‹ Messéniennes, et Chants populairesChapitre 23 sur 65 · A N APOLLON · texte numérisé non relu

A N APOLLON

Il crut avoir dompté les enfaiis de Pelage. Entraîné de nouveau par ce char vagabond Qui portait en tons lieux la guerre et l'esclavage, Passant sur son empire , il le franchit d'un bond ; Et tout fumans encor , ses coursiers hors d'haleine , Que les feux du midi naguère avaient lassés , De la Bérésina , qui coulait sous sa chaîne , Buvaient déjà les flots glacés

Il dormait sur la foi de son astre infidèle, Trompé par ces flatteurs dont la voix criminelle

L'avait mal conseillé.

Il rêvait, en tombant, l'empire de la terre, Et ne rouvrit les yeux qu'aux éclats du tonnerre;

Où s'est-il réveillé 1 . . ,

A >aim)m:o>. 12

Seul et sur* un rorlier , d'oii sa \ ie importune Troublait encor les rois d'une terreui- c^oninume . Du fond de son exil encor présent partout , Grand comme son malheur, détrôné, mais debout Sur les débris de sa fortune.

Laissant l'Europe vide et la victoire en deuil , Ainsi , de faute en faute et d'orage en orage , Il est venu mourir sur un dernier écneil ,

Où sa puissance a fait naufrage.

La vaste mer murmure autour de son cercueil

Une île t'a reçu sans couronne et sans vie,

Toi ([u'un empire innnense eut peine à contenir,

Sous la tombe, oii s'éteint ton loyal avenir.

A iNAlM)Li:0>

Hesoejul avec toi seul toute une dynastie. Et le pêcheur le soir s'y repose en clieinin ; Reprenant ses filets qu'avec peine il soulève, il s'éloigne à pas lents, foule ta cendre, et rêve, A ses travaux du lendemain.

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