoir et dans une même espérance les générations succes-
(i) Lors de la chute de Przemysl (20 mars igiS), on lisait au Journal des Débats à propos des félicitations officielles que le Président de la République, avait adressées à l'empereur de Russie et au grand-duc Nicolas, à l'occasion de la priso de Przemysl, les réponses suivantes, dont le texte seul a élii publié.
« Président de la République, Paris.
<- Très sensible à vos amicales félicitations, je vous i)ric. Monsieur le Président, d'accepter l'expression de ma sincèrtreconnaissance ainsi que les assurances réitérées des sentiments fidèles et amicaux qui unissent la Russie et moi à la vaillante nation fiançaisc et à su glorieuse armée.